TransCanada plaide pour l’avenir d’Énergie Est

La raffinerie Valero, à Lévis, doit être un client du pipeline Énergie Est.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir La raffinerie Valero, à Lévis, doit être un client du pipeline Énergie Est.

Malgré l’approbation cette semaine de deux importants projets de pipelines par le gouvernement Trudeau, TransCanada garde le cap. La construction du pipeline Énergie Est est toujours aussi importante, affirme la pétrolière.

« Les expéditeurs du pétrole continuent à appuyer la réalisation d’Énergie Est », a souligné jeudi le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, en réponse aux questions du Devoir.

Même si le gouvernement fédéral a approuvé cette semaine la construction de deux pipelines, qui permettront d’exporter un million de barils de pétrole supplémentaires chaque jour, TransCanada estime que son pipeline vers la côte est doit être construit.

« Le projet conserve en fait toute son importance stratégique puisque le projet fera en sorte que les raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick n’auront plus besoin d’importer des centaines de milliers de barils de pétrole chaque jour, tout en améliorant l’accès du pétrole canadien aux marchés extérieurs », a fait valoir M. Duboyce, dans une réponse transmise par courriel.

Il a aussi réaffirmé le caractère « plus sécuritaire » du transport de pétrole par pipeline, comparativement au transport par train. Avec 1,1 million de barils de pétrole chaque jour, le projet Énergie Est équivaut quotidiennement à 1570 wagons de brut. Il serait toutefois techniquement impossible de faire circuler chaque jour autant de convois pétroliers sur le réseau ferroviaire actuel.

Étude d’impact

Tim Duboyce n’a par ailleurs pas été en mesure de préciser si l’étude d’impact préparée pour le gouvernement par TransCanada en vue du processus du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement était complète. « C’est au ministère [de l’Environnement du Québec] de déclarer quand il considère qu’elle est complète », a-t-il répondu.

Mercredi, le ministre de l’Environnement David Heurtel a simplement indiqué que « le travail d’analyse se poursuit. Lorsque l’étude d’impact sera jugée recevable, on passera à la prochaine étape de l’évaluation environnementale, qui est l’audience publique ».

Cette étude d’impact, réalisée d’abord sur une période d’à peine quelques semaines, a amené le ministère de l’Environnement du Québec à poser environ 200 questions supplémentaires à TransCanada, a rappelé M. Heurtel. « On attend encore des réponses », a-t-il ajouté, évoquant notamment « des questions très importantes », sans toutefois donner plus de précisions.

Les nouveaux pipelines approuvés mardi ne signifient pas la fin du projet Énergie Est, selon Jean-Thomas Bernard, professeur au Département de science économique de l’Université d’Ottawa. Il estime ainsi qu’en raison de l’expansion prévue de l’industrie pétrolière, la construction du pipeline de TransCanada serait la bienvenue. À moins que le président américain désigné Donald Trump approuve et parvienne à faire construire le très controversé pipeline Keystone XL.

9 commentaires
  • Pierre Lalongé - Abonné 1 décembre 2016 15 h 59

    Trop de risques pour notre eau potable!

    Ausitôt que le prix du baril de pétrole aura atteint 100$, les convois de wagons remplis de pétrole brut recommenceront à circuler sur les rails du Québec et ce n'est pas le pipeline Énergie Est qui va empêcher ça.

    Le pipeline Énergie Est va mettre en péril l'approvisionnement en eau potable de la majorité des Québécois.

    • Pierre Asselin - Abonné 1 décembre 2016 22 h 20

      Soyons prudent TransCanada n'a jamais ......moins de train , il fit que l'accroissement du transport de pétrole par train sera moindre pour le moment .......
      Faites attention au discours aux mots , j'ai assisté aux premieres audiences du BAPE (Bureau d'approbations du Projet Energie est ) et jamais Trans Canada n'a mentionné une diminution du transport par train ......et d'une façon ou d'une autre discourir sur ce sujet est un faux débat servant à diviser les opinions ........

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 1 décembre 2016 18 h 05

    Message à Tim Boyce..

    et à tous ceux qui, comme Jean-Thomas Bernard, estiment que la construction du pipeline serait la bienvenue...Vous allez nous trouver sur votre chemin.

    Qui êtes-vous pour faire de telles estimations ...et de les placarder de vos titres ronflants.?

    Avez-vous, un seul moment, considéré qu'un peuple, celui du Québec, a en grande majorité rejeté ce projet... pour cause de territoire en danger.

    Nous avons déjà payé un lourd tribu à Lac Mégantic...l'histoire n'a pas à se répéter juste pour satisfaire quelques "egos" surdimensionnés et leurs actionnaires .

    La Conférence de Paris de 2015 sur le climat....ça vous dit quelque chose ?

  • Denis Turgeon - Abonné 1 décembre 2016 22 h 20

    Au Québec, on a tout ce qu’il faut en pétrole canadien

    Lorsque TransCanada affirme que « Le projet conserve en fait toute son importance stratégique puisque le projet fera en sorte que les raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick n’auront plus besoin d’importer des centaines de milliers de barils de pétrole chaque jour…», ça laisse supposer que le Québec et le Nouveau-Brunswick sont dépendants du pétrole du Moyen-Orient. Pourtant, nous recevons 270 000 barils par jour par la ligne 9B d’Endbridge sans compter ce qui arrive déjà par train et les 160 000 barils par jour qui passeront bientôt sur nos rails avec le projet Chaleur Terminal. C’est déjà bien plus que les besoins quotidiens du Québec et des provinces maritimes. Disons les choses clairement : on veut en raffiner plus, en vendre plus et tant pis si on pollue les rares réserves d’eau potable dans le Bas-du-Fleuve.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 1 décembre 2016 23 h 17

    MR DUBOYCE on n'a pas besoin de vos produits !

    Le Québec n'a aucun besoin de cet oléoduc et des 400 millions de barils annuels pour exportation .
    Enbridge 9 B fourni ici le pétrole conventionnel requis pour nos besoins.
    qui vont diminuer avec la transition énergétique et l'électrification des transports collectifs et individuels
    NON MR DUBOYCE on n'a pas besoin de vos produits allez jouer ailleurs .
    Pour respecter l'accord de Paris le Canada doit se contenter de produire pour combler les besoins canadiens
    et cesser dès maintenant tout programme d'exportation de son sale biumineux.
    Diminuer les émissions de GES de 80 % d'ici 2050 c'est MAINTENANT qu 'on doit commencer à réduire l'exploitation bitumineuse, pétrolière, gazière .
    La majorité de la population canadienne est dans le panache polluant à l'est de l'Alberta .

  • Jacques Lapointe - Abonné 2 décembre 2016 03 h 35

    On a la preuve que Justin ne veut pas des énergies renouvelables

    Ces pipelines c'est pour 50 à 60 ans. Et il est supposé d'avoir réduit de beaucoup en 2030 soit dans 16 ans. Il semble avoir attrapé la pensée magique! Est-ce le pape qui le lui a donné, lors de leur rencontre. Car la production de 30 % de plus de pétrole va apporter 30 % de plus de polluant à chaque étape de la production, transport, consommation. QU'il soit consommé en Inde ou en Chine, les polluants se promènent dans l'atmosphère, Que Justin nous envoie sa réaction chimique avec température, , catalyseur, car même si j'ai une assez bonne base de chimie, je n'arrive pas à décortiquer comment, on peut produire et consommer 30 % de plus,sans produire plus de pollution. C'est évident qu'il a privilégier, les actionnaires de la bourse, et qu'il repousse les énergies renouvelables, pour dans 50 ou 60 ans. Qu'il ne viennent pas nous parler d'intérêt nationale, maintenant que l'on sait pour qui son coeur bat. Et c'est évident que ce n'est pas pour le peuple. Au moin cela à le mérite d'être clair, et je voie son auréole assombrir. Le règne n'aura pas été long.