Pétrolia lance de nouveaux forages

Le projet gazier Bourque, situé en Gaspésie
Photo: Pétrolia Le projet gazier Bourque, situé en Gaspésie

Au moment où on débat du projet de loi qui encadrera l’exploration pétrolière et gazière au Québec, l’entreprise Pétrolia a annoncé jeudi matin le début de nouveaux travaux de forage dans le cadre du projet gazier Bourque, situé en Gaspésie. Le gouvernement Couillard a injecté 12,3 millions de dollars dans ce projet.

Par voie de communiqué, l’entreprise a indiqué qu’elle mènerait d’abord des travaux d’exploration dans un puits déjà foré, en y ajoutant un « drain » horizontal de plus de 1750 mètres. Elle doit ensuite forer un « nouveau puits » à près de 1300 mètres, pour ensuite le poursuivre à l’horizontale, et ce, sur une distance de 1650 mètres.

Une fois ces opérations terminées, « des tests de production seront effectués dans les deux puits successivement afin de connaître les données de production naturelle » de la formation géologique dans laquelle les puits ont été forés, à l’est de Murdochville.

Gaz naturel

« La formation géologique du Forillon de la propriété Bourque est la continuité de la même formation géologique couvrant les permis de Galt dont les résultats des tests de production conduits par une autre société sont très encourageants », a fait valoir Pétrolia. Les permis de Galt sont détenus par l’entreprise Junex, qui y mène actuellement des travaux afin d’en déterminer le potentiel pétrolier.

Dans le cas de Bourque, Pétrolia mise surtout sur une éventuelle production de gaz naturel. Les travaux d’exploration doivent d’ailleurs permettre à l’entreprise de mettre en place, en collaboration avec son partenaire Tugliq Énergie, « un projet-pilote d’extraction et de liquéfaction de gaz naturel ».

Selon les scénarios déjà présentés, un gazoduc d’une soixantaine de kilomètres pourrait aussi être construit pour rejoindre la ville de Gaspé, où serait installée une usine flottante de liquéfaction. C’est de là que partiraient les navires pour la livraison du gaz naturel, mais seulement si le projet Bourque atteint le stade de l’exploitation.

Émissions de GES

Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, ont présenté le projet Bourque comme un bon projet pour le Québec, en misant sur le fait que le gaz naturel pourrait représenter une source d’énergie de « transition ». La nouvelle stratégie énergétique en fait d’ailleurs état.

Une étude menée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a toutefois conclu que les gisements gaziers qu’on retrouverait en Gaspésie pourraient générer des émissions de gaz à effet de serre (GES) nettement plus importantes que ce qui a été dit jusqu’à présent pour faire la promotion de ces projets dits « conventionnels ».

En fait, l’étude produite dans le cadre de l’évaluation environnementale stratégique (EES) souligne que les émissions de GES découlant de l’exploitation des structures Bourque, Galt et Haldimand (les trois cibles de l’exploration en Gaspésie) se situeraient « dans la moyenne des émissions liées à l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste nord-américain ».

Le hic, c’est qu’il sera difficile d’avoir l’heure juste sur le bilan des émissions de GES des projets de Pétrolia et de Junex en Gaspésie, s’ils sont lancés un jour. Le gouvernement Couillard a décidé de les étudier uniquement dans le cadre de l’EES réalisée avant le dépôt du projet de loi sur les hydrocarbures. Aucune évaluation indépendante n’est prévue, par exemple sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.
 

Consultez la carte des permis d'exploration pétrolière et gazière en vigueur au Québec

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