L’érosion atteint un point critique en Gaspésie

Le député Gaétan Lelièvre demande à Québec de débloquer les fonds promis depuis l’automne 2015 pour mettre à jour les études sur le rechargement de la plage de Percé.
Photo: Thierry Haroun Le Devoir Le député Gaétan Lelièvre demande à Québec de débloquer les fonds promis depuis l’automne 2015 pour mettre à jour les études sur le rechargement de la plage de Percé.

Les grandes marées qui ont emporté mercredi ce qui restait de la promenade de Percé sont la goutte, ou plutôt la vague, qui a fait déborder le vase du député péquiste de la circonscription de Gaspé, Gaétan Lelièvre.

Celui-ci réclame du ministre responsable de la région, Sébastien Proulx, la création d’une cellule de crise interministérielle pour s’attaquer aux problèmes d’érosion qui menacent, non seulement l’industrie touristique, mais aussi la santé et la sécurité des citoyens de la péninsule gaspésienne.

Déjà, après les inondations qui avaient emporté une portion de la route 132 le 16 décembre dernier, le député avait convoqué les directions régionales des ministères des Transports, de l’Environnement, de la Sécurité publique, de la Santé et des Affaires municipales afin de discuter des mesures à prendre en cas d’urgence.

Il fait valoir que les résidants des municipalités situées entre Sainte-Anne-des-Monts et L’Anse-Pleureuse avaient été extrêmement chanceux que les grandes marées de la mi-décembre se soient calmées avant d’emporter la totalité des tronçons touchés, permettant le passage des véhicules d’urgence.

« La route a été emportée sur seulement 50 % de sa largeur. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle soit coupée au complet et là, ç’aurait été dangereux parce que les gens auraient été coupés physiquement de tout contact extérieur », a-t-il dit.

Il est donc devenu nécessaire, selon M. Lelièvre, de prévoir des mesures d’urgence — notamment une disponibilité de transport héliporté — si jamais la route est emportée sur toute sa largeur.

À plus long terme, il demande à Québec de débloquer les fonds promis depuis l’automne 2015 pour mettre à jour les études sur le rechargement de la plage de Percé afin de protéger le coeur de la ville de l’érosion, qui a engouffré de grandes portions du littoral avec la disparition de la promenade et de son mur de protection.

Cette mise à jour est évaluée à 1,3 million, et Ottawa s’est engagé en décembre à verser 600 000 $ à cette fin, alors que la contribution de Québec se fait toujours attendre.

L’étude initiale sur le rechargement de la plage fait état d’un investissement de 15 à 20 millions requis pour réaliser cette opération, mais celle-ci doit être remise à jour en fonction des dommages causés depuis aux infrastructures existantes.

Il ne restait plus que le quart, environ, de la promenade qui était intact avant le début de l’hiver. À Percé, ce sont d’autres grandes marées, le 30 décembre, qui ont causé le plus de dommages à ce qui restait, et celles de mercredi ont achevé la démolition et commencé à faire reculer le littoral.

Le député Lelièvre doit rencontrer les représentants des cinq ministères concernés le 25 janvier prochain.

4 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 13 janvier 2017 06 h 52

    C'est navrant de voir que le gouvernement

    du Kébek ne s'occupe pas d'un si beau coin de pays, le plus beau entre tous à mon avis. J'ai commencé à visiter la Gaspésie en 70, et il n'y avait pas de promenade en ce temps-là. Maintenant elle est détruite et c'est bien triste, car c'était très agréable de se promener le long de la mer. J'espère que vous obtiendrez gain de cause, car la route gaspésienne est vraiment magnifique. C'est à chaque fois une joie totale que d'y circuler.

  • René Pigeon - Abonné 13 janvier 2017 11 h 29

    Études sur l'érosion des berges du fleuve et du golfe

    Ouranos a mené une série d’études sur l'érosion des berges du fleuve et du golfe (Claude Desjarlais, Jean-Pierre Savard et al.) sur les moyens d’ingénieure traditionnelle et les moyens naturels de contrer l'érosion que les gouvernements provinciaux et municpaux pourront employer.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 janvier 2017 13 h 10

    Bataille perdue d'avance ?

    Le réchauffement climatique et le rehaussement du niveau de la mer rendront-ils inutiles les réparations envisagées ? On ne guérit pas un cancer de la peau avec des bandaids. Il faudrait sérieusement envisager déplacer la route, la promenade, certains bâtiments plus loin de la rive actuelle, qui sera peut-être en pleine mer dans 15 ans.

  • François Boucher - Abonné 13 janvier 2017 16 h 19

    Un exemple de conséquences des changements climatiques

    À chaque plein d'essence effectué, on participe activement à amplifier les changements climatiques. Ce ne sont pas seulement des habitants d'iles au milieu du Pacifique qui sont des réfugiés climatiques, c'est également tous les Québécois qui sont riverains à la mer.
    La solution est disponible: diminuer les émissions de GES de chacun en privilégiant l'achat de véhicules électriques et/ou l'utilisation du transport en commun.
    Pour effectuer une transition énergétique effective, il faut désinvestir de l'industrie pétrolière, cesser les subventions aux énergies fossiles, augmenter les malus envers les véhicules énergivores. Bref, il faut agir.