Gaz de schiste : Philippe Couillard referme la porte ouverte par Arcand

<p>Philippe Couillard ne voit pas le jour où la population acceptera l’exploitation des hydrocarbures.</p>
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne

Philippe Couillard ne voit pas le jour où la population acceptera l’exploitation des hydrocarbures.

Philippe Couillard a refermé la porte que son ministre Pierre Arcand avait ouverte : ce n’est pas le gouvernement, mais ce seront plutôt les citoyens qui bloqueront les projets de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

Le premier ministre a ainsi réagi aux propos de son ministre des Ressources naturelles émis mardi. M. Arcand avait alors écarté le scénario d’extraction du gaz de schiste à court terme dans les basses terres du Saint-Laurent, mais dans l’avenir, il avait évoqué des technologies éventuelles qui pourraient le permettre.

Toutefois, M. Couillard a non seulement affirmé que ce scénario ne serait pas cohérent avec l’action du gouvernement en matière de changements climatiques, mais en outre, il ne voit pas le jour où la population acceptera l’exploitation des hydrocarbures.

« Actuellement, je ne sens même pas l’once du début du commencement d’acceptabilité sociale pour ce projet-là dans cette zone très peuplée du Québec, alors cela répond à la question », a-t-il déclaré en point de presse, à la COP22 de Marrakech, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques où il est en mission.

Mais quant à savoir si des gouvernements ultérieurs, eux, pourraient profiter d’une opinion publique plus conciliante, le premier ministre en doute.

« Je ne pense pas qu’un autre gouvernement pourra écarter la question de l’acceptabilité sociale et pourra écarter la lutte aux changements climatiques, a-t-il poursuivi. […] Deux éléments fondamentaux qui seront les mêmes dans 10, 15 ou 20 ans. »

6 commentaires
  • Danielle Houle - Inscrite 16 novembre 2016 10 h 01

    ''ce n’est pas le gouvernement, mais ce seront plutôt les citoyens qui bloqueront les projets de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.''

    On est en pleine séduction, mais ça marche pas avec moi.

    Aujourd'hui il dit ça et demain il dira autre chose.

    En 2012 je suis allée avec d'autres citoyens-nes à l'Assemblé nationale. Nous étions en réunion avec Pierre Arcand. Entre lui et moi, une seule personne. Je l'ai regardé bien dans les yeux et je lui ai demandé sa définition de ce qu'est l'acceptabilité sociale? Eh bien chers citoyens,nes, il n'en avait aucune idée à l'époque et je suis très très certaine qu'aujourd'huiqu'il n'en a encore aucune idée et pareil pour la gang à Couillard. En ne définissant pas l'acceptabilité sociale on peut faire ce qu'on veut! Qui décide? C'est sa maudite loi 106 dont il est incapable de modifier pour la protection des territoires québécois et la protection des citoyens-nes. Les libéraux=des girouettes pas de tête. S'ils sont ré-élus en 2018, eh bien là... ils diront que les compagnies ont trouvées un miracle pour forer/fourrer nos terres et la population. Aucune confiance.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 16 novembre 2016 20 h 47

      Il faut se méfier des visages a deux faces,les deux mentent : tradition libérale depuis longtemps.

  • Sylvain Bolduc - Inscrit 16 novembre 2016 11 h 05

    La belle parure...

    Quand le PM dit ça à la COP22, il faut le prendre à la légère, il y a des oreilles qui écoutent. Il ne faudrait pas que la façade s'effrite...

    • Robert Beauchamp - Abonné 16 novembre 2016 16 h 44

      Il finira bien par soutenir le contraire du contraire, lorsque la COP22 aura terminé sa grand-messe.

  • Danielle Rochette - Abonnée 16 novembre 2016 17 h 31

    Paroles, paroles, paroles....

    Doit-on comprendre que le chapitre sur les hydrocarbures du projet de loi 106 a été mis à la poubelle, cette nuit, étant donné son incohérence avec la politique sur le changement climatique?

  • Danielle Rochette - Abonnée 16 novembre 2016 23 h 46

    Les babines et les bottines

    "On indique aussi que le gouvernement « devrait favoriser l’acceptabilité sociale des projets », notamment en tenant compte des différentes visions du développement territorial, mais aussi en améliorant les processus de consultation des populations concernées." Le Devoir, 31 mai 2016
    Les stratégies pour susciter l'acceptabilité sociale sont déjà écrites. À coup de demi-vérités, de simili consultations, de promesses, de cadeaux, on espère obtenir l'adhésion des communautés assez affamées pour croire aux mirages.
    Ça, c'est quand le gouvernement trouve que c'est plus politiquement correct d'avoir l'acceptabilité sociale.
    Mais en même temps que le PM clame qu'elle est une condition incontournable et que les citoyens vont décider, son projet de loi sur les hydrocarbures est très loin de s'enfarger dans le concept d'acceptabilité sociale. Il donne au contraire des droits sans précédents à l'industrie pour exploiter ses claims avec ou sans l'accord des municipalités et des propriétaires des terrains convoités.
    Alors, il y a deux éléments contradictoires depuis le 7 juin: les paroles de M. Couillard devant les médias d'ici ou d'ailleurs, et le projet de loi 106 auquel il s'accroche mordicus en dépit de toutes les oppositions rencontrées.
    Difficile de croire les babines quand on est menacé de se faire marcher dessus par les bottines.