Anticosti: les sites de forages seront aménagés «sous peu»

Ces forages pourront être menés en puisant plus de 30 millions de litres d’eau dans quatre rivières d’Anticosti, dont la Jupiter.
Photo: Source «Anticosti: la chasse au pétrole extrême», Rapide-Blanc Ces forages pourront être menés en puisant plus de 30 millions de litres d’eau dans quatre rivières d’Anticosti, dont la Jupiter.

La préparation des sites pour les forages avec fracturation sur l’île d’Anticosti débutera « sous peu », a annoncé mardi Hydrocarbures Anticosti. Les fonds publics nécessaires pour la réalisation des forages n’ont toutefois pas encore été débloqués, selon ce qu’a précisé au Devoir Investissement Québec.

Pour le moment, précise le communiqué émis par l’entreprise Pétrolia, il est seulement prévu de déboiser et de préparer les sites des trois forages. « Des bassins y seront aménagés dès cet été pour contenir l’eau nécessaire aux travaux de forage et de parachèvement (fracturation hydraulique) », peut-on lire dans le communiqué.

« Comme pour les travaux réalisés antérieurement, la société appliquera les meilleures politiques de santé, sécurité et de protection de l’environnement, fait également valoir le bref document. Les sites de forages seront préparés en conformité avec les standards les plus élevés de l’industrie et en tenant compte des besoins exprimés par la communauté anticostienne lors de la consultation publique. »

30 millions de litres

Ces trois sites ont été choisis par Hydrocarbures Anticosti à la suite des 12 forages menés dans différents secteurs de l’île en 2014 et 2015. Le gouvernement du Québec a d’ailleurs donné le feu vert aux forages avec fracturation en juin dernier.

Ces forages pourront être menés en puisant plus de 30 millions de litres d’eau dans quatre rivières d’Anticosti, révélait aussi Le Devoir en juillet. Deux de ses rivières abritent des populations de saumon de l’Atlantique, dont la Jupiter, la plus importante rivière du genre sur l’île. Les importantes quantités d’eaux usées des forages seront par la suite traitées directement sur l’île, avant d’être rejetées dans le golfe.

C’est l’opérateur des travaux sur le terrain, l’entreprise Pétrolia, qui dirigera les opérations au nom de la Société en commandite Hydrocarbures Anticosti. L’État québécois est cependant le principal bailleur de fonds de ce projet d’exploration, avec un investissement minimal de 57,7 millions.

Fonds à venir

Le communiqué publié mardi ne précise par ailleurs pas quand seront réalisés les trois prochains forages prévus dans le programme d’exploration. « Les travaux de forage avec fracturation n’auront probablement pas lieu cette année », a simplement répondu la porte-parole d’Investissement Québec, Chantal Corbeil. C’est Investissement Québec et sa filiale Ressources Québec qui gèrent la participation financière du gouvernement dans le projet de recherche de pétrole et de gaz de schiste.

Qui plus est, les fonds publics qui doivent servir à financer les forages avec fracturation ne sont toujours pas au rendez-vous. « Nous n’avons pas débloqué les fonds pour la réalisation des trois forages avec fracturation, a précisé Mme Corbeil, dans une réponse transmise par courriel. Nous avons voté un budget minimal pour effectuer les travaux préparatoires pour les forages. Cela consiste en des travaux de déboisement, de nivelage et de compactage des sites. »

Les forages à venir pourraient mener à de nouveaux forages, dans le but confirmer s’il existe bel et bien un gisement de pétrole de schiste qui puisse être exploité sur Anticosti. Les trois forages avec fracturation prévus servent en effet à compléter la « phase 1 » du programme d’exploration. Dans le cadre de la « phase 2 », des « travaux supplémentaires » pourraient être menés.

Cette nouvelle étape dans le projet d’exploration survient alors que la municipalité de L’Île-d’Anticosti compte entreprendre des démarches en vue de faire inscrire l’île sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une demande d’injonction permanente, déposée par les Innus de Mingan dans le but de bloquer les futurs forages sur Anticosti, doit être entendue plus tard cette année.

Consultez notre dossier «Anticosti, seule face au pétrole tout-puissant»

13 commentaires
  • Solange De Billy Tremblay - Abonnée 23 août 2016 18 h 35

    Forages à Anticosti

    Cette nouvelle va me faire vomir....

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 24 août 2016 07 h 14

    Dans les faits, l'exploration vient de commencer

    Quoique l'on dise, l'exploration vient effectivement de commencer et elle sera dommageable pour les rivières à saumon. La compagnie le sait bien et c'est pour cette raison qu'elle clame haut et fort sa volonté de respecter les plus hautes normes de toutes sortes. Par contre, pas question de révéler les travaux à venir et de nous informer sur les normes qui seront effectivement suivies. Par question d'en permettre aussi la vérification par un organisme non gouvernemental impartial ! Pas question d'acceptabilité sociale non plus! J'espère que les personnes soucieuses du respect de l'environnement ne se laisseront pas berner, redoubleront de vigilance, poursuivront leur mobilisation et prépareront bien leurs recours judiciaires. Quant au ministère de l'environnement du Québec, et bien...Anticosti...c'est au bout du monde une fois le mois de septembre arrivé...

  • Robert Aird - Abonné 24 août 2016 10 h 30

    Une honte

    Je suis dégoûté que mon gouvernement participera à la destruction d'Anticosti. Tout ça pour engraisser une clique. C'est qu'il n'y a absoluement rien de bon dans ce sale projet, les excellents reportages de M. Shields n'ont jamais cessé d'en faire la démonstration implacable. La compagnie parle de standards environnementaux. Peuh! L'exploitation par fracturation est une catastrophe écologique comme celle du pétrole bitumineux. La technologie n'existe tout simplement pas pour l'empêcher. Et qu'en je pense qu'une large partie du territoire québécois n'est pas à l'abri de ce carnage annoncé...J'enrage!

  • Denis Paquette - Abonné 24 août 2016 11 h 08

    allez donc éjaculer ailleurs

    quels hommes d'un autre age, que va valoir cette ile quand les neandertaliens y auront laisser leurs traces préhistoriques n'est ce pas une maladie mentale de vouloir laisser leur trace partout, je savais que c'était dans la nature des chats mâles mais je ne savais pas que c'était dans la nature de certains humains de nous infecter de leur libido maladive

  • Denis Paquette - Abonné 24 août 2016 11 h 08

    allez donc éjaculer ailleurs

    quels hommes d'un autre age, que va valoir cette ile quand les neandertaliens y auront laisser leurs traces préhistoriques n'est ce pas une maladie mentale de vouloir laisser leur trace partout, je savais que c'était dans la nature des chats mâles mais je ne savais pas que c'était dans la nature de certains humains de nous infecter de leur libido maladive