Des patinoires fragiles à protéger

Avec de nouveaux investissements, la Ville de Montréal espère étendre la saison du patinage, mais aussi dégager du personnel afin d’améliorer l’entretien de ses nombreuses patinoires.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Avec de nouveaux investissements, la Ville de Montréal espère étendre la saison du patinage, mais aussi dégager du personnel afin d’améliorer l’entretien de ses nombreuses patinoires.

Alors qu’elles sont au coeur de loisirs accessibles et très largement pratiqués à Montréal, les patinoires extérieures sont plus que jamais menacées par les hivers doux qui se succèdent. La situation est telle que Montréal a décidé d’investir quelques millions de dollars pour tenter d’améliorer la situation, qui devrait néanmoins s’aggraver en raison des bouleversements climatiques.

Dans le cadre de son programme triennal d’immobilisation de 6,3 milliards de dollars annoncé la semaine dernière, la Ville de Montréal a prévu une enveloppe de 7,3 millions de dollars dans un programme d’amélioration des patinoires extérieures.

Ce montant, réparti sur trois ans, pourrait notamment servir à installer des équipements de réfrigération pour certaines patinoires. À l’heure actuelle, seules 8 patinoires sur les 262 que compte Montréal sont réfrigérées artificiellement. Une partie des nouveaux investissements publics pourrait en outre servir à recouvrir certaines installations, de façon à les protéger.

Avec de nouveaux investissements, la Ville espère étendre la saison du patinage, mais aussi dégager du personnel, afin d’améliorer l’entretien des nombreuses patinoires montréalaises.

Il faut savoir que la mise en place et le maintien des patinoires de la ville sont de plus en plus difficiles, en raison de saisons hivernales de plus en plus clémentes. L’an dernier, par exemple, même la patinoire réfrigérée artificiellement du parc de la Confédération, dans Notre-Dame-de-Grâce, a dû être fermée après son ouverture, en raison du temps doux.

Fonte accélérée

Investissements ou pas, Montréal et tout le sud du pays seront de plus en plus aux prises avec des hivers doux au cours des prochaines années. Une situation pour ainsi dire inévitable qui pourrait même condamner la plupart des patinoires extérieures au cours du présent siècle.

Une étude montréalaise publiée dans la revue Environmental Research Letters a ainsi déjà permis de conclure à un recul marqué de la durée de vie des patinoires dans toute la partie la plus densément peuplée du Canada.

Les chercheurs soulignaient du même coup que, si leurs prédictions scientifiques s’avéraient exactes, il n’y aura plus de patinoires extérieures naturelles (sans système spécial de réfrigération) à Calgary, Montréal et Toronto en 2050.

Selon d’autres travaux menés par des chercheurs du Département de géographie et d’études environnementales de l’Université Wilfrid-Laurier, en Ontario, si la tendance climatique se maintient, en 2090, il ne restera qu’une quarantaine de jours de patinage en moyenne dans des villes comme Montréal et Toronto.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 8 novembre 2016 09 h 16

    Et les îlots de chaleur ?

    Lorsqu'il est question d'îlots de chaleur urbains, on pense à l'été, aux jours de canicule. En hiver, on les oublie et pourtant, ils sont toujours là. Que ce soit en janvier ou en juillet, la température au cœur du centre-ville est en moyenne plus élevée qu'en périphérie.

    Quelles sont les causes des îlots de chaleur ? Parmi les plus importantes, il y a la transformation de diverses formes d'énergie (y compris l'électricité) en chaleur et la modification des surfaces exposées au soleil, surface qui sont plus absorbantes que la moyenne et par conséquent, plus susceptibles de capter davantage d'énergie solaire pour la restituer en chaleur. Et, bien sûr, il y a, par temps calme, une plus grande proportion de gaz à effet de serre ou de particules en suspension, contribuant également à l'effet de serre.

    Contrairement aux changements (changements et non bouleversement, un terme subjectif) climatiques, les îlots de chaleur urbains sont des phénomènes locaux et il est toujours plus facile d'agir sur un phénomène local que sur un phénomène global. Le fait-on ?

    À nos lattitudes en hiver, les paysages sont surtout blancs. Une surface blanche absorbe beaucoup moins de rayonnement solaire qu'une surface foncée. Or, notre asservissement à l'automobile nous a amenés à détester le blanc là où l'automobile veut circuler (presque partout en ville). La moindre bordée de neige déclenche le déploiement d'une armée imposante dont le rôle est de combattre le blanc, d'enlever dans les plus brefs délais cette neige qui pourrait obliger les automobilistes à respecter les limites de vitesse. Et c'est une guerre que l'armée gagne toujours, sauf sur les trottoirs. C'est un engagement : le bitume et le goudron ne doivent pas rester ensevelis sous l'ennemi juré qu'est la neige blanche. Et tant pis pour les patinoires...