L’Allemagne pourrait inspirer le Québec

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand

Le Québec imitera-t-il l’Allemagne qui interdira, à compter de 2030, les voitures à essence ? Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand n’écarte pas cette idée, du moins pour les camions.

Alors qu’il prononçait une allocution devant les membres de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ) réunis jeudi à Montréal pour leur colloque annuel, le ministre Arcand s’est lancé dans un plaidoyer en faveur d’une transition énergétique visant à réduire la dépendance des Québécois au pétrole. Il a alors cité le cas de l’Allemagne, qui, plus tôt cette semaine, a adopté une interdiction des véhicules à combustion interne pour 2030 : « Ceux qui pensent que c’est dans un horizon qui est à ce point lointain, vous voyez que les choses avancent rapidement. »

À l’issue de son discours, le ministre s’est montré prudent lorsque questionné sur la possibilité que le Québec emboîte le pas à l’Allemagne. « On n’est pas rendu là. Mais on a un marché du carbone. Il faut que les émissions baissent d’année en année », a-t-il dit.

Le ministre croit qu’il faudra mettre une insistance particulière sur les camions, source importante d’émissions de gaz à effet de serre (GES). « Je ne comprends pas qu’on ait autant de camions qui roulent au diesel. Il y a seulement 2 % des camions qui utilisent le gaz naturel. Les camions au diesel, ça pollue jusqu’à 11 fois plus qu’une automobile », a-t-il fait valoir.

Rappelons que dans le cadre de sa politique énergétique dévoilée en avril dernier, le gouvernement Couillard vise une réduction de 40 % de la consommation de pétrole d’ici 2030. Au chapitre des GES, l’objectif de Québec est de les réduire de 37,5 % en 2030 par rapport aux niveaux de 1990.

Selon le ministre Arcand, la création de Transition énergétique Québec, qui doit découler de l’adoption du projet de loi 106 sur les hydrocarbures, permettra de mieux coordonner les efforts pour atteindre les objectifs énergétiques.

Et la ligne bleue?

Le président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, a aussi pris la parole devant les membres de l’ATUQ. Il a notamment dévoilé quelques indicateurs de performance du réseau. Ainsi, les arrêts de service de plus de 5 minutes dans le métro ont baissé de 15 % en 2016 et 97,8 % des clients du métro arrivent à l’heure, a-t-il dit.

Questionné sur les possibles prolongements de métro au moment où celui-ci fête son 50e anniversaire, M. Schnobb a indiqué qu’une décision était attendue quant au prolongement de la ligne bleue, jugée prioritaire par le gouvernement du Québec. « Il y a des décisions qui seront prises prochainement, mais comme je l’ai dit à plusieurs reprises, cette décision n’appartient pas à la STM, a-t-il rappelé. Il est clair qu’il y aura des prolongements de métro d’ici les 50 prochaines années. »

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 14 octobre 2016 07 h 50

    Papa, explique-moi

    - Dis papa, comment peut-on d'un côté promouvoir un oléoduc et de l'autre interdire les camions qui ont des moteurs diésel?
    - Demande à ta mère.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 octobre 2016 17 h 58

      - Dis maman, c'est papa qui m'a demandé de te poser la question,comment peut-on d'un côté promouvoir un oléoduc et de l'autre interdire les camions qui ont des moteurs diésel?
      - Hé bien, repose la question à ton père!

  • Bernard Terreault - Abonné 14 octobre 2016 11 h 18

    2030 ?

    Ça me parait optimiste.