Nouvelle menace pour la Grande barrière de corail

L’état de santé de la Grande barrière de corail ne cesse de se détériorer.
Photo: William West Agence France-Presse L’état de santé de la Grande barrière de corail ne cesse de se détériorer.

Après des années d’une vive controverse environnementale, un mégaprojet de mine de charbon verra bel et bien le jour l’an prochain en Australie, a confirmé mardi la multinationale indienne Adani. Le combustible fossile sera exporté à partir d’un port situé non loin de la Grande barrière de corail, ce qui fait craindre des impacts pour ce site naturel de plus en plus menacé.

Selon ce qu’a fait valoir mardi le promoteur du projet, cité par l’Agence France-Presse, les travaux de construction devraient débuter dès le mois de juin 2017, après six années de retards ponctuées de contestations judiciaires de groupes environnementaux et de nations autochtones.

L’entreprise indienne Adani entend par la suite exploiter pas moins de 60 millions de tonnes de charbon par année, une ressource destinée à l’exportation vers différents marchés.

Gaz à effet de serre

Le conglomérat Adani estime que la seule extraction produira trois milliards de tonnes de gaz à effet de serre au cours de la durée de vie de la mine. Sa combustion entraînera aussi l’émission de 130 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année — l’équivalent du cinquième des émissions canadiennes —, selon une évaluation de Greenpeace.

Selon des informations diffusées dans les médias australiens, Adani devrait par ailleurs recevoir une subvention d’un milliard de dollars pour la construction du chemin de fer qui servira à transporter le minerai jusqu’à un site portuaire qui sera agrandi pour les besoins du projet de mine.

Cette situation a été dénoncée par les groupes écologistes. « Tout investissement dans le charbon au XXIe siècle est un investissement mort-né », a notamment déclaré la Australian Conservation Foundation. Les Australiens vont perdre cet argent qui va financer la mort de la Grande barrière de corail. »

Barrière de corail

Il faut dire que ce projet minier va de pair avec la construction d’un nouveau terminal maritime en eau profonde à Abbot Point, situé dans le nord-est du pays, à 20 km de la Grande barrière de corail.

Ce projet a d’ailleurs été fortement contesté au cours des dernières années, en raison des risques pour la Grande barrière, notamment durant la phase de construction. Les seuls sédiments pourraient étouffer les coraux. Certains redoutent aussi les effets du trafic maritime lourd et les risques d’accidents impliquant les navires.

Déjà, l’état de santé de cet écosystème unique ne cesse de se détériorer. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, elle a notamment perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies.

D’autres menaces risquent fort de nuire au retour des coraux. Toute la zone maritime souffre de plus en plus des impacts de l’acidification des océans, un phénomène directement lié à l’accroissement constant des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une situation que le charbon contribue d’ailleurs à aggraver, puisqu’il s’agit du pire des combustibles fossiles.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 6 décembre 2016 14 h 59

    L'effet papillon

    C'est une métaphore bien sûr, mais le rapprochement est inévitable.

    Que se passera-t'il si jamais survient une catastrophe d'une grande ampleur près de la barrière de corail...?

    Et si... Si on demandait la la compagnie?