Le PQ exige l’annulation du contrat d’exploration pour Anticosti

Sylvain Rochon, porte-parole du Parti québécois en matière d’énergie et de ressources naturelles, demande au gouvernement de prendre «une décision politique claire» dans le dossier.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Sylvain Rochon, porte-parole du Parti québécois en matière d’énergie et de ressources naturelles, demande au gouvernement de prendre «une décision politique claire» dans le dossier.

Après avoir signé un contrat qui force le gouvernement à investir au moins 56,7 millions de dollars dans un projet d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti, le Parti québécois souhaite maintenant que les libéraux mettent fin au contrat. Il évoque même la négociation d’une compensation financière pour les entreprises privées concernées.

Dans un communiqué publié jeudi après-midi, le porte-parole du Parti québécois en matière d’énergie et de ressources naturelles, Sylvain Rochon, demande au gouvernement Couillard de prendre « une décision politique claire » dans le dossier de l’exploration pétrolière sur Anticosti.

« Le gouvernement doit, sans plus tarder, entreprendre des négociations pour mettre fin au contrat qui le lie à ses partenaires du secteur privé dans la coentreprise Hydrocarbures Anticosti, souligne le député Rochon dans le communiqué. Si une compensation financière doit être offerte, que l’on confie à un organisme compétent et neutre le mandat d’en évaluer le montant, et mettons fin à ce projet en tout respect des partenaires qui y sont impliqués. »

Les partenaires privés du gouvernement du Québec dans le cadre de son contrat sont notamment Pétrolia et Corridor Resources. Mais l’autre partenaire qui finance les travaux d’exploration est Saint-Aubin, une filiale de la société française Maurel Prom, à hauteur de 43,3 millions de dollars.

Selon le contrat signé par l’ancien gouvernement péquiste de Pauline Marois en 2014, quelques jours avant le déclenchement des élections, l’État québécois doit injecter 56,7 millions de dollars dans les travaux, notamment pour la réalisation de forages avec fracturation. Mais si l’autre partenaire financier, Maurel Prom, décidait de se retirer du projet, le gouvernement devrait augmenter sa contribution, a déjà révélé Le Devoir.

Le gouvernement Couillard a autorisé cette semaine l’opérateur des travaux, Pétrolia, à modifier l’emplacement d’un des trois sites de forage qui doivent être préparés en vue des forages prévus en 2017.

Selon le Parti québécois, il s’agit d’une mauvaise décision de la part du gouvernement libéral. « Malgré le discours à saveur environnementale de Philippe Couillard, le projet d’exploration pétrolière et gazière continue de progresser à Anticosti, notamment à cause de cette décision et du projet de loi 106, adopté de force, sous bâillon, fait valoir Sylvain Rochon dans le communiqué publié jeudi. Seule une décision politique claire permettrait de dissiper la confusion qui règne concernant les intentions du gouvernement libéral dans ce dossier. Son attitude actuelle, qui consiste à critiquer le contrat sans rien faire pour y mettre fin, est indécente. » M. Rochon n’était pas disponible jeudi pour accorder une entrevue.

Travaux à venir

 

Jusqu’à présent, un seul des trois sites de forages a été préparé en vue des travaux à venir. En plus des sites, des bassins devront notamment être aménagés pour contenir l’eau nécessaire pour les opérations de fracturation. Celle-ci sera puisée en bonne partie à même des rivières de l’île, pour un maximum de 30 millions de litres. Elle sera traitée sur place avant d’être rejetée dans le Saint-Laurent.

 

Qui plus est, une fois les trois forages complétés, d’autres pourraient suivre dans le cadre de la « Phase 2 » prévue au contrat signé en 2014. Cela signifie que d’autres forages avec fracturation pourraient être nécessaires pour confirmer s’il existe un potentiel pétrolier exploitable commercialement.

 

Malgré plusieurs forages réalisés au fil des ans, aucun gisement d’or noir n’a été découvert sur Anticosti. Selon l’évaluation préliminaire qui a mené à cette saga pétrolière, le sous-sol d’Anticosti pourrait renfermer plusieurs milliards de barils de pétrole de schiste, mais aussi du gaz de schiste.




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