Mégantic: Trudeau dans la mire de citoyens exaspérés

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, était de passage à Montréal le 12 octobre dernier.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, était de passage à Montréal le 12 octobre dernier.

Si tout se déroule au rythme actuel, la voie de contournement de Lac-Mégantic risque de ne pas être prête avant 2023, soit 10 ans après la tragédie qui a coûté la vie à 47 personnes. Exaspérés, des citoyens comptent se rendre à Ottawa pour interpeller directement Justin Trudeau, a appris Le Devoir.

« On ne comprend pas la logique du gouvernement, qui attendra 2019 avant de prendre une décision définitive sur la voie de contournement. On se cache derrière des “délais” pour réaliser les études, mais concrètement, il n’y a aucune volonté politique », a déploré mercredi Robert Bellefleur, porte-parole Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.

De passage à Montréal, le ministre des Transports Marc Garneau a effectivement dit mercredi que la décision sera prise une fois que les études en cours seront terminées. La firme AECOM doit déposer en 2017 l’étude d’avant-projet préliminaire. Par la suite, une autre étude, plus définitive, est prévue pour 2018, alors que les plans pourraient être prêts en 2020, pour un début de construction en 2021. Tout cela pour un tronçon ferroviaire de 12 kilomètres.

Promesse électorale

« Je suis de très près l’étude qui se fait sur une voie de contournement. J’ai parlé au maire et je lui ai dit que s’il existe une possibilité d’accélérer le projet, ce serait une bonne chose. Mais c’est vraiment la Ville de Lac-Mégantic qui gère le projet », a précisé le ministre Garneau. Il n’a pas été possible d’obtenir de précisions de la Ville mercredi.

M. Bellefleur a toutefois rappelé qu’en campagne électorale, en 2015, le futur premier ministre Justin Trudeau avait signé une pétition des citoyens de Lac-Mégantic qui réclamait le retrait de la voie qui traverse la municipalité, mais aussi la construction d’une voie de contournement.

Depuis, des convois ferroviaires transportant des matières dangereuses circulent quotidiennement à Lac-Mégantic. « C’est comme si on se faisait mordre par un pitbull et qu’on nous demandait chaque jour d’aller promener ce chien », a illustré M. Bellefleur.

Lui et d’autres citoyens comptent donc se rendre directement au Parlement canadien cet automne dans le but d’interpeller directement Justin Trudeau. « Il faut comprendre qu’une bonne partie de la population vit toujours dans un état de choc post-traumatique, surtout que les convois passent toujours à toute heure du jour ou de la nuit », a insisté M. Bellefleur.

Selon une étude de la Santé publique de l’Estrie, pas moins de deux citoyens de Lac-Mégantic sur trois présentent en effet des manifestations de stress post-traumatique. Et le temps qui passe ne semble pas procurer d’apaisement, selon ce qu’on peut lire dans le rapport publié au début de l’année.

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