Québec appuie le projet de port d’exportation à Gaspé

Tugliq vient de déposer une demande de permis à l’ONE pour exporter une bonne partie du gaz naturel qui serait exploité dans le cadre du projet Bourque.
Photo: Petrolia Tugliq vient de déposer une demande de permis à l’ONE pour exporter une bonne partie du gaz naturel qui serait exploité dans le cadre du projet Bourque.

Le gouvernement Couillard appuie sans réserve le projet de port d’exportation de gaz naturel liquéfié que l’entreprise Tugliq espère implanter à Gaspé. Québec n’exclut d’ailleurs pas un soutien financier public pour ce projet, qui permettrait d’exporter du gaz exploité par Pétrolia.

Le Devoir révélait jeudi que Tugliq, partenaire de Pétrolia, vient de déposer une demande de permis à l’Office national de l’énergie (ONE) pour exporter une bonne partie du gaz naturel qui serait exploité dans le cadre du projet Bourque, financé notamment par Québec.

Le gouvernement a toujours vanté ce projet en insistant sur le fait que le gaz produit servirait à alimenter des entreprises québécoises. Mais il se dit également favorable à l’idée d’exporter le gaz qui sera exploité. « Les Québécois pourront bénéficier pleinement des retombées qui en découlent puisque notre gouvernement en est le partenaire », a d’ailleurs répondu jeudi le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Le cabinet a aussi rappelé que des volumes de gaz seraient réservés pour répondre à une éventuelle demande au Québec, notamment des compagnies minières. Dans sa demande déposée le 30 août à l’ONE, Tugliq émet toutefois plusieurs réserves par rapport à la future demande locale en gaz naturel liquéfié (GNL). Globalement, l’entreprise estime que le développement du marché québécois « est actuellement incertain ».

Acheteurs internationaux

Le marché international lui apparaît plus intéressant, car « le prix du GNL produit par le projet sera compétitif en comparaison des cours mondiaux de cette commodité, et de ce fait attrayant pour les acheteurs internationaux de gaz naturel ». Tugliq précise même être « en discussion afin de conclure des ententes avec des acheteurs potentiels qui viendraient s’approvisionner au point d’exportation ».

Si le projet se concrétise, le gaz exploité serait transporté jusqu’à la baie de Gaspé par un gazoduc de 60 kilomètres. Une « usine de liquéfaction flottante » serait installée dans le secteur du quai industriel de Sandy Beach, à environ trois kilomètres du centre-ville. C’est là que viendraient s’amarrer les méthaniers pour l’exportation, des navires d’environ 250 mètres de longueur sur 45 mètres de largeur. Il s’agirait de navires d’une taille similaire à ceux qui devaient importer du GNL dans le cadre du projet Rabaska.

Le gouvernement Couillard se dit ouvert à offrir du financement public à ce projet. « Le gouvernement n’a pas reçu pour l’instant de demande du promoteur pour le financement des installations portuaires, mais nous accordons une grande importance aux projets comme celui de Pétrolia, qui en plus de s’intégrer dans la Stratégie maritime présentée en juin dernier, nous laisse présager des avenues exceptionnelles sur le plan maritime au Québec. »

La Ville de Gaspé est elle aussi favorable au projet de Tugliq, tout comme elle croit que celui-ci « sera vu favorablement par une grande majorité des citoyens ». Elle estime cependant qu’il serait souhaitable de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour qu’il mène une évaluation du projet gazier Bourque avant une éventuelle mise en exploitation.

7 commentaires
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 2 septembre 2016 05 h 44

    Mandater un BAPE = bonifier un projet

    Il est heureux que la Ville de Gaspé demande au gouvernement de mandater le BAPE pour une évaluation du projet gazier Bourque. Espérons qu'il le fera malgré l'appui du gouvernement actuel. J'écris «malgré» seulement parce que le gouvernement semble moins enclin à mandater le BAPE lorsqu'il met de l'argent dans un projet (Exemple: la cimenterie de Port-Daniel). Par delà les excès de langage des promoteurs relayés par les médias, nous connaîtrons alors mieux ce projet en terme de protection de l'environnement, d'acceptabilité sociale et de développement économique durable...gaspésien et mondial puisque le gaz transporté sera essentiellement destiné à l'exportation. Me rappelant le projet Rabaska, est-il vrai que le méthane est un produit détonnant et qu'il s'enflamme au contact de l'eau de mer? Est-il exact qu'il est tellement dangereux de l'emmagaziner et de le transporter que peu de grandes localités portuaires nord-américaines veulent un tel projet? J'aimerais savoir.

  • Daniel Grant - Abonné 2 septembre 2016 08 h 30

    Gaspé deviendrait le Frackeinstein du Québec

    Et la bonne nouvelle c'est quoi?

  • Denis Paquette - Abonné 2 septembre 2016 11 h 16

    au ciel un jour j'irai

    nous savons tous que ce premier pas est surtout de défoncer l'inacceptabilité des québécois combien de lobbys vous penser travaillent a ce moment a nous en convaincre , il faut bien qu'ils y arrivent tous les autres l'ont refusé, ne dit on pas trahis et abandonnés un jour, trahis et abandonnés pour toujours, combien de jours encore le parti liberale tiendra le coup, combien de temps encore pourront-ils survivrent, sans ces petits apports tellement utiles, enfin, que reste-il d'autres a un peuple vaincu que d'accepter, ces petits cadeaux utiles n'est-ce pas notre sort depuis longtemps, dire que c'est nous qui avons exploré ce continent, au comment riche que nous en sommes devenus gaga, il ne suffisait que de nous convaincre que ce qui importait c'était le ciel

  • Brigitte Garneau - Abonnée 2 septembre 2016 14 h 56

    Le Québec: le cobaye canadien du saccage environnemental!

    Grâce à notre bon gouvernement,si sensible à l'environnement et au bien-être de ses citoyens, le Québec, malgré ses paysages magnifiques et uniques est en train de se transformer en plaie béante et puante...Maintenant qu'on sait que les bélugas sont en voie de disparition (c'est officiel!), vive ces beaux projets d'envergure pour le futur! Adieu l'industrie touristique (il faut croire que ce n'est pas bon pour l'économie), adieu la pêche (il n'y aura bientôt plus de poissons comestibles) et comme nous serons tous malades, tous les médecins seront bien occupés...

  • André Savary - Abonné 3 septembre 2016 08 h 10

    Folie furieuse

    Pourquoi ce gouvernement prend il plaisir a tout détruire? Apres avoir démoli le système d'éducation, laissé les soins de santé dépérire maintenant on passe aux choses sérieuses!! On detruit notre environnement!

    Champion producteur d'électricité, on est même pas foutu d,avoir des transport en commun électrifiés pourtant ailleurs c'est la norme!
    Non! on investi avec ses amis dans le gaz et le pétrole...
    de la stupidité, de l'aveuglement ou simplement de la cupidité???

    • Brigitte Garneau - Abonnée 3 septembre 2016 12 h 38

      "...de la stupidité, de l'aveuglement ou simplement de la cupidité???" Je vous répond bien humblement: les trois à la fois! Bienvenue au ROYAUME DES IMBÉCILES!

      P.S: J'ai l'impression de venir d'une autre planète avec ma voiture électrique.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 septembre 2016 13 h 33

      Tout comme vous...je suis "déstabilisée" devant de telles absurdités
      de la part du gouvernement Couillard Inc.

      Mais n'est-ce pas le but visé par ce gouvernement, de NOUS "déstabiliser" et de NOUS "écoeurer" (excusez)....C'est pourquoi, il faut continuer à se mobiliser, à se battre, à commenter, etc...etc...
      Il faut leur tenir tête...Il faut sensibiliser nos concitoyens...

      Merci à Alexandre Shields et tous ceux, qui comme lui, nous apportent l'information pertinente sur l'état de notre État québécois!