Au moins 620 millions pour restaurer les sites miniers abandonnés

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand

Le gouvernement du Québec a confirmé mardi qu’il devra dépenser entre 620 et 800 millions de dollars de fonds publics afin de restaurer et de sécuriser les centaines de sites miniers abandonnés qui sont à la charge de l’État. Une telle opération nécessitera encore au moins 10 ans de travaux.

« La restauration des sites miniers abandonnés est pour nous une priorité puisqu’elle permettra de limiter les impacts environnementaux mais aussi d’entretenir un dynamisme dans le domaine minier, ce qui est souhaitable pour le maintien et la création d’emplois en région », a affirmé mardi le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Ce programme de stimulation du « dynamisme » dans le secteur minier sera financé exclusivement par des fonds publics, puisque le gouvernement Couillard entend investir au moins 620 millions de dollars d’ici 2022, afin de « diminuer le passif environnemental minier » de 80 % en six ans.

499 sites

Le montant total inscrit dans le « Plan de travail » élaboré par le gouvernement prévoit toutefois un montant de « contingence » de 221 millions de dollars, ce qui signifie que le « grand total » estimé en date du 31 mars 2016 pourrait atteindre 803,4 millions de dollars.

Il faut dire que l’État québécois a toujours à sa charge pas moins de 499 sites miniers abandonnés au fil des décennies par différentes entreprises et qui doivent être décontaminés, restaurés ou alors sécurisés.

De ces 499 sites, 263 sont des sites d’exploration minière et 230 sont des sites d’exploitation minière. Ces sites se retrouvent dans plusieurs régions, dont le Nord-du-Québec, l’Outaouais, les Laurentides, l’Estrie et la Côte-Nord.

Responsabilités

C’est toutefois en Abitibi-Témiscamingue qu’on retrouve le plus de sites qui ont laissé un héritage toxique. Dans cette région minière historique, plusieurs sites nécessiteront d’ailleurs des investissements de plusieurs millions de dollars tout au long de la prochaine décennie.

C’est le cas du site Manitou, où les résidus miniers acides ont contaminé le secteur au fil des ans. Le nettoyage de ce site coûtera à lui seul plus de 51 millions de dollars au trésor public. À titre de comparaison, ce montant équivaut à ce que Québec compte épargner en une année grâce à l’adoption du projet de loi 70, qui prévoit des compressions de prestations pour certains assistés sociaux.

« Notre gouvernement assume ses responsabilités de gestionnaire du territoire québécois et entend poursuivre la réduction de l’impact des sites miniers abandonnés sur la santé et la sécurité des personnes ainsi que sur l’environnement, a fait valoir mardi le ministre Arcand, pour justifier les investissements annoncés. Nous souhaitons accélérer les travaux qui permettront de remettre ces sites dans un état qui respecte nos standards environnementaux, et ce, au bénéfice de la population du Québec. »

Redevances

Selon la Coalition Québec meilleure mine, la facture ne devrait pas être assumée en totalité par les contribuables québécois. L’organisation a déjà proposé d’imposer à l’industrie « une redevance spéciale de 0,5 à 1,0 % sur la valeur brute produite », redevance qui servirait à financer la restauration des sites abandonnés par l’industrie minière.

Par ailleurs, selon les données les plus récentes concernant les redevances versées par l’industrie minière, l’État québécois a touché des droits miniers d’environ 120 millions de dollars en 2014, pour une valeur brute exploitée qui totaliserait plus de 7,4 milliards.

En tenant compte de la valeur brute inscrite dans les données de l’Institut de la statistique du Québec, soit la valeur des ressources sur le marché, le taux de redevances minières pour l’année 2014 varie entre 1,5 % et 1,7 %.

Le gouvernement Couillard a déjà fermé la porte à un nouveau débat sur le régime de redevances minières.

22 commentaires
  • Bernard Plante - Abonné 22 novembre 2016 13 h 50

    Les dindons de la farce jusqu'au bout

    Donc en résumé, après avoir subventionné les minières pour la recherche et la prospection de minerai, financé les routes et les infrastructures périphériques, après avoir pratiquement donné nos ressources non-renouvelables en raison de redevances ridicules, il faut maintenant financer la réparation des dégâts afin de... maintenir le dynamisme du secteur! Wow!

    On nous prend vraiment pour des imbéciles finis.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 22 novembre 2016 17 h 55

      Les choses se répéteront, mais en pire pour l'oléoduc projeté par Trans-Canada: lui aussi polluera. Un jour ou l'autre, il deviendra désuet et inutile et une compagnie sans le sou l'achètera pour permettre à une plus riche de s'en débarrasser sans dépolluer. Construit de telle façon qu'on ne puisse le retirer de terre, chacune de ses portions coûtera très cher à retirer. Contrairement aux pyramides égyptiennes, les touristes ne le verront pas de loin, enfoui sous terre. Il ne pourra donc servir d'attrait touristique.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 22 novembre 2016 21 h 35

      On les subventionne pour faire des trous et nous les....citoyens on doit payer pour nettoyer ces memes trous ,alors qui sont les caves d'accord avec ca ? Notre bon gouv.Couillard qui a déja fermé la porte a cette maison-arriere.You know ,he is the boss ....

  • Nicole Delisle - Abonné 22 novembre 2016 14 h 00

    Quel gouvernement naïf!

    Comment se fait-il que ce soit encore nous les contribuables qui devons payer pour cela? Comment se fait-il que le gouvernement n'a pas inclus dans les contrats aux minières qu'elles étaient responsables de la décontamination et de la restauration du site, avant qu'ils ne quittent. C'est inconcevable! On paie pour les erreurs de gestion et de gouvernance du gouvernement. On devra aussi payer près de 80 millions pour la révision des baux des édifices du gouvernement. Encore une fois, à cause de libéraux placés comme directeurs et qui se sont remplis les poches à nos dépens. Maintenant, il faut payer pour leur erreur. Combien d'autres erreurs devrons-nous payer pour le laxisme sans nom des libéraux? On comprend maintenant pourquoi tous les québécois ont subi un régime d'austérité parce que les finances étaient "dans le rouge". À force de se faire voler ainsi par des incompétents, on risque d'être dans
    l'austérité pour longtemps! Aux élections 2018, j'espère que les québécois se
    souviendront de ces bavures monumentales!

    • Robert Beaulieu - Abonné 22 novembre 2016 19 h 22

      Je suis entièrement d'accord avec vous Mme. Delisle, sauf en ce qui attrait à la naïveté du gouvernement. Il n'y a pas de naïveté là-dedans!
      Le système de gouvernance est conçu ainsi de façon à créer l'illusion de la démocratie. Les dirigeants des corporations, industriels, financiers etc. exercent une telle pression que les gouvernements successifs deviennent d'une manière ou d'une autre les facilitateurs des projets et de l'enrichissement continu des nantis. Ça se fait au détriment de l'environnement et des populations maintenues dans le rêve et l'ignorance. Il est évident qu'un plus grand nombre de citoyens bien informés doit prendre part aux décisions importantes qui nous affectent tous. Si les ministres étaient réellement redevables au parlement et que les députés étaient eux, redevables non pas à un parti mais à un conseil (mini parlement) d'élus locaux dans chaque région, les décisions seraient alors prisent en fonction du bien commun. La planête ne nous attendra plus bien longtemps. De grands boulversements s'annoncent. Nous avons la capacité de changer. C'est çà ou disparaitre.

    • Jean Santerre - Abonné 22 novembre 2016 19 h 32

      Je trouve les libéraux tout à fait compétents pour dilapider les fonds publics.

    • Christiane Gervais - Abonnée 22 novembre 2016 19 h 47

      Les gouvernements ne sont pas naïfs, ils font preuve d'une grande complaisance envers les minières qui retirent tellement plus qu'elles ne rapportent à l'État, à l'environnement, aux citoyens de ce pays.

    • François Dugal - Inscrit 23 novembre 2016 07 h 48

      En 2018, les québécois ne se souviendront de rien, madame Delisle. Ils voteront pour le parti promettant la grosse job payante et un système d'éducation pourri.
      "Je me souviens" ... De quoi, encore.

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 novembre 2016 14 h 46

    C'est honteux de faire payer les contribuables pour les dégâts de minières!

    C'est honteux que les contribuables doivent assumer le nettoyage et la décontamination crée par les minières. Ce sont les compagnies minières qui doivent être responsables de nettoyer leurs propres dégâts.
    De plus, les redevances qui varient entre 1,5 % et 1,7 % sont totalement insuffisantes et inadéquates pour l'exploitation de nos ressources non renouvelables.
    «Selon la Coalition Québec meilleure mine, la facture ne devrait pas être assumée en totalité par les contribuables québécois. L’organisation a déjà proposé d’imposer à l’industrie « une redevance spéciale de 0,5 à 1,0 % sur la valeur brute produite », redevance qui servirait à financer la restauration des sites abandonnés par l’industrie minière.»
    Est-ce que le gouvernement Couillard travaille pour les citoyens ou pour le bien-être des minières?

    • Clermont Domingue - Abonné 23 novembre 2016 11 h 04

      Le gouvernement Couillard travaille pour le PLQ.

  • Denis Paquette - Abonné 22 novembre 2016 14 h 53

    des fauchetons

    620 millions pour restaurer des sites qui ont rapportés combien, avez-vous honte de nous le dire, quel administrateur vous êtes, a votre place, je donnerai ma démission, si vous saviez comment, je vous déteste, quel faucheton vous êtes,

    • Clermont Domingue - Abonné 23 novembre 2016 10 h 59

      620 millions, c'est beaucoup d'occasions pour les patronneux.Ce n'est pas avec des ristournes sur la rémunération des personnels de l'éducation et de la santé qu'on pourra remplir les caisses du PLQ.
      Les gens de l'ombre seront toujours plus rusés que les personnes honnêtres.

  • Sylvain Rivest - Abonné 22 novembre 2016 15 h 13

    un chum c'est un chum,

    Et on peu pas refiler la facture à des amis.