Nouveau recours de Pétrolia contre Québec

La rivière Jupiter, à Anticosti
Photo: Productions Rapide-Blanc La rivière Jupiter, à Anticosti

Pétrolia veut son permis, et vite. Lasse d’attendre une réponse de Québec à une demande de modification d’un certificat d’autorisation faite en août, la compagnie a entamé lundi une procédure judiciaire pour forcer la main du gouvernement, qu’elle accuse d’ingérence.

Dans ce nouvel épisode d’une relation d’affaires qui carbure à la méfiance depuis près d’un an, Pétrolia demande à la Cour supérieure une ordonnance « enjoignant au ministre du Développement durable [David Heurtel] d’approuver » sa demande de modification pour le site de forage Jupiter.

Déposée il y a près de trois mois, la demande demeure sans réponse à ce jour. Et Pétrolia croit que « cette négligence ou ce refus d’agir [de Québec] est la conséquence de la position dogmatique prise par le premier ministre Couillard à l’encontre du Programme Anticosti ».

La requête se lit ainsi comme une charge à l’endroit du gouvernement. On y affirme que David Heurtel a « sciemment retardé l’analyse » de la demande de modification, ce qui mettrait à risque la réalisation de tout le programme ; on dénonce « l’ingérence » de M. Couillard dans le Programme Anticosti, qu’il « n’a jamais cessé de dénigrer » ; on évoque de « nombreuses déclarations publiques agressives et troublantes » ; etc.

« Alors que le Programme Anticosti a été entrepris dans l’ordre et le respect des ententes conclues [avec Québec], il fait désormais face à de nombreux obstacles découlant de l’ingérence et de l’hostilité du premier ministre Couillard et du ministre Heurtel », conclut Pétrolia dans son « historique des faits ».

Au centre du litige actuel : le site de forage Jupiter, pour lequel Pétrolia propose un « changement mineur de localisation ». Celui-ci aurait « essentiellement pour but d’éviter d’avoir à construire un pont sur la rivière Jupiter [qui abrite une importante population de saumons] et de diminuer le potentiel d’impacts environnementaux », soutient la compagnie dans sa requête.

Pétrolia plaide qu’il y a urgence d’entamer avant l’hiver les travaux de préparation du site — l’un des trois choisis pour les opérations de forage avec fracturation sur l’île (prévues pour l’été prochain). Jupiter est « prioritaire et doit être foré en premier », écrit-on.

Le cabinet du ministre Heurtel n’a pu répondre à nos questions lundi soir.

4 commentaires
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 1 novembre 2016 04 h 07

    Enfin, une «ligne rouge» à ne pas franchir

    Le gouvernement est obligé de rappeler à l'ordre Pétrolia, n'importe qui voulant faire traverser un cours d'eau par une énorme machinerie devant y aménager un pont selon l'ancienne politique gouvernementale de protection des cours d'eau. Faire le contraire détruira la rivière Jupiter, l'une des meilleures rivières saumoneuses au monde et l'un des principaux attraits touristiques de l'île d'Anticosti. Autoriser Pétrolia nous obligera tous à défrayer l'hypothétique et coûteux rétablissement des lieux dans leur état antérieur, Pétrolia n'ayant évidemment plus d'argent pour le faire. Cette fois, j'espère que le gouvernement actuel ne règlera pas hors cours et que nous connaîtrons enfin le contrat gouvernemental signé par l'ancien gouvernement avec cette compagnie. J'espère que les opposants à ce projet s'opposeront fortement aux conclusions judiciaires recherchées par Pétrolia.

  • Marc Durand - Abonné 1 novembre 2016 07 h 27

    Pétrolia aime bien les recours ... et les retards !

    Il y a entre le gouvernement et la société Hydrocarbures Anticosti S.E.C. dans laquelle Pétrolia ils sont actionnaires, un "jeu du chat et de la souris" qui vise à étirer le temps de l'exploration. J'ai fait une analyse qui resitue la demande actuelle de relocalisation du puits Jupiter. Ce n'est pas aussi simple qu'au premier abord:
    http://bit.ly/2fb9ODx.

    Mar Durand, docteur-ingénieur en géologie appliqiée et géotechnique

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 1 novembre 2016 10 h 45

      J'ai téléchargé votre étude et la lirai aujourd'hui. Merci.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 1 novembre 2016 12 h 01

      Merci M. Durand de vos analyses si pertinentes...

      C'est à n'y rien comprendre que Québec n'ait pas retenu vos services
      ou alors, on a fort bien compris que "les copains d'abord" et "au plus fort la poche" et "après nous le déluge" sont les devises du PLQ et du néolibéralisme.