Un oléoduc pour diversifier les exportations du pétrole albertain

La première ministre et chef du NPD albertain, Rachel Notley
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne La première ministre et chef du NPD albertain, Rachel Notley

La construction de nouveaux oléoducs comme Énergie Est servira d’abord à « diversifier » les exportations des pétrolières qui exploitent les sables bitumineux de l’Alberta, affirme la première ministre de la province, Rachel Notley. Les partisans du controversé projet de TransCanada évoquent plutôt la volonté de réduire les importations canadiennes.

Dans le cadre d’une entrevue publiée dans la plus récente édition du magazine L’Actualité, la néodémocrate Rachel Notley insiste à quelques reprises sur la nécessité de pouvoir acheminer la production pétrolière du pays à différents marchés dans le monde.

Pourquoi les Québécois devraient-ils dire oui à l’oléoduc Énergie Est, alors que deux projets moins ambitieux sont bloqués en Colombie-Britannique ? « On a besoin de diversifier nos exportations et d’acheminer notre pétrole vers d’autres marchés, peu importe la direction. Il y a des projets vers l’est et vers l’ouest. Je ne suis pas difficile, je prendrais les deux ! [Rire] », souligne Mme Notley.

De telles infrastructures de transport du pétrole brut permettraient surtout aux entreprises du secteur des énergies fossiles d’obtenir un meilleur prix pour leur production, selon la première ministre albertaine. « En exportant le pétrole vers un seul client, les États-Unis, nous n’en tirons pas le maximum de bénéfices. Nous sommes dépendants de ce seul client. »

Dans ce contexte, « la construction de nouveaux oléoducs fait partie de la stratégie visant à diversifier nos exportations, ce qui nous permettra de retirer un meilleur bénéfice par baril ».

Oléoduc d’exportation

Au lieu d’insister sur la nécessité de diversifier les marchés d’exportation pour les pétrolières, les partisans de l’oléoduc Énergie Est mettent habituellement de l’avant l’argument voulant que le projet permettrait de remplacer les importations de pétrole brut dans l’Est du pays.

Or, dans le meilleur des scénarios actuellement sur la table, pas moins de 900 000 barils transportés chaque jour par l’oléoduc seraient directement destinés à l’exportation. TransCanada souhaite notamment exporter du brut vers les États-Unis, l’Europe et l’Inde.

Pas moins de 281 pétroliers pourraient quitter les infrastructures portuaires de Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) pour aller rejoindre les marchés extérieurs au Canada. La pétrolière est également à la recherche d’un autre site pour construire un port qui permettrait d’exporter du pétrole transporté par Énergie Est. Ce site pourrait éventuellement se situer sur les rives du Saint-Laurent.

Non aux redevances

La première ministre Notley estime en outre que, dans le dossier Énergie Est, le Québec est en droit de mener « des études environnementales et de bien analyser le projet afin de s’assurer qu’il est sûr. Je ferais la même chose si un oléoduc s’apprêtait à traverser ma cour arrière, alors, je comprends ».

« Au Canada, nous avons un processus d’approbation de plus en plus rigoureux, ce qui est bien », poursuit-elle, avant d’ajouter que la « prospérité » pétrolière profite « à tous les Canadiens », y compris les Québécois.

Mme Notley ne croit par ailleurs pas à l’idée d’une redevance qui serait versée aux provinces traversées par un oléoduc comme Énergie Est, qui transportera chaque jour 1,1 million de barils. « Il faut éviter de multiplier les barrières et les obstacles entre les provinces. Il faut fonctionner comme un pays, une nation, si on veut avoir du succès. »

Mme Notley espère aussi favoriser la transformation de la production d’or noir en Alberta. Ainsi, « nous aurons plus de moyens pour investir dans la lutte contre les changements climatiques », prédit-elle. « En tant que citoyens du monde, c’est notre responsabilité de combattre les changements climatiques », insiste-t-elle dans L’Actualité.


Consulter notre carte interactive et notre page sur le projet d'Énergie Est

19 commentaires
  • Louise Nepveu - Abonnée 15 août 2016 16 h 21

    On le savait

    Ceux qui ont suivi les articles solidement documentés de M. Shields depuis le début savent que le Québec sera une autoroute pour le pétrole albertain avec, à la clé, 33 emplois permanents. Je ne sais qui aura la grandeur d'âme suffisante pour s'exalter devant l'idée de servir la nation canadienne au point de compromettre une ressource vitale comme l'eau. À part la FTQ-construction qui retarde d'un siècle et les individus prêts à se vendre aux plus offrants, il faut espérer que l'immense majorité des Québécois se dresseront face à cette folie destructrice.

    • Lise Bélanger - Abonnée 16 août 2016 09 h 00

      En effet, nous devons nous lever, nous opposer à cette folie destructrice du Québec pour accomoder entre autre, le Nouveau-Brunswick.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 août 2016 17 h 18

    Rien a dire.

    Elle sait déja qu on n'en veut pas.Point.Non c'est non.C'est si difficile a comprendre?

    • Patrick Boulanger - Abonné 16 août 2016 15 h 50

      M. Grisé, l'appui au projet au Québec monte à 48% selon un sondage datant de mars 2016. J'ignore quel est le pourcentage des Québécois qui sont contre l'oléoduc, mais il est permis de croire qu'il est probablement inférieur à ce pourcentage (il y a certainement des indécis...). En outre, le PLQ semble plutôt favorable à ce projet d'oléoduc canadien.

  • Patrick Boulanger - Abonné 15 août 2016 17 h 43

    « En tant que citoyens du monde, c’est notre responsabilité de combattre les changements climatiques », insiste-t-elle à L’Actualité.

    N'importe quoi Rachel! Vous faites partie du problème et non de la solution!

  • André Mongrain - Abonné 15 août 2016 17 h 44

    Diversifier !!!! Mon oeil !!

    Je ne crois pas une minute que l'oléoduc sert à diversifier les exportations, c'est plutôt pour "Augmenter" la production de pétrole des sables bitumineux, et je crois que la grosse majorité des québécois ne veulent pas de ce pipeline, beaucoup trop risqué, imaginons une fuite importante dans une des rivières traversé par cet oléoduc qui sont très souvent très près du fleuve St-laurent (exemple les rivères près de Trois-Rivières)
    Et même à l'ouest de Montréal, on vois la situation actuelle en Saskatchewan 200,000 litres, ce n'est pas gramnd chose comparé à ce qui pourrais arriver avec l'oléoduc Energie-Est.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 15 août 2016 17 h 46

    Un gouvernement provincial à convaincre, le nôtre.

    Madame Notley a au moins le mérite de reconnaître le droit du Québec de mener « des études environnementales et bien analyser le projet afin de s’assurer qu’il est sûr.» Il nous reste à convaincre le gouvernement du Québec d'exercer ce droit...en temps utile... Pour le reste, madame Notley fait preuve de franchise.