Montréal n’a pas besoin d’un nouvel oléoduc, insiste Denis Coderre

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a sommé les défenseurs d’Énergie Est de cesser de faire de la « petite politique ».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le maire de Montréal, Denis Coderre, a sommé les défenseurs d’Énergie Est de cesser de faire de la « petite politique ».

Denis Coderre a salué mercredi la décision de l’Office national de l’énergie (ONE) de suspendre les audiences sur le projet de pipeline Énergie Est. Mais le maire ne croit pas que Montréal ait besoin d’un nouvel oléoduc.

« C’est la seule chose qu’on devait faire », a indiqué M. Coderre lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif mercredi matin, alors qu’il commentait la décision prise la veille par l’ONE de mettre en veilleuse les audiences sur le projet de pipeline de TransCanada.

Le maire n’est cependant pas prêt à donner un « chèque en blanc » à l’entreprise s’il devait y avoir d’autres audiences. « Avec un projet comme ça, c’est non. S’il change, si c’est un nouveau projet, à ce moment-là, ce sera un nouveau processus et on verra. Mais pour autant que je sois concerné, on n’a pas besoin de faire un nouveau pipeline qui va passer par Montréal », a-t-il expliqué.

Le maire a sommé les défenseurs d’Énergie Est de cesser de faire de la « petite politique » sur le dos des Québécois et des opposants au projet. « Nous, on n’est pas dogmatiques. On avait dit oui à Enbridge parce qu’ils ont rempli les conditions qu’on s’était imposées. Là, non seulement on ne remplit pas les conditions, mais, un peu de façon cavalière, cette entreprise-là [TransCanada] pense que tout lui est dû et on donne l’impression que c’est juste le fédéral qui va décider. »

Rappelons que, mardi, l’ONE a annoncé la suspension des audiences publiques sur le pipeline Énergie Est afin de décider du sort de deux des trois commissaires qui ont rencontré Jean Charest alors que celui-ci agissait comme consultant pour TransCanada.

« On espère que l’ONE trouvera des solutions. On est prêts à participer aux audiences, mais on pense qu’il y a un test de crédibilité qu’on doit régler. Ça n’enlève pas ma confiance en l’organisation et en son président [Peter Watson] », a dit le maire, même si M. Watson avait lui aussi participé à la rencontre avec Jean Charest.

Denis Coderre souhaite maintenant une « réorganisation » des audiences de l’ONE et la nomination de nouveaux commissaires.

Un processus parallèle ?

Pour l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), il est temps que l’ONE mette un terme à l’examen du projet Énergie Est. « L’ONE est incapable de faire l’examen du projet Énergie Est dans le respect des droits fondamentaux des Premières Nations », a souligné le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, qui envisage de proposer aux autres chefs de mettre sur pied leur propre processus d’examen pour tout projet d’exploitation de ressources sur les territoires traditionnels des Premières Nations.

À l’instar du maire Coderre, le porte-parole du Bloc québécois en matière de pipelines, Luc Thériault, croit que Montréal n’a pas besoin d’un oléoduc qui passe sur son territoire. Il a reproché aux libéraux d’avoir permis la poursuite des audiences sur Énergie Est même si le gouvernement Trudeau a mandaté un comité d’experts pour revoir le processus d’évaluation des projets de pipeline et que son rapport est attendu d’ici le 31 janvier prochain.

9 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 1 septembre 2016 08 h 16

    L'unité nationale

    Et l'unité nationale, monsieur le maire, que faites-vous de l'unité nationale?
    Quand on est fédéraliste d'obédience libérale, et ancien ministre de surcroît, l'unité nationale est un concept qui passe avant les petites mesquineries des empêcheurs de tourner en rond qui s'opposent au progrès.
    Le Canada en a assez de ces paravents qui affichent leurs convictions que quand ça fait leur affaire. Il serait temps, monsieur le maire, que vous compreniez et acceptiez l'évidence inéluctable : le Canada est un tout indissociable que l'on embrasse dans son entièreté : "got the message"?

    • Armand Morissette - Inscrit 1 septembre 2016 10 h 43

      Le progrès pour vous M. Dugal serait-il d'accélérer le réchauffement climatique et de faire de l'approvisionnement en eau potable le casse-tête du futur.
      Quant aux convictions de monsieur Coderre pour servir le bien commun, elles ne sont plus à démontrer, lui qui est monté au front pour réparer l'unique collecteur d'eaux usées de Montréal malgré les embûches du fédéral et de la meute journalistique.Il a sacrifié quelques jours pour 25 ans de bon fonctionnement. Il méritait des félicitations, on l'a taxé du "flushgate".

    • François Dugal - Inscrit 1 septembre 2016 11 h 06

      Ne soyez pas mesquin, monsieur Morisette, nos concitoyens albertains ont besoin de notre collaboration afin de mettre en valeur leurs magnifiques ressources naturelles, il en va de la santé économique du "plusse meilleur" pays du monde.
      Quant au réchauffement climatique, cette notion hypothétique ne fait malheureusement pas parti des "valeurs canadiennes".

    • Armand Morissette - Inscrit 1 septembre 2016 20 h 34

      Ah! M. Dugal, je vous ai compris.

    • François Dugal - Inscrit 1 septembre 2016 23 h 08

      CQFD

    • Daniel Grant - Abonné 3 septembre 2016 15 h 38


      @M. François Dugal
      Quelles excuses avons-nous de choisir une industrie qui met en péril les autres.

      En réponse à des propos démagogiques, rien de plus prévisible que de voir apparaître la mesquinerie.

      Je pense que nos concitoyens albertains ont compris qu’ÉnergieEst n’est pas un projet de société pour rassembler les canadiens, c’est plutôt un projet de sociétés cotés en bourse qui veulent marchander le Canada, siphonner les subventions et le fond souverain, les réductions d’impôt, les financements généreux de la BCD et de réduire les royautés le plus possible pour que les profits restent privés et que les dégâts soient payés par nos taxes.

      Les citoyens d’Alberta savent qu’on a besoin d’un autre modèle d’affaire du XXI siècle pour un avenir durable au Canada, mais ils sont au prise avec la machine de guerre des pétroleux qui ont beaucoup d’argent pour manipuler la vérité.
      Le sable bitumineux est une ressource qui requiert une extraction “extrême” qui démoli l’environnement et c’est loin d’être naturel.

      Les albertains sont déjà très occupé a former les ex-travailleurs du pétrole aux énergies renouvelables (soleil, vent, géothermie, marée) et si on est pas vigilants au QC avec notre énergie propre nous devrons acheter de l’énergie propre des albertains dans le futur.

      Quant au réchauffement climatique M.Dugal elle n’est hypothétique que pour les “marchands de doute” nous les canadiens croyons les scientifiques et non pas les intégristes de l’extraction.

      La croissance économique proposée par les gazières/pétrolières ne sera jamais assez forte pour réparer les dommages à l’environnement nécessaire à l’humanité et à toutes les autres industries qu’on a besoin pour notre santé et celle de l’économie.

      CQFD

  • Denis Miron - Inscrit 1 septembre 2016 09 h 30

    Oléoduc olé olé

    Ils ne savent plus quoi inventer pour contourner les règles et tricher. Faire appel à Jean Charest comme consultant est très révélateur d'un sens éthique et moral de basse étage.
    Peu importe qui ils mettront pour remplacer ces commissaires, c'est l'ONE qui s'est brûlé les ailes... Il n'y a plus aucune crédibilité à attendre de cette organisation

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 septembre 2016 10 h 53

    Qui dit le contraire?

    Personne n'affirme que cet oléoduc est bâti pour Montréal!

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 2 septembre 2016 10 h 30

      L'oléoduc n'est pas bâti pour Montréal, certes, mais passera tout-de-même pas Montréal et surtout Ville de Laval et beaucoup d,autres villes...Alors...Coderre n'a-t-il pas raison de s'y opposer, de soutenir le maire Demers et les autres nombreux maires qui défendent lintégrité environnementale de leur territoire ?