TransCanada compte exploiter le pipeline Énergie Est dès 2021

Des opposants au projet de pipeline Énergie Est ont manifesté jeudi devant le club privé St-James, au centre-ville de Montréal, sous la surveillance des services policiers.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Des opposants au projet de pipeline Énergie Est ont manifesté jeudi devant le club privé St-James, au centre-ville de Montréal, sous la surveillance des services policiers.

Malgré la suspension des audiences fédérales sur le projet Énergie Est et les délais probables dans l’évaluation environnementale québécoise, TransCanada demeure confiante de pouvoir exploiter son futur pipeline d’ici cinq ans.

La « mise en service » du pipeline de la pétrolière albertaine est bel et bien prévue pour 2021, a souligné le porte-parole de l’entreprise, Tim Duboyce, jeudi, en marge d’une manifestation d’opposants au projet Énergie Est, à Montréal.

« On ne s’attend pas à des délais » en raison de la suspension du processus d’évaluation de l’Office national de l’énergie (ONE), a-t-il ajouté. Selon le « calendrier » de réalisation d’Énergie Est, le gouvernement fédéral devrait prendre une décision dans ce dossier dès 2018, après avoir reçu la recommandation des commissaires de l’ONE qui évalueront ce projet.

L’entreprise aurait alors tout au plus trois ans pour construire toutes les infrastructures nécessaires afin de transporter chaque jour 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux vers l’est du pays et les marchés extérieurs.

Le hic, c’est que les trois commissaires fédéraux qui avaient débuté l’examen du pipeline ont été forcés de se récuser récemment, à la suite d’allégations de partialité. Deux d’entre eux avaient rencontré Jean Charest en 2015, alors qu’il était consultant pour TransCanada dans le cadre du projet Énergie Est.

Recommencer l’évaluation

Des groupes environnementaux avancent donc l’idée que le processus d’évaluation fédérale du projet devrait être repris depuis le début. Est-ce que la pétrolière accepterait de tout reprendre à zéro ? « La décision appartient à l’ONE et nous allons nous conformer à leur décision », a simplement répondu Tim Duboyce.

Quant au processus d’évaluation environnementale du Québec, il devait normalement reprendre dès le mois d’octobre, avec le début des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Or, selon ce qu’a révélé Le Devoir la semaine dernière, l’examen pourrait prendre plus de temps que ce qui avait été annoncé au printemps dernier.

« L’échéancier du gouvernement mentionné en avril dernier et entourant l’étude de cet éventuel projet est à titre indicatif seulement. D’aucune manière le Québec n’est lié de façon stricte par cet échéancier », a alors indiqué le cabinet de presse du ministre de l’Environnement David Heurtel.

Manifestation à Montréal

Jeudi, des opposants au projet de pipeline Énergie Est ont manifesté devant le club privé St-James, au centre-ville de Montréal, sous la surveillance des services policiers.

C’est là que le vice-président du projet Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, prononçait sur l’heure du midi un discours à la tribune de l’Association pipeline, une organisation regroupant des membres de l’industrie et dont la mission est de « promouvoir l’activité technique et économique dans le domaine du transport d’énergie, principalement dans le secteur du pipeline ».

La trentaine de manifestants ont hué chacun des invités qui entraient dans le club en prévision de la conférence de M. Bergeron, intitulée « Les pipelines sont-ils toujours pertinents en 2016 ? ». La manifestation s’est déroulée dans le calme.

Interpellé au sujet de la présence de manifestants, le porte-parole de TransCanada s’est dit « très fier de vivre dans une société où les gens ont le droit de s’exprimer et dire ce qu’ils pensent d’un projet comme le nôtre ».

Il a toutefois reconnu que le pipeline Énergie Est soulève des inquiétudes. « Nous sommes très conscients que les gens ont des questions sérieuses et des préoccupations. Nous reconnaissons qu’il est normal que les gens se posent des questions sur l’eau potable et la sécurité », a fait valoir Tim Duboyce.

Est-ce que TransCanada serait prête à mettre une croix sur ce projet ? « Nous continuons de le développer », a-t-il répliqué.

Consultez notre dossier sur les enjeux d'Énergie Est pour le Québec

2 commentaires
  • André Mainguy - Inscrit 29 septembre 2016 20 h 07

    Énergie Est

    Tous les climatologues le disent : Il faut freiner la consommation d'énergie fossile.

    Le Québec n'a aucun avantage à voir sur son territoire un oléoduc qui risque de polluer des rivières qui se h=jettent en grande partie dans le St-Laurent.

    Qui voudrait s'entendre dire, le St-Laurent est devenu le Gange du Nord.

    Est-ce que ces beaux navires blancs de croisière qui remontent le St-Laurent viendrait salir leur coque, je ne le crois pas !

    On dirait qu'en 2016, les miroirs réfléchissent encore, alors que l'homme a cessé de réfléchir à l'avenir de la planète.

    • Raymond Lutz - Inscrit 30 septembre 2016 08 h 09

      je précise: il faut _cesser_ la combustion des hydrocarbures et même passer à la captation du CO2.