Pipeline Trans Mountain: manque de confiance envers l’ONE pour un projet très controversé

Le pipeline, destiné à l’exportation de pétrole des sables bitumineux, doit aboutir dans la région de Vancouver.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le pipeline, destiné à l’exportation de pétrole des sables bitumineux, doit aboutir dans la région de Vancouver.

Le projet de pipeline Trans Mountain, vers la côte ouest, soulève des questions très controversées, d’autant plus qu’il subsiste au sein du public une forte impression que le travail mené par l’Office national de l’énergie comporte de grandes lacunes. C’est ce que conclut un comité ministériel mandaté par Ottawa pour mener un complément d’évaluation pour ce projet pétrolier que le fédéral doit approuver ou non d’ici décembre.

« Nous croyons qu’à la lecture de ce rapport, vous serez encore plus étonnés par l’énormité de la décision que le gouvernement fédéral aura à prendre », notent d’entrée de jeu les membres du comité mis sur pied en mai dernier pour mener des consultations publiques supplémentaires sur le projet de la pétrolière Kinder Morgan.

Et pour cause. Le rapport publié jeudi souligne que « les questions soulevées par la proposition de pipeline de Trans Mountain font partie des plus controversées au pays, voire dans le monde entier, de nos jours : les droits des peuples autochtones, l’avenir de l’exploitation des combustibles fossiles face aux changements climatiques, et la santé de l’environnement marin qui compose déjà avec un siècle d’effets cumulatifs ».

« Ce sont là des questions de sécurité publique et de durabilité de l’environnement, qui se dressent contre les besoins économiques d’une province dont le secteur des ressources, autrefois florissant, est gravement compromis », ajoutent les trois membres du comité, qui ont mené des consultations en Alberta, point de départ du pipeline, et en Colombie-Britannique.

ONE critiqué

Le comité mandaté par le ministre des Ressources naturelles Jim Carr a constaté qu’il subsiste au sein du public « une forte impression que l’examen de l’ONE comporte de grandes lacunes », et ce, « en matière de connaissances et de confiance du public ».

L’ONE, qui mené l’examen du projet Trans Mountain, a recommandé en mai dernier son approbation, malgré la vive opposition de la Colombie-Britannique et de la Ville de Vancouver, mais aussi de communautés des Premières Nations.

Le rapport de 70 pages réitère par ailleurs qu’il existe de multiples inquiétudes « face aux répercussions sociales, économiques et environnementales de la proposition de pipeline de Trans Mountain ». Le projet de l’entreprise Kinder Morgan, prévoit la construction d’un nouveau pipeline qui permettrait de faire passer la capacité quotidienne d’un réseau existant de transport de pétrole albertain de 300 000 à 890 000 barils. Cela équivaut à 325 millions de barils par année.

Prix du pétrole

Le pipeline, destiné à l’exportation de pétrole des sables bitumineux, doit aboutir dans la région de Vancouver, où plus de 400 pétroliers seront chargés chaque année pour exporter le pétrole albertain. Il traversera aussi le parc national de Jasper.

Le comité explique par ailleurs que certaines conditions qui prévalaient au moment de présenter le projet, en 2013, ont depuis changé. Les auteurs insistent ainsi sur le bas du prix du pétrole. « Au moment de la rédaction de ce rapport, on ne perçoit pas avec précision jusqu’à quel point et à quel moment — ou si — les prix remonteront pour se maintenir à un niveau qui ferait en sorte que l’agrandissement du pipeline soit concurrentiel. »

Le ministre Jim Carr a indiqué jeudi que le gouvernement canadien décidera s’il approuvera ou non le pipeline d’ici le 19 décembre prochain. Il tiendra également compte de l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre liées à la production du pétrole qui serait transporté dans le pipeline Trans Mountain.

1 commentaire
  • Pierre Fortin - Abonné 3 novembre 2016 18 h 44

    Le problème d'abord


    Le rapport publié jeudi par le comité ministériel souligne que « les questions soulevées par la proposition de pipeline de Trans Mountain font partie des plus controversées au pays, voire dans le monde entier, de nos jours : les droits des peuples autochtones, l’avenir de l’exploitation des combustibles fossiles face aux changements climatiques, et la santé de l’environnement marin qui compose déjà avec un siècle d’effets cumulatifs.

    « Ce sont là des questions de sécurité publique et de durabilité de l’environnement, qui se dressent contre les besoins économiques d’une province dont le secteur des ressources, autrefois florissant, est gravement compromis ».

    Le comité semble avoir bien posé le problème dans ses paramètres; il reste à le résoudre. La citation « les questions soulevées [..] des plus controversées au pays, voire dans le monde entier... » laisse croire qu'on perçoit la gravité de la situation. Mais ce n'est qu'un début, qui peut aussi n'être qu'un lénifiant.

    En arrivera-t-on à reconnaître ce concept encore flou et vide de droit d' "acceptation sociale" ?