Ottawa injecte 1,5 milliard pour la protection des océans

Ottawa financera des mesures de protection dans un contexte de croissance du transport maritime de matières dangereuses, dont le pétrole.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Ottawa financera des mesures de protection dans un contexte de croissance du transport maritime de matières dangereuses, dont le pétrole.

Confronté à un trafic maritime commercial de plus en plus important, le gouvernement fédéral a décidé d’investir 1,5 milliard de dollars sur cinq ans afin d’améliorer la protection des océans, notamment en lien avec le transport de pétrole le long des côtes canadiennes. La construction d’importants projets de pipelines pourrait accroître ce trafic au cours des prochaines années.

« Le Canada a la plus importante longueur de côtes au monde et ce n’est pas un secret que nous n’avons pas fait assez pour les protéger », a déclaré lundi le premier ministre Justin Trudeau, dans le cadre de la conférence de presse pour annoncer son Plan de protection des océans. L’initiative, échelonnée sur cinq ans, fera du Canada un leader en matière de protection des eaux des océans Pacifique, Atlantique et Arctique, a aussi soutenu M. Trudeau.

Le plan comprend notamment la mise sur pied d’un système de sécurité maritime et de restauration des écosystèmes marins. Des dépenses iront également à la recherche vouée à l’amélioration des méthodes de nettoyage après des déversements d’hydrocarbures.

Côte ouest

Le financement annoncé par Ottawa donnera en outre une plus grande marge de manoeuvre à la Garde côtière canadienne, a fait valoir le premier ministre, en plus de permettre de durcir le ton envers les entreprises polluantes.

Les conservateurs ont réagi en soulignant que les libéraux avaient repris à leur compte certaines idées mises de l’avant par leur parti au cours des dernières élections. « Cependant, nous restons préoccupés par le plan arbitraire du gouvernement libéral d’imposer un moratoire sur la circulation des pétroliers sur la Côte Ouest. Cela mettra des dizaines de milliers d’emplois à risque alors qu’un trop grand nombre de Canadiens luttent pour joindre les deux bouts », ont aussi insisté les conservateurs par voie de communiqué.

Pour les néo-démocrates, ce plan ne va pas assez loin. « Il faut interdire immédiatement et de façon permanente » les pétroliers le long de la côte de Colombie-Britannique, a réclamé Fin Donnelly, député responsable de la pêche et des océans.

Pipelines à venir

Pour les groupes environnementaux, tout indique que cette annonce du gouvernement Trudeau pourrait être le premier pas en vue d’une approbation du projet de pipeline Trans Mountain, qui permettrait justement d’acheminer du pétrole des sables bitumineux vers la côte ouest, d’où il serait exporté à bord de pétroliers. Plus de 400 de ces imposants navires viendraient chaque année charger du brut dans la région de Vancouver.

Le groupe Équiterre s’est ainsi réjoui des mesures annoncées lundi, tout en soulignant que « l’approbation de projets de pipeline, comme le projet Kinder Morgan dans l’Ouest ou celui d’Énergie Est dans l’Est du Canada, pose des risques majeurs pour les milieux marins ».

Dans le cas du projet de pipeline de TransCanada, le pétrole serait surtout exporté à partir de la baie de Fundy. Des centaines de pétroliers pourraient être nécessaires chaque année pour exporter le pétrole transporté par le pipeline Énergie Est.

Dans le cadre du BAPE sur le projet tenu au printemps dernier, la pétrolière albertaine a aussi indiqué qu’elle songeait toujours à construire un port d’exportation sur le Saint-Laurent, malgré le rejet du projet de Cacouna. L’entreprise discute en effet des moyens à prendre pour expédier un volume quotidien de 270 000 barils de pétrole, soit près du tiers du pétrole qui sera transporté par Énergie Est.

TransCanada n’a pas encore annoncé si elle avait trouvé un site pour construire son port. Ce projet ne fait pas partie de l’évaluation environnementale en cours pour Énergie Est.

3 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 7 novembre 2016 21 h 29

    Usque

    tandem abutere de nuestra patientia.

  • Patrick Daganaud - Abonné 8 novembre 2016 00 h 15

    PERMIS DE TUER

    « Ottawa injecte 1,5 milliard pour la protection des océans ».

    Il fut comprendre que l'on anticipe déjà les autorisations d'exploitation ET LES DÉGÂTS qu'elles vont inévitablement produire.

    C'est un PERMIS DE TUER nos océans.

  • Sylvain Picard - Abonné 8 novembre 2016 18 h 46

    Une façon détourner de faire avaler énergie est

    Une mesure à peine voiler afin de favoriser le passage « coast to coast » de l'indésirable pipeline.

    Que ce pétrole sale reste sous le sol, [point].