Les risques environnementaux sont plus prédominants que jamais

Un édifice de la ville de Yangzhou, en Chine, plongé dans un nuage de smog, exemple probant des risques environnementaux relevés par les experts
Photo: Agence France-Presse Un édifice de la ville de Yangzhou, en Chine, plongé dans un nuage de smog, exemple probant des risques environnementaux relevés par les experts

Au moment où s’ouvre, mardi à Davos, le 47e Forum économique mondial (FEM) sur fond de protectionnisme et de montée des inégalités, c’est le risque climatique qui tient le haut du pavé. En dix ans, jamais les enjeux environnementaux n’ont autant retenu l’attention des experts internationaux sondés par l’organisation.

Le rapport annuel du FEM sur les risques mondiaux classe les enjeux qui sont les plus susceptibles d’influer sur l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie. Et cette année, les quelque 700 experts interrogés ont placé cinq risques environnementaux dans la liste des dix menaces les plus tangibles et les plus imminentes.

« Pendant qu’un momentum et une coopération s’observent dans le domaine environnemental, les risques sont toujours là et deviennent même de plus en plus sérieux », a fait remarquer l’un des directeurs du FEM, Richard Samans, lors du dévoilement du rapport.

Priorité à l’environnement

Les événements climatiques extrêmes ont toujours préoccupé les experts sondés par le FEM depuis 2007, mais pour la première fois cette année, ce « risque » est considéré comme le plus susceptible de se matérialiser au cours des dix prochaines années. Viennent ensuite les migrations de masse, les désastres naturels, les attentats terroristes et le vol d’identité à grande échelle.

Pour ce qui est des risques ayant l’impact potentiel le plus élevé, les répondants ont classé les armes de destruction massive en première position, en hausse d’une place depuis le rapport de l’an dernier. Pour le reste, l’attention est portée vers l’environnement : les événements climatiques extrêmes, les crises de l’eau, les désastres naturels et l’échec des efforts d’atténuation des changements climatiques ferment la marche.

Des progrès pourtant

Ironiquement, cette prédominance des risques environnementaux se manifeste au terme d’une année riche en progrès sur la scène internationale, note le FEM. L’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat, l’adoption du nouveau programme de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) visant à réduire les émissions de GES, le « découplage » des émissions de GES et de la croissance économique pendant deux années de suite : les sources d’optimisme sont nombreuses.

« Mais le rythme des changements n’est pas assez rapide », précise le rapport de l’organisation.

Inégalités et polarisation

Après le Brexit et l’élection surprise de Donald Trump aux États-Unis, le sondage annuel du FEM met également en lumière plusieurs tendances lourdes qui devraient préoccuper les décideurs de passage cette semaine dans les Alpes suisses.

Parmi elles, la croissance des inégalités de revenus et la montée de la polarisation au sein des sociétés promettent de tenir les politiciens et la société civile particulièrement occupés, indique le coup de sonde du Forum.

Ces deux enjeux seront sans doute exacerbés par les changements technologiques en cours, qui transforment le marché du travail. Les gouvernements devront trouver un point d’équilibre entre la réglementation qui limite l’innovation et freine la productivité, et le laisser-faire qui met en péril des emplois et bouleverse des secteurs économiques en entier, souligne-t-on.

« Nous vivons à une époque où les progrès technologiques engendrent aussi des défis, affirme Cecilia Reyes, spécialiste de la gestion du risque au Zurich Insurance Group. Sans gouvernance appropriée ni formation des employés, la technologie va éliminer des emplois plus rapidement qu’elle ne va en créer. »

   

Les prix de l’énergie sous la loupe

Pour la troisième année consécutive, le Forum économique mondial a par ailleurs pris le pouls d’entreprises provenant de quelque 130 pays pour cerner les enjeux qui les préoccupent le plus à l’échelle nationale. Pour l’ensemble des dirigeants sondés, le chômage et l’évolution des prix de l’énergie demeurent les enjeux les plus susceptibles d’affecter la conduite des affaires, comme ce fut le cas dans le rapport de l’an dernier.

Au Canada, les entreprises surveillent d’abord et avant tout l’évolution des prix de l’énergie, de toute évidence en raison de la prédominance de l’industrie pétrolière. Suivent dans l’ordre les risques de cyberattaque et de bulle spéculative. La préoccupation pour le secteur énergétique s’estompe lorsqu’on interroge les entreprises américaines, qui craignent surtout les cyberattaques, le vol de données et les attentats terroristes.

4 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 17 janvier 2017 10 h 03

    La tête dans le sable


    "Au Canada, les entreprises surveillent d’abord et avant tout l’évolution des prix de l’énergie, de toute évidence en raison de la prédominance de l’industrie pétrolière." (Karl Rettino-Parazelli )

    Ah bon?

    L'industrie pétrolière prédomine-t-elle vraiment toujours au Canada?

    Comment le député fédéral d'Outremont, M. Thomas Mulcair, et le premier ministre du Québec, l'honorable Philippe Couillard, réagissent-ils à cette déclaration?

    Comment Hydro-Québec fait-il sa place au sein de ce pays?

    (Un Québécois à pied et à pied d'oeuvre sur cette magnifique planète, la Terre)

    • Raymond Labelle - Abonné 17 janvier 2017 15 h 30

      "Au Canada, les entreprises surveillent d’abord et avant tout l’évolution des prix de l’énergie, de toute évidence en raison de la prédominance de l’industrie pétrolière."

      Surtout (exclusivement?) l'industrie du sable bitumineux, très polluante, qui n'est pas rentable quand les prix ne sont pas suffisamment élevés, étant donné les coûts d'extraction plus grands que pour le pétrole classique. Les prix sont actuellement trop bas depuis un certain temps pour cette industrie, et elle s'inquiète. D'où son empressement dans la fuite en avant d'Énergie Est. Mais une fuite dans le Saint-Laurent, ça serait bien pire - il ne s'agirait pas de savoir si, mais quand...

      La tête dans le sable... bitumineux.

  • Marie-Josée Blondin - Inscrite 18 janvier 2017 08 h 42

    La globalisation des marchés et l'industrie du transport maritime

    Un documentaire à Télé-Québec, "Cargos - La face cachée du fret" nous fait découvrir les zones d'ombre du transport maritime. A voir pour comprendre ses impacts sur notre environnement. Intéressant et troublant!

    http://telequebec.tv/documentaire/cargos-la-face-c

  • Marie-Josée Blondin - Inscrite 18 janvier 2017 08 h 48

    Les pesticides dans notre environnement

    Un autre "must" de l'équipe de journalistes d'enquête pour l'émission "Cash Investigation" sur TV5. Un dossier choc sur les pesticides présents dans notre environnement.

    https://www.youtube.com/watch?v=bOSVKfmFusg