Gatineau dit non au pipeline Énergie Est

La rivière des Outaouais à la hauteur du pont Alexandra, qui sépare Gatineau et Ottawa.
Photo: iStock La rivière des Outaouais à la hauteur du pont Alexandra, qui sépare Gatineau et Ottawa.

La Ville de Gatineau s’oppose au projet de pipeline Énergie Est dans sa forme actuelle. Le conseil municipal a adopté mardi soir une résolution en ce sens, ce qui signifie que trois des quatre plus grandes villes du Québec sont contre le projet de TransCanada.

Un total de 17 élus de la municipalité ont voté en faveur de la résolution d’opposition à Énergie Est, alors que deux ont voté contre. Mais comme la résolution a été modifiée avant son adoption, il n’a pas été possible d’en obtenir une copie mercredi en fin de journée.

En substance, cette résolution signifie que la Ville de Gatineau est contre le projet tel qu’il a été présenté par la pétrolière albertaine, mais aussi qu’elle s’oppose à tout projet du même type qui menacerait le droit des citoyens de vivre dans un environnement sain.

Elle a été présentée à la suite d’un appel de la Commission consultative sur l’environnement et le développement durable de Gatineau, qui a pris position contre le projet. Cette dernière a notamment fait valoir que le pipeline doit traverser des affluents de la rivière des Outaouais, en plus de juger les mesures de sécurité insuffisantes.

Fronde municipale

Le refus de Gatineau vient gonfler la fronde du monde municipal québécois contre le projet de pipeline destiné essentiellement à l’exportation de pétrole des sables bitumineux. À titre d’exemple, la Communauté métropolitaine de Montréal, qui comprend de 82 municipalités, dont Montréal et Laval, s’oppose à Énergie Est.

L’Union des producteurs agricoles s’est aussi opposée au projet de pipeline de 4600 kilomètres, de même que les principales centrales syndicales du Québec.

Partisans et opposants pourront par ailleurs se faire entendre dans le cadre étude environnementale du projet de TransCanada sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Le gouvernement du Québec évalue toujours l’étude d’impact déposée par le promoteur, afin de statuer si celle-ci est jugée complète.

Processus fédéral

Quant au processus d’évaluation du gouvernement fédéral, il est bloqué depuis la récusation des trois commissaires qui dirigeaient les audiences de l’Office national de l’énergie (ONE).

Des groupes environnementaux demandent d’ailleurs que les audiences fédérales soient reprises depuis le début. Dans le cadre d’une entrevue au Devoir publiée mercredi, le premier ministre Justin Trudeau n’a toutefois pas voulu s’engager en ce sens. « Je ne pense pas qu’on en soit arrivé là, a-t-il dit. On entend très clairement qu’il y a des gens qui ont des préoccupations par rapport à ce processus. […] Le processus est en train d’avancer. Est-ce qu’on peut l’aider à avancer d’une meilleure façon ? Sûrement. Et on va s’y mettre. Mais on n’est pas rendu au point de tout jeter à la poubelle pour tout recommencer. »

Pipeline en 2021

TransCanada espère commencer la construction de son pipeline d’ici environ deux ans, afin qu’il soit en exploitation dès 2021, et ce, pour au moins 40 ans. Il transportera chaque année plus de 400 millions de barils de pétrole sur une distance de 650 kilomètres du territoire québécois.

Le pipeline Énergie Est franchira, au Québec, plus de 860 cours d’eau, dont plusieurs rivières qui servent de source d’eau potable. Il traversera aussi plusieurs terrains privés, puisque plus de 2000 propriétaires terriens sont concernés par le tracé de la pétrolière.

Il s’agit du plus important projet de pipeline en Amérique du Nord. Selon les données actuellement disponibles, quelque 80 % du pétrole des sables bitumineux et du Dakota du Nord qui circulera chaque jour dans le pipeline sera directement exporté, notamment vers les États-Unis et l’Europe.

Consultez le dossier portant sur les enjeux d'Énergie Est pour le Québec 

7 commentaires
  • André Mainguy - Inscrit 19 octobre 2016 20 h 25

    Gatineau dit non à Énergie Est.

    Qui voudrait prendre le risque de vouloir des nappes de pétrole circuler sur les cours d'eau qui alimentent une grande partie des 6 millions de Québécois qui habitent sur les rives de ces 860 rivières et sur le St-Laurent ?

    D'autant plus que même si on garde le couvercle sur un élément important : La corrosion ronge les oléoducs qui se situent dans les corridors des lignes de transport d'électricité. L'oléoduc St-Laurent de Valéro est corrodé à certains endroits, tout près deslignes d'Hydro.

    La plus grande concentration de lignes de transport à 735 kV se trouve au Québec et ce projet serait coûteux et néfaste pour Hydro-Québec et le MTQ.

    Malheureusement, les dirigeants d'Hydro-Québec sont nommés par le premier ministre et le poste est intéressant à tout point de vue.

  • Pierre Fortin - Abonné 19 octobre 2016 20 h 42

    Fronde municipale


    En démocratie, c'est la population qui doit choisir les priorités et refuser les opportunismes.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 octobre 2016 13 h 57

      1) Alors, que les "gens de paroles" qui savent...nous laissent savoir ce que
      qu'ils savent.

      3) L'insurrection devrait se propager partout au Québec...c'est à espérer.

      2) J'en appelle aux gens de FQSP...faut qu'on se parle...Un sujet en or
      qui amène au questionnement et développe la parole citoyenne.

      4) C'est pas parce que je ne demeure pas sur le trajet de l'oléoduc EE/TC que je ne peux pas me faire entendre...C'est un sujet qui regarde TOUS les Québécois.

  • Yves Côté - Abonné 20 octobre 2016 04 h 59

    Certainement...

    La couleuvre : Mister Troudeau, Mister Troudeau, cette réaction honteuse des Gatinois de refuser la possibilité de boire du pétrole ne peut être que celle venant d'une faction indépendantisses à écraser... Alors allons-y au plus vite avant que la grave maladie n'infecte tout le monde et que tous se transforment ainsi en bélugas !
    Mister Trudeau : Yes my friend, that effectively worths a very serious thinking from Ottawa.

    Tourlou !

  • Claude Comtois - Abonné 20 octobre 2016 16 h 35

    Le pipeline Énergie Est franchira, au Québec, plus de 860 cours d’eau, dont plusieurs rivières qui servent de source d’eau potable. Il traversera

    Pourquoi toujours utiliser le futur, commne si l'affaire avait été entendue et
    acceptée. Je proposerais d'utiliser plutôt le conditionnel . ' Le pipeline Energie
    Est franchirAIT ....Il travereserAIT ...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 21 octobre 2016 16 h 11

      Je seconde cette prosition avec des millions d'autres.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 22 octobre 2016 18 h 00

    Gatineau dit non, mais...

    Gatineau dit non, mais le gouvernement du Nouveau-bruxswick dit oui...Facile pour ce dernier qui n'aura pas à subir les dommages d'un déversement éventuel...Ce même gouvernement est-il prêt à payer pour tous les dommages encourus au Québec en cas de déversement ? Je crois que leur réponse sera négative...Alors pourquoi tant insister ? Leur économie en dépend paraît-il ? Et la nôtre notre économie qui s'en souci ? L'égocentrisme de certaines provinces est d'une irresponsabilité politique flagrante...Au fait combien de cours d'eau ce pipeline traversera-t-il au Nouveau-Brunswick ? J'aimerais bien le savoir...Si Trudeau veut un Canada fort il ne devrait pas encourager le saccage d'une économie et d'un environnement d'une province au profit de celui d'une autre... En fin de compte est-ce l'économie de la Province du Nouveau-Brunswick qui est en jkeu ou celle de la Pétrolière Irving ? Faudrait savoir...Tant qu'à analyser, de façon objective, l'allure du projet de pipeline d'Énergie est, vaut mieux mettre en valeur tous les points-de-vue et non seulement ceux des pétrolières impliqués...Il en va de la santé économique et environnementale du Canada tout entier...Si Trudeau dit oui à ce projet insensé, il se rendra responsable du plus grand gâchis que le Canada aura connu...Et son oui pourrait bien être le dernier qu'un Canada qu'il veut uni connaîtra... Ce projet impopulaire pourrait faire sonner le glas du Canada comme pays...