Climat : John Kerry se veut rassurant, malgré l’élection de Trump

John Kerry a affirmé que les États-Unis atteindraient bel et bien leurs objectifs de réductions de gaz à effet de serre, malgré l’élection du climatosceptique Donald Trump.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse John Kerry a affirmé que les États-Unis atteindraient bel et bien leurs objectifs de réductions de gaz à effet de serre, malgré l’élection du climatosceptique Donald Trump.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a voulu rassurer la communauté internationale mercredi à la conférence de l’ONU sur le climat, au Maroc, en affirmant que les États-Unis atteindraient bel et bien leurs objectifs de réductions de gaz à effet de serre, malgré l’élection du climatosceptique Donald Trump.

« Je peux vous dire avec confiance que les États-Unis sont aujourd’hui en bonne voie de réaliser les objectifs internationaux qui ont été fixés », a-t-il soutenu, dans le cadre d’un long discours prononcé à la 22e Conférence des Parties (COP22), à Marrakech. « Je ne pense pas que cela puisse ou que cela sera inversé », en particulier pour des raisons économiques, liées aux forces du marché, a-t-il ajouté.

Les États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre de la planète, ont signé et ratifié l’Accord de Paris sur le climat conclu en décembre 2015. Mais l’élection de Donald Trump a suscité de vives inquiétudes à la COP22, puisqu’il a promis au cours de sa campagne de renier la ratification américaine, jugeant que cette entente serait nuisible pour l’économie du pays.

L’effet Trump

« Depuis le début de cette COP, une élection a eu lieu, et je sais que cela a laissé à certains un sentiment d’incertitude face à l’avenir », a d’ailleurs admis mercredi M. Kerry, une semaine après l’élection surprise du républicain Donald Trump.

« Je ne peux spéculer ici sur les politiques que le président élu va mener. Ce que je peux vous dire est ceci : certaines questions prennent un aspect bien différent, quand vous êtes au pouvoir, de l’aspect qu’elles avaient pendant la campagne. »

« Personne n’a le droit de prendre des décisions affectant des milliards de personnes sur la base de la seule idéologie », a-t-il encore dit, appelant aussi à consulter ceux qui savent, tels que les victimes du réchauffement ou encore, et en premier lieu, les scientifiques du climat.

Plaidoyer des entreprises

Or, Donald Trump a déjà nié l’existence même des changements climatiques, en soulignant que la météo pouvait être changeante d’une année à l’autre. Il a également déjà dit que la Chine avait fomenté un complot climatique dans le but de désavantager l’économie des États-Unis.

Mais mercredi, plus de 360 entreprises, pour la plupart américaines et parmi lesquelles on retrouve DuPont, Gap, Hewlett Packard, Kellogg's, Hilton, Nike ou Mars, ont écrit une lettre au président élu Donald Trump pour lui demander de respecter l’Accord de Paris.

« Nous appelons nos élus américains à soutenir avec force la poursuite des politiques [de réduction des émissions de gaz à effet de serre] pour permettre aux États-Unis de remplir ou dépasser leurs engagements » en la matière, écrivent-elles dans cet appel publié mercredi en marge de la COP 22.

« Nous nous engageons à faire notre part, pour remplir l’objectif de Paris d’une économie mondiale limitant le réchauffement bien en deçà de 2 °C » ; insistent-elles.

Avec l’Agence France-Presse


 
1 commentaire
  • Hélène Boily - Abonnée 16 novembre 2016 12 h 53

    Dixit Mr Kerry

    En étant optimiste, on peut imaginer que lesdites sociétés vont faire des efforts. Atteindront-elles les objectifs fixées à Paris? Admettons que ce soit le cas, voici ce qu'on lit dans la newsletter de Greenpeace France:
    "Si les dirigeants ont pris conscience que la transition énergétique mondiale est inévitable pour limiter le réchauffement climatique en deçà de 1,5 degré, les contributions actuelles des États sont largement insuffisantes. Le Programme des Nations unies pour l’environnement l’a rappelé aux gouvernements jeudi dernier : même dans le cas où ces contributions étaient appliquées dans leur totalité, le monde assisterait à une augmentation moyenne des températures globales 2 fois supérieure à la limite fixée dans l’Accord de Paris."
    Ce serait bien de ne pas s'endormir au gaz.