Un narval dans le Saint-Laurent

Son patron de coloration, tacheté noir, le distingue clairement des bélugas, d’un blanc immaculé. Et il est doté de la fameuse corne.
Photo: GREMM Son patron de coloration, tacheté noir, le distingue clairement des bélugas, d’un blanc immaculé. Et il est doté de la fameuse corne.

Phénomène pour le moins exceptionnel dans l’estuaire du Saint-Laurent : un narval, ou « licorne des mers », cétacé qui vit habituellement autour du cercle arctique, nage dans les eaux de l’estuaire depuis maintenant plus de trois semaines. Et il y côtoie des bélugas.

Cette baleine à dents, qui peut atteindre une longueur de quatre à cinq mètres, vit habituellement en petits groupes dans les eaux de l’Arctique canadien, ou encore au large du Groenland. L’estuaire du Saint-Laurent se trouve donc à des milliers de kilomètres de son habitat naturel.

Or, l’équipe du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) a eu la chance d’en observer un au large de Trois-Pistoles à la fin du mois de juillet. L’animal, un adulte doté de la fameuse corne caractéristique de l’espèce, nageait alors parmi un groupe de quelques dizaines de bélugas, qui ne semblaient pas être perturbés par sa présence.

L’animal a ensuite été revu au large des Escoumins, près de la Côte-Nord, une semaine plus tard. Il était, encore une fois, au milieu d’un groupe de bélugas, une espèce de cétacé apparentée au narval.

Difficultés pour l’espèce

Son patron de coloration, tacheté noir, le distinguait toutefois clairement des bélugas d’un blanc immaculé. Le narval a aussi été revu mercredi de cette semaine, encore une fois au large de Trois-Pistoles, et toujours parmi un groupe de bélugas.

Que fait un narval dans l’estuaire du Saint-Laurent ? Les spécialistes des cétacés s’expliquent mal sa présence dans les eaux québécoises. Mais bien que le narval ne soit pas une espèce du Saint-Laurent, un narval avait déjà été observé par un chercheur le 25 août 2003, lors d’un survol aérien pour le dénombrement de bélugas, réalisé par Pêches et Océans Canada, en plein coeur du parc marin, entre Les Bergeronnes et Tadoussac.

La population mondiale de narvals est estimée à environ 50 000 individus, mais elle montrerait des signes de déclins. Les bouleversements climatiques et les perturbations liées à l’activité humaine dans l’Arctique pourraient expliquer en partie les difficultés pour l’espèce.

Une autre espèce de mammifère marin de l’Arctique, le phoque barbu, a déjà été observée à quelques reprises dans le sud du Québec au cours des dernières années. Un phoque adulte, reconnaissable à ses grandes moustaches, a même passé presque une année complète dans la rivière Saint-Maurice, en amont de Trois-Rivières.

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 20 août 2016 03 h 01

    Ti-Coune...

    Un narval chez les bélugas ?
    "Heureusement pour l'animal que cette dernière espèce est moins intelligente que la nôtre !", déclara Ti-Coune.
    "Parce si elle l'était, cet abus de territoire ne durerait pas très longtemps.", ajouta-t-il...

    Tourlou quand même !

  • Nicolas RC Naudin - Inscrit 22 août 2016 06 h 06

    Un ARVA (L) dans le St Laurent??

    Ne connaissant que quelques cétacés, dont Cne Crochet dont je regrette la disparition depuis 1 ou 2 ans, cette espèce m'était inconnue et pourtant, en français dans le texte et avec la liaison, j'ai fait de bien drôles associations ... En effet, ARVA= appareil de recherche de victimes d'avalanches et en creusant un peu plus loin mais sans faire de pub, la société ARVAL loue des voitures longue durée.
    En ayant skié au Massif, un ARVA pouvait en effet faire du sens dans le St Laurent!!
    Bel article et belle découverte ... mais alors des courants très froids descendraient-ils plus bas que d'habitude en cette saison et pleine période de réchauffement???