Québec finance une étude sur l’érosion côtière

Des tempêtes, des vents et de fortes marées ont causé des dégâts en Gaspésie cette semaine, endommageant notamment le quai de Percé.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Des tempêtes, des vents et de fortes marées ont causé des dégâts en Gaspésie cette semaine, endommageant notamment le quai de Percé.

Alors que des intempéries particulièrement dévastatrices viennent de frapper la Côte-Nord et la Gaspésie, le gouvernement Couillard a confirmé vendredi qu’il finance une étude pour mieux comprendre le phénomène de l’érosion côtière, dans un contexte de bouleversements climatiques.

Par la voie d’un communiqué publié vendredi peu avant 17 h, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a ainsi annoncé qu’une entente contractuelle de 3,5 millions de dollars a été conclue avec l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Selon les termes de celle-ci, des chercheurs réaliseront « une étude de vulnérabilité à l’érosion », qui inclura 88 municipalités côtières situées dans le Bas-Saint-Laurent, sur la Côte-Nord, en Gaspésie et aux îles de la Madeleine.

L’étude en question, qui s’échelonnera sur les trois prochaines années, devrait aussi permettre d’analyser « différentes options d’adaptation pour réduire les vulnérabilités des communautés et de développer des outils pour soutenir la planification d’aménagement et de protection du territoire ».

Appels à l’action

La nouvelle avait déjà été ébruitée en partie vendredi matin par Radio-Canada. Elle a été confirmée par le ministre David Heurtel, qui a précisé la question du financement, lequel proviendra du Fonds vert, selon ce qu’on peut lire dans le communiqué gouvernemental. Le contrat qui scelle l’entente annoncée vendredi avait déjà été signé en décembre.

« Le gouvernement du Québec est en action pour trouver des solutions concrètes, innovantes et modernes afin de lutter efficacement contre les effets des changements climatiques, a soutenu le ministre Heurtel, toujours par voie de communiqué. […] Cette étude est fort attendue par toutes les municipalités du Québec, et nous sommes fiers de participer à sa réalisation en collaboration avec les acteurs locaux et régionaux. »

Il faut dire que les acteurs politiques de la Gaspésie et de la Côte-Nord ont multiplié les appels à l’action gouvernementale au cours des derniers jours, après des tempêtes, des vents et de fortes marées qui ont causé de lourds dégâts à des résidences et des infrastructures stratégiques, dont le quai de Percé.

« Percé, ce n’est pas beau à voir aujourd’hui », a d’ailleurs fait valoir jeudi le député péquiste de la circonscription de Gaspé, Gaétan Lelièvre. « Ce n’est plus un phénomène d’érosion : c’est Beyrouth », a-t-il illustré. Une partie de la route 132, qui longe littéralement le Saint-Laurent, avait aussi été endommagée en décembre dernier.

Le ministre responsable de la Gaspésie et des îles de la Madeleine, Sébastien Proulx, s’est d’ailleurs rendu à Percé vendredi afin de constater de visu l’ampleur des dégâts infligés à la petite municipalité. Malgré les demandes du député Gaétan Lelièvre pour la formation d’une « cellule de crise », le ministre a refusé de s’engager à mettre en place une telle structure. Il a simplement souligné l’importance de « concerter » les efforts.

Changements climatiques

Une chose est par ailleurs de plus en plus acquise : les intempéries qui frappent le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent risquent d’avoir des impacts de plus en plus importants, en raison du recul des glaces hivernales provoqué par les bouleversements climatiques.

Les impacts des bouleversements climatiques risquent d’avoir des effets dévastateurs et très coûteux pour des milliers de kilomètres de côtes du Québec, concluaient l’an dernier trois études scientifiques coordonnées par le consortium Ouranos.

L’analyse menée par Ouranos et des chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski (qui suivent l’évolution des côtes sur une base annuelle) évalue ainsi que l’érosion des côtes pourrait « mettre en danger des milliers de bâtiments publics et privés, mais aussi des infrastructures routières et ferroviaires », pour des pertes totales évaluées à plus de 1,5 milliard d’ici 50 ans.

Ce chiffre peut toutefois être considéré comme prudent, dans le contexte où il ne tient pas compte des impacts indirects des changements climatiques sur l’économie régionale, la santé, le tourisme et les écosystèmes.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 15 janvier 2017 05 h 21

    C'est sûr que

    C'est sûr que par une telle étude, l'érosion va être arrêtée de suite !!!

    Ah! mais quelle mascarade ouverte que la méthode Couillard...

  • Michel Fortier - Abonné 15 janvier 2017 10 h 58

    Des solutions à l'érosion?

    Dans la BD "CULOTTÉE" de Pénélope Bagieu, on trouve une femme qui a fait ce quelle a voulu, Giorgina Reid, qui a sauvé un phare à Montauk près de Long Island. Et elle a sauvé un phare de l'érosion. Évidemment ça prit du temps avant que les gars y croient. Alors peut-être qu'UNE ingénieure au Québec pourrait se pencher sur les travaux de Mme Reid? Après tout elle n'est décédée qu'en 2001...

  • Pierre Schneider - Abonné 16 janvier 2017 08 h 04

    Au secours !

    Pendant que la Gaspésie et le Bas du fleuve crient "Au Secours !" à la suite de dégâts inquiétants, qu'on demande des mesures immédiates et concrètes, le gouvernement investit dans une autre étude !

    On se croirait au Festival de l'humour noir.