Réparations forcées sur l’oléoduc Saint-Laurent

Le pipeline Saint-Laurent relie la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis, exploitée par Valero, au terminal pétrolier de Montréal-Est.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le pipeline Saint-Laurent relie la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis, exploitée par Valero, au terminal pétrolier de Montréal-Est.

Énergie Valero est forcée d’effectuer de nouvelles réparations à son oléoduc Saint-Laurent, a appris Le Devoir. Cet oléoduc, qui transporte des produits pétroliers raffinés de Lévis à Montréal, connaît des problèmes de corrosion depuis le début de son exploitation, il y a à peine quatre ans.

Des travaux d’excavation de sections de la conduite ont été entrepris récemment sur le territoire de deux municipalités traversées par l’oléoduc Saint-Laurent, soit Saint-Majorique-de-Grantham et Saint-Germain-de-Grantham. Ces travaux, menés sur un terrain dégagé, se font notamment le long d’une ligne à haute tension d’Hydro-Québec.

Le porte-parole d’Énergie Valero, Martin Lévesque, a confirmé vendredi que l’entreprise mène présentement des travaux sur l’oléoduc exploité depuis 2012. Quelles sont les raisons qui motivent la réalisation de ces travaux ? « À la suite d’activités d’inspection et de prévention, nous avons constaté que certaines portions de la conduite bénéficieraient d’un degré de protection cathodique plus élevé, ce qui explique les travaux préventifs en cours, soit l’installation de rubans de zinc le long de certaines portions de la conduite », a-t-il expliqué dans une réponse transmise par courriel.

Selon ce qu’a précisé M. Lévesque, « aucune fuite n’a été constatée » sur cette conduite, qui transporte de l’essence, du diesel, du mazout domestique et du carburéacteur. « Énergie Valero exploite l’oléoduc Saint-Laurent en appliquant les normes les plus élevées de l’industrie », a-t-il également souligné. Sur son site Web, la pétrolière fait aussi valoir que son oléoduc est « sécuritaire et respectueux de l’environnement ».

Corrosion

L’entreprise, qui exploite la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis, a néanmoins constaté des problèmes de corrosion de l’oléoduc Saint-Laurent depuis sa mise en service. Les premiers signes de corrosion ont d’ailleurs été détectés seulement neuf mois après le début de l’exploitation de cette conduite de près de 250 kilomètres.

Des travaux ont par la suite été entrepris dans le but de corriger la situation, qui se concentrait dans la partie est de l’oléoduc, soit entre Lévis et Saint-Agapit. Des travaux supplémentaires ont été nécessaires, notamment en 2014, dans une portion de l’oléoduc située en Montérégie.

Dans tous les cas, la « protection cathodique » a dû être renforcée, dans le but de contrer la corrosion. Ces problèmes de corrosion peuvent s’expliquer par le fait que l’oléoduc traverse des terres humides, mais aussi par la proximité de lignes à haute tension d’Hydro-Québec.

La société d’État a d’ailleurs déjà soulevé l’enjeu de la corrosion des oléoducs dans un document qui avait été transmis à l’Office national de l’énergie en rapport avec le projet Énergie Est, de TransCanada. Il faut dire qu’une bonne partie de la portion québécoise de cet oléoduc longerait ses lignes, comme le fait l’oléoduc Saint-Laurent.

L’enjeu de la corrosion avait été soulevé dans le cadre de l’évaluation du projet d’oléoduc Saint-Laurent par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Cet aspect n’a toutefois pas fait l’objet d’une recommandation particulière de la part de l’organisme québécois.

L’oléoduc Saint-Laurent traverse le territoire de 33 municipalités, 243 cours d’eau mineurs et neuf cours d’eau majeurs. La majorité du tracé se situe en zone agricole.

Consultez les cartes du tracé du pipeline Saint-Laurent (cliquez pour agrandir)

3 commentaires
  • André Tremblay - Abonné 14 octobre 2016 22 h 27

    Oups !!!!

    Et on veut nous imposer un oléoduc qui transportera 1 milllion de barils par jour avec du pétrole sale de l'Alberta. Non, non, non,non.......

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 15 octobre 2016 08 h 02

    Au moins Valéro a les moyens financiers de ses ambitions...

    Le raffinage du pétrole est très payant pour la compagnie Valéro et les produits transportés dans cet oléoduc sont non seulement trés polluants, mais aussi et surtout détonnants: elle doit donc prendre les devants et ne pas attendre après les inspections gouvernementales pour effectuer les travaux requis. Autrement boum! Le contraire pourrait survenir avec Trans-Canada. D'abord, le produit transporté ne sera pas détonnant, mais simplement très polluant pour nos rivières et fleuves et très destructeur de qualité de vie et de milieux de vie. Ensuite, l'industrie de l'extraction du bitume vit des mois difficiles et il est probable que ses plus belles années soient derrière elle. Dans un tel contexte, elle pressurisera politiquement et financièrement tout le monde, à commencer par TransCanada. La construction, les inspections, réparations et améliorations se feront au moindre coût et, secret aidant, seulement au moment choisi par le transporteur. TransCanada vendra-a-t-elle son oléoduc à une compagnie sans le sou comme les transporteurs ferroviaires firent avec leurs tronçons moins rentables? TransCanada têteuse d'argent public? Que feront alors les officines gouvernementales? Elles prendront leur temps, enverront des avis d'infractions et, forcées par les circonstances, émettront des ordonnances difficilement applicables seulement en tout dernier lieu...Quelle sera la valeur foncière d'un loléoduc dangeureux? Qui le démolira?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 octobre 2016 14 h 02

      @ JPL pourquoi pensez-vous que la CEE et le Canada veulent aller de l'avant (signature prévue fin octobre 2016) avec leur entente de libre-échange? le pétrole sale des sables bitumineux en est l'enjeux...caché.
      Alors qu'on nous parle de fromages, de voile (islamique) et de coopération...???!!!