Démission climatique au nom du pétrole?

Megan Toben jette du tabac sur les rives de la rivière Cannonball, dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, durant une cérémonie autochtone de l’eau.
Photo: David Goldman Associated Press Megan Toben jette du tabac sur les rives de la rivière Cannonball, dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, durant une cérémonie autochtone de l’eau.

En donnant cette semaine son accord à la construction de deux nouveaux oléoducs destinés à l’exportation du pétrole des sables bitumineux, le gouvernement Trudeau a répondu à une demande pressante d’une industrie qui compte bien faire augmenter sa production au cours des prochaines années. Ce parti pris en faveur des pétrolières soulève toutefois la question de la cohérence de la stratégie canadienne de lutte contre les changements climatiques.

Le premier ministre, Justin Trudeau, a pris lui-même le micro mardi, en fin de journée, pour annoncer que son gouvernement approuvait la construction de l’oléoduc Trans Mountain et l’expansion de la Ligne 3, deux projets majeurs conçus pour faciliter l’exportation d’une production pétrolière en croissance en Alberta. De quoi ajouter un million de barils par jour aux exportations canadiennes.

« Aujourd’hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité. Cela veut dire que, si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d’autres moyens d’acheminer le pétrole qui sont moins sûrs que les oléoducs », a fait valoir M. Trudeau, citant l’exemple du transport ferroviaire pour justifier le feu vert du fédéral. Le chef libéral a ainsi repris à son compte un argument cher à l’industrie des oléoducs, qui ne cesse de l’utiliser depuis la tragédie survenue à Lac-Mégantic, en 2013.

Pour les entreprises du secteur des énergies fossiles, il s’agit d’ailleurs d’une excellente nouvelle. Après tout, malgré le préjugé très favorable de l’ancien gouvernement conservateur, aucun oléoduc majeur n’a été construit au Canada au cours des 10 dernières années. Et, même si le gouvernement Trudeau a fermé, mardi, la porte à un projet autorisé par le gouvernement Harper, Northern Gateway, il a tout de même donné son aval à Trans Mountain, évalué et recommandé par l’Office national de l’énergie en vertu de règles fixées essentiellement par les conservateurs.

Qui plus est, les libéraux ont mobilisé pas moins de cinq ministres pour l’annonce faite mardi, en plus de ceux qui ont maintenant la tâche de « vendre » le projet, notamment en Colombie-Britannique. Une mission de promotion qui sera appuyée, la semaine prochaine, par la première ministre albertaine, Rachel Notley, qui doit justement se rendre sur la côte ouest pour ajouter sa voix à celle des promoteurs de l’oléoduc Trans Mountain, de Kinder Morgan. Un projet rejeté par plusieurs dans la province voisine de l’épicentre de l’exploitation de l’or noir au Canada.

Pour l’Alberta

Il faut dire que cette « voie ensoleillée » pour l’industrie pétrolière est avant tout une bonne nouvelle pour l’Alberta. « Nous avons une chance de sortir de notre enclave, s’est d’ailleurs réjouie Mme Notley, cette semaine. Nous avons une chance de vendre vers la Chine et vers d’autres marchés, et ce, à de meilleurs prix. » Des arguments de mise en marché qui font déjà partie du discours des partisans d’Énergie Est. Au nom de la prospérité de l’industrie et, par ricochet, de l’économie du pays, les provinces doivent accepter de devenir des plaques tournantes pour l’exportation pétrolière.

La politicienne albertaine a toutefois affirmé que les nouvelles infrastructures de transport n’entraîneraient pas une hausse de la production des sables bitumineux. En effet, puisque la hausse était déjà prévue et qu’elle nécessite la construction d’oléoducs, en raison de la saturation du réseau ferroviaire. Les différentes données disponibles font état d’une hausse de 40 % pour les sables bitumineux d’ici 2025, soit une production qui sera alors de 3,4 millions de barils par jour, contre 2,4 millions aujourd’hui. Et la croissance devrait se poursuivre par la suite, selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers.

Cette croissance est compatible avec la protection du climat, selon M. Notley, en raison du « leadership » albertain en matière de lutte contre les changements climatiques. La province a ainsi imposé un plafond d’émissions annuelles de 100 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) à l’industrie des sables bitumineux, qui se situe présentement à 70 millions de tonnes. Mais, avec une croissance prévue de 50 % dans le secteur d’ici 2030, à quoi faut-il s’attendre ?

Les deux projets d’expansion approuvés cette semaine vont, quant à eux, de pair avec des émissions totales situées entre 24 et 28 millions de tonnes, et ce, uniquement pour les GES imputables à la production pétrolière. De quoi annuler l’effet de la fermeture accélérée des centrales au charbon et d’une taxe sur le carbone qui serait de 50 $ en 2030. Mais, selon Oil Change International, si on inclut les émissions liées à l’utilisation de ce pétrole, les GES totaux annuels atteindraient près de 200 millions de tonnes. Bref, on s’éloignerait encore plus d’une éventuelle réduction des GES.

Incohérence

La guerre des chiffres risque de se poursuivre entre partisans et opposants de ces projets, mais une chose demeure : Justin Trudeau s’est engagé à prendre les mesures nécessaires pour que le Canada réduise ses GES de 30 % d’ici 2030, par rapport à 2005. Cela signifierait de les ramener à 524 millions de tonnes, par rapport aux 732 millions de tonnes actuelles. Autant dire qu’il s’agit d’un projet ambitieux, surtout pour un pays où la croissance des GES est constante et alimentée en grande majorité par le secteur des énergies fossiles.

Même si M. Trudeau estime que l’autorisation de nouveaux oléoducs s’inscrit parfaitement dans le plan climatique du Canada, la spécialiste des changements climatiques, Catherine Potvin, juge qu’il n’existe « aucune cohérence » entre les annonces de cette semaine et la réalité climatique.

En s’appuyant sur les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), elle croit que le Canada fait fausse route en s’engageant ainsi à long terme avec l’industrie pétrolière. Après tout, souligne la scientifique, les oléoducs qui seront mis en exploitation dès 2019 sont conçus pour être utilisés pendant plusieurs décennies, alors même qu’il faudrait plutôt mettre en place un plan à long terme de réduction de la production pétrolière au pays.

Michel A. Bouchard, du McGill-UNEP Center for Environmental Assessment, estime pour sa part que le Canada n’atteindra tout simplement pas ses cibles de réduction de GES pour 2030. « On ne voit pas de vision stratégique de la part du gouvernement. Il n’y a, pour le moment, aucun calcul rigoureux pour nous convaincre. » Selon lui, il faudra surveiller ce qui ressortira de la rencontre, prévue le vendredi 9 décembre, entre Justin Trudeau et les premiers ministres des provinces pour savoir si le Canada a véritablement un « plan » crédible de lutte contre les changements climatiques.

Doutes

Reste aussi à voir si les oléoducs autorisés cette semaine seront bel et bien construits. Même la leader conservatrice, Rona Ambrose, a émis des réserves cette semaine, après le feu vert du gouvernement Trudeau. Selon elle, l’opposition risque d’être forte. Même son de cloche du côté du directeur principal d’Équiterre, Steven Guilbeault, qui croit que l’oléoduc Trans Mountain « ne sera jamais construit ».

Des Premières Nations pourraient notamment lancer des procédures, comme cela s’est vu pour d’autres projets ailleurs au pays. Des groupes écologistes et citoyens de la côte ouest promettent eux aussi de contester l’autorisation d’Ottawa, accordée malgré une forte opposition, notamment de la Ville de Vancouver et de la Ville de Burnaby. C’est là que les 890 000 barils de pétrole par jour seraient chargés à bord de pétroliers, à raison de 34 navires par mois.

Ce volet du projet est d’ailleurs déjà attaqué en justice. Le groupe Ecojustice a lancé, avant le feu vert du fédéral, une procédure contre l’Office national de l’énergie, qui n’a pas tenu compte des impacts du trafic pétrolier sur une population d’épaulards de la région, en voie de disparition. Une action en justice qui pourrait maintenant viser le gouvernement. De quoi ouvrir la porte à une saga semblable à celle de Cacouna.

Reste à voir quelle sera ici la couleur du slogan des libéraux fédéraux, qui ne cessent de répéter que le développement économique et la protection de l’environnement doivent aller de pair.

 

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.
15 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 3 décembre 2016 07 h 41

    Les oléoducs sont nécessaires en cas d'augmentation de la production...

    ...mais l'augmentation de la production n'est pas nécessaire. Voire plutôt nuisible, même au point de vue purement économique.

    En produisant encore au même rythme, on conserve les emplois existants.

    Le pétrole est une ressource non renouvelable - pourquoi l'extraire le plus rapidement possible? Pour épuiser la ressource le plus tôt possible?

    En n'augmentant pas le rythme d'extraction, on s'assure qu'il y en aura plus longtemps et, de toute façon, il est certain que plus le temps passe, plus le pétrole aura de valeur.

    L'épuisement de la morue, pourtant une ressource renouvelable lorsque l'humain n'est pas trop idiot, ça vous rappelle quelque chose? On est en train de faire (ou d'essayer de faire, espérons que ça ne marche pas) la même chose pour le pétrole. L'humain est quelquefois bien lent à tirer les leçons de ses erreurs.

    Donc, non seulement la question des gaz à effet de serre et des pollutions diverses (n’oublions pas ça non plus) sont des raisons plus que suffisantes pour ne pas augmenter la production mais même en en faisant complètement abstraction, la sagesse purement économique commande de mettre la pédale douce.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 décembre 2016 12 h 05

      Les activités économiques reposent sur une dynamique d'offre et demande. Spécifiquement pour l'énergie fossile la demande est au rendez-vous pour encore très longtemps. Si vous avez les ressources pour répondre à cette demande de façon rentable vous avez l'opportunité d'être un joueur actif dans la chaine économique, à votre bénéfice et à celui de votre pays. Comme il y a toujours foule pour réclamer toujours plus d'argent... il est bien difficile de lever le nez sur toutes activités enrichissantes, même si ces activités heurtent des principes environnementaux.

      Comme exemple de second rang qu'occupent les bonnes intensions face aux perspectives d'enrichissement, regardé qui fait le commerce de l'alcool et du jeu, deux domaines qui étaient prohibés il n'y a pas si long pour cause de leurs nuisances sociale et de santé publique !

      Pour la rapidité d'épuisement de la ressource, au rythme actuel il y en a pour 120 ans au Canada selon ce que l'on connaît.

      http://tinyurl.com/gt44t2j

      http://tinyurl.com/hnjt375

      La lutte climatique ne se gagnera pas l'interdiction de production mais par les changements de consommation qui doivent conduire à une réduction globale de besoin énergétique et une transition vers des sources moins émettrices de GES.

      Mais cette lutte va se buter sur des réalités incassables, un avion ne vol que grâce aux énergies fossiles, et les gros camions et autres gros engins y sont tout aussi dépendants.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 décembre 2016 00 h 17

      La quasi-totalité de ce pétrole est destiné à l'exportation. Ils l'exporteraient donc même si nous n'en consommions pas. Et si nous le consommions, ça n'en serait qu'une fraction.

      De plus, une baisse de l'offre ferait monter les prix, ce qui serait un incitatif économique naturel pour se tourner vers d'autres sources, même d'un point de vue économique libéral (au sens large).

      Enfin, je répète, le pétrole n'est pas renouvelable - à un moment donné, il n'y en aura plus - épuiser la ressource le plus vite possible est une erreur inqualifiable.

      L'exemple de la morue est bon: on a même réussi à épuiser une ressource renouvelable. On a peut-être commencé ça il y a 120 ans, mais si on y avait déjà pensé à ce moment-là...

      Et 120 ans, ça n'est pas si long dans l'histoire. Oui, nous serons morts mon frère, mais...

      Et je n'ai même pas parlé des dommages pour l'environnement et la santé que les Albertains subissent - ils ne s'en plaignent pas trop ou, en tout cas, on n'entend pas beaucoup ceux qui le font, mais il y a certainement beaucoup de dommages.

      Quant à comparer une ressource d'énergie non-renouvelable avec le jeu ou l'alcool - proverbiales pommes et oranges.

      Et baisser la consommation générale ne veut pas dire avoir zéro camion ou zéro avion ou zéro auto. Ça peut vouloir dire, par exemple, améliorer le transport en commun, avoir le bonus/malus pour les grosses cylindrées, etc., etc. Ça peut vouloir dire d'en faire une utilisation plus judicieuse et mieux calculée, techologie qui consomme moins, etc.

  • Yvon Pesant - Abonné 3 décembre 2016 07 h 44

    Justin peu plus?

    Il y a vraiment de tout et son contraire dans l'attitude et les propos du PM libéral du Canada et cela réjouit grandement madame Notley, PM néo-démocrate de l'Aberta. Des personnes qui paraissent et causent bien devant les caméras et les micros qu'on leur tend pour les voir et les entendre nous dire quoi au juste, hein?

    Une augmentation de 40% (1 million de barils de plus par jour) de la production pétrolière des sables bitumineux, on se demande bien à juste titre comment cela va pouvoir se faire dans le respect de la signature apposée sur le texte découlant de l'accord de Paris. Tous les spécialistes de ces questions s'entendent là-dessus, à savoir que cela ne saurait être possible.

    "Votez pour ici et, quand nous serons élus, nous irons là. Que vous le vouliez ou pas."

  • François Beaulé - Abonné 3 décembre 2016 08 h 44

    Limiter le réchauffement à moins de 2°

    Le Canada est un des plus grands émetteurs de GES par habitant. L'objectif actuel du gouvernement de réduire les émissions canadiennes de 30% par rapport à 2005 est insuffisant pour être cohérent avec l'Accord de Paris sur le climat. Alors que même cet objectif risque de ne pas être atteint.

    La volonté de l'industrie pétrolière de contruire de nouveaux pipelines, appuyée évidemment par des investisseurs, indique que ceux-ci sont prêts à miser sur le réchauffement climatique pourtant dénoncé par un consensus de la communauté scientifique et des chefs de gouvernement de la planète.

    Si le gouvernement Trudeau était cohérent, il stopperait le développement des sables bitumineux, qui est la source de pétrole la plus polluante. Bien au contraire, en permettant la construction de nouveaux pipelines, il favorise une augmentation substantielle de la production de pétrole avec les sables bitumineux. Il faudra des décennies pour amortir le coût de construction de ces pipelines.

    De plus, les récents déboires économiques de l'Alberta causés par la baisse du prix du pétrole auraient dû faire réfléchir son gouvernement à la dépendance exagérée de cette province au pétrole. Plus cette province produira de pétrole et plus de futures baisses de prix de ce combustible fossile seront catastrophiques pour l'économie de l'Alberta. La nécessité de réduire la consommation de pétrole au niveau mondial associée au coût supplémentaire de sa production avec des sables bitumineux rendra cette production non-rentable à moyen terme. Puisqu'elle nécessite la combustion d'importantes quantités de gaz naturel.

    • Pierre Fortin - Abonné 5 décembre 2016 10 h 32

      « Si le gouvernement Trudeau était cohérent, il stopperait le développement des sables bitumineux, qui est la source de pétrole la plus polluante. »

      Et si le gouvernement Trudeau ne manquait pas de cohérence? Les engagements que Justin a pris durant la campagne électorale pourraient bien n'avoir été qu'une manœuvre médiatique pour prendre le pouvoir. Une fois bien installé aux commandes, à l'exécutif comme au législatif, l'establishment du parti sait retrouver sa culture traditionnelle qu'il se convainc d'être celle du gouvernement naturel canadien; on a déjà vu ça. Autrement dit, il est persuadé que le pouvoir lui revient de droit et qu'il peut en disposer selon son bon vouloir.

      Comme le rappelait jadis André d'Allemagne, « Au temps de l'impérialisme traditionnel, d'après l'adage cynique des Anglais, le commerce suivait les armées. » N'est-ce pas sur le commerce que s'est fondé l'État canadien? N'est-ce pas le commerce qui lui permet de se perpétuer?

      La complaisance de ce gouvernement à l'égard des intérêts pétroliers et de Bay Street n'est que la poursuite tranquille et séculaire des affaires normales du pays selon le PLC.

      Et si Justin Trudeau n'était que la marionnette à jupe à la main du parti?

  • François Beaulne - Abonné 3 décembre 2016 09 h 01

    Désolant et décevant

    Au delà des batailles de chiffres sur la rentabilité ou non de ces pipelines, et de l'incohérence qu'elle traduit du gouvernement Trudeau, un constat se dressee de plus en plus: le cynisme de la classe politique actuelle au Canada et la menace qui guette notre démocratie à long terme.
    D'abord cynisme alimenté par le renouveau, le vent de fraicheur, la transparence, l'approche 'cool', les 'voies ensoleillées' que laissait présager l'élection d'un gouvernement fédéral dirigé par un 'jeune' beau chic beau genre, adepte des nouvelles technologies de communication de masse et des réseaux sociaux, par rapport à une décennie d'un gouvernement cachotier, centralisateur, peu porté vers la solidarité, d'apparence austère qu'était celui de Harper.
    Ensuite, menace à la démocratie à long terme en institutionalisant de plus en plus la non participation au processus électoral par des pans importants de la société, notamment les jeunes et les idéalistes déçus de se laisser manipuler par des politiciens sans scrupules et peu respectueux de la parole donnée.
    Ces politiciens ne s'aperçoivent'ils pas que la qualité de vie et la protection d'un environnement sain font partie des priorités de la jeune génération? Désolant de constater que c'est un gouvernement dirigé par un 'jeune' qui aura réussi à ébranler la confiance de beaucoup de jeunes et de progressistes envers le processus démocratique en place au Canada, un epu comme son père aura contribué à alimenter le scepticisme de beaucoup de Québeçois à l'endroit du fédéralisme canadien.

  • Claude Bariteau - Abonné 3 décembre 2016 09 h 21

    L'absolution du péché

    Excellente mise en contexte.

    Il en ressort que le PM Trudeau-fils a péché politiquement et demande une absolution politique parce qu'il l'a fait pour souver le pays de son père dont il lui revient d'assurer son développement à l'aide des ressources qu'il contient indépendamment des effets écologiques non au Canada, car il a des calculs savants pour prétendre qu'il entend le faire proprement, mais sur la terre.

    Et il la veut cette absolution, car de son péché, qui n'est pas mignon, il se nourrira pour accentuer le contrôle du gouvernement central sur les entités subalternes que sont les provinces, la thèse du paternel.

    Alors, pourquoi lui donner cette absolution si ce péché est une faute grave à l'encontre de la civilisation mondiale ?