Un phoque s'aventure au large de Verdun

L'habitat naturel du phoque commun se situe dans le Saint-Laurent, mais à des centaines de kilomètres en aval de Montréal.
Photo: GREMM L'habitat naturel du phoque commun se situe dans le Saint-Laurent, mais à des centaines de kilomètres en aval de Montréal.

Phénomène rare dans la région de Montréal : un jeune phoque a été filmé lundi le 2 janvier, alors qu’il se reposait sur les glaces du fleuve Saint-Laurent, à Verdun.

Une vidéo publiée sur le site flickr par un vidéaste amateur, Jean-Marc Lacoste, montre l’animal étendu sur des glaces à la dérive. Contacté par Le Devoir, M. Lacoste a précisé que le phoque se trouvait alors entre le Parc des rapides et l’île des Soeurs, non loin du boulevard LaSalle.
 

Regardez la vidéo ci-dessous:

  Vidéo: Sur les berges de Verdun, deux plaisirs inattendus!  un phoque... et un Pygargue à tête blanche, 2 janvier 2017

 

 

Selon le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM), il s’agirait d’un jeune phoque commun, une espèce qui vit toute l’année dans les eaux du Saint-Laurent. L’animal ne serait pas en difficulté et il peut survivre en eau douce.

Ce jeune pinnipède se trouve toutefois loin de son territoire habituel. L’espèce fréquente en fait essentiellement les eaux de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, qui sont situées à des centaines de kilomètres en aval de Montréal. Sa population y est estimée, selon des données fragmentaires, à seulement 2600 individus.

Le phoque commun est le plus souvent observé en mai et juin, au moment où les femelles mettent bas sur les rives du Saint-Laurent. Même si la loi fédérale interdit d’importuner un mammifère marin, il est alors fréquent de voir des gens harceler ces animaux en croyant venir en aide à un jeune phoque en difficulté.

Phoques à Montréal

Si elles sont relativement rares, quelques observations de phoques ont néanmoins été recensées dans la région de Montréal au cours des dernières années. En août 2014, un jeune phoque à capuchon a ainsi été observé dans le secteur du Vieux-Port, mais aussi à Longueuil.

Le RQUMM a aussi reçu, au fil des ans, plusieurs signalements pour de jeunes phoques à capuchon, appelés « dos bleus », qui se trouvaient dans la région de Montréal, notamment sur l’île Sainte-Hélène. Une situation pour le moins inhabituelle, puisque cette espèce vit surtout dans les eaux autour de Terre-Neuve, voire dans l’Atlantique Nord.

Dans un cas de « dos bleu » signalé à Longueuil, des passants avaient tenté de nourrir l’animal avec des croustilles, des hot-dogs et des frites. Le phoque a finalement été euthanasié, ce qui est rarissime.

D’autres cas inhabituels signalés dans le Saint-Laurent font plutôt sourire. En 2013, un phoque barbu, reconnaissable à ses longues moustaches, a élu domicile dans la marina de Sillery, à Québec, en plein été. Ce mammifère vit pourtant habituellement dans les eaux de l’Arctique.

Une opération a donc été lancée pour réimplanter l’animal, qui a été capturé, puis relâché au large de Tadoussac. On espérait ainsi qu’il retrouve le chemin de son milieu naturel. Quelques jours plus tard, le RQUMM a reçu un appel. Le phoque barbu était de retour à Sillery.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 4 janvier 2017 06 h 16

    un visiteur venu de la grande mer intérieure, une belle lecon pour nos predateurs

    Pourquoi cette petite bête n'aurait pas une âme d'aventurier, les humains ont bien colonisés la planete, laissons la suivre son destin, sommes nous si obtus que nous ne pouvons accepter ce que la vie nous apporte, n'est ce pas des événements que nos amis les amérindiens respectaient