Les estacades arrivent mal à endiguer la marée noire

Une fuite dans l’oléoduc de la pétrolière Husky Energy, mercredi dernier, a provoqué le déversement de 200 000 à 250 000 litres de pétrole dans la rivière Saskatchewan Nord près de Maidstone.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Une fuite dans l’oléoduc de la pétrolière Husky Energy, mercredi dernier, a provoqué le déversement de 200 000 à 250 000 litres de pétrole dans la rivière Saskatchewan Nord près de Maidstone.

Prince Albert — Les estacades mises en place sur la rivière Saskatchewan Nord pour endiguer le déversement de pétrole brut commencent à être moins efficaces, ont constaté des responsables gouvernementaux mercredi.

Wes Kotyk, du ministère provincial de l’Environnement, a indiqué que le pétrole à la surface se disperse maintenant à mesure qu’il descend la rivière, ce qui rend sa récupération plus ardue. Il a rappelé que neuf estacades sont en place là où elles pourraient être le plus efficaces.

Aucun plan n’a été élaboré jusqu’ici pour récupérer le pétrole qui est passé sous la surface de l’eau, car on ignore comment se comporte ce mélange particulier de brut issu des sables bitumineux. Le bitume acheminé vers les raffineries dans les oléoducs est dilué avec des pétroles extralégers pour le rendre plus fluide.

Une fuite dans l’oléoduc de la pétrolière Husky Energy, mercredi dernier, a provoqué le déversement de 200 000 à 250 000 litres de pétrole — l’équivalent de deux wagons-citernes — dans la rivière Saskatchewan Nord près de Maidstone, selon l’entreprise. La « marée noire » suit depuis le cours de la rivière.

Eau

Deux municipalités en aval de la fuite, Prince Albert (35 000 habitants) et North Battleford (14 000 habitants), ont cessé de puiser leur eau dans la rivière et tentent depuis de ménager leurs réserves.

Sam Ferris, de l’Agence provinciale de sécurité de l’eau, a précisé mercredi que les réservoirs de North Battleford tiennent le coup pour l’instant pendant la fermeture de l’usine de traitement des eaux, mais que des solutions de rechange sont déjà envisagées, au cas où. On songe notamment à « prétraiter » les eaux polluées de la rivière avant de les acheminer vers l’usine d’épuration de la ville.


Moins de pétrole par rail

Les plus récentes données de Statistique Canada confirment une baisse graduelle cette année du transport par rail de pétrole brut et de mazout. Les données de mai, publiées mercredi, indiquent que le nombre de wagons-citernes utilisés pour le transport de pétrole au Canada a chuté du tiers comparativement à la même période l’an dernier, avec 6566 wagons. Statistique Canada attribue cette baisse aux gigantesques incendies de forêt dans la région de Fort McMurray, en Alberta, qui ont réduit la production de pétrole de plus d’un million de barils par jour. Mais cette tendance à la baisse était déjà observée depuis janvier.
11 commentaires
  • Brigitte Garneau - Abonnée 27 juillet 2016 17 h 46

    Vaut mieux prévenir que guérir!

    Quand on pense au projet Énergie Est qui s'acharne sur nous et nos bons gouvernements qui semblent danser le tango avec TransCanada, on pourrait peut-être se dire: VAUT MIEUX PRÉVENIR QUE MOURIR!

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 27 juillet 2016 19 h 25

    Nous souviendrons-nous?

    Espérons seulement que les autorités politiques québécoises, fédérales et provinciales de l'ouest canadien se souviendront de ce qui se passe actuellement en Saskatchewan. Combien de litres l'oléoduc de TransCanada laissera-t-il fuir à la minute et combien de minutes faudra-il pour arrêter le débit? N'hésitons pas à nous entraider.

    • Pierre Fortin - Abonné 28 juillet 2016 12 h 06

      Si on se fie aux dires de TransCanada, Énergie Est transporterait 1,1 millions de barils par jour ou environ 175 millions de litres.

      Si vous préférez, il s'écoulerait chaque minute environ 120 000 litres. Et comme la compagnie nous "assure" qu'elle pourrait réagir en 13 minutes pour colmater la fuite, alors 1,56 millions de litres se déverseraient pendant ce temps ou, si vous préférez, environ 10 000 barils.

      En comparaison, la fuite dont il est question en Saskatchewan représente un volume allant de 1 250 à 1 550 barils.

      Si la pétrolière Husky Energy n'a pu réagir que le lendemain matin, comment croire que 13 minutes suffiraient à TransCanada pour qui la sécurité du territoire, une externalité, passe bien après le profit?

  • Louise Nepveu - Abonnée 27 juillet 2016 21 h 33

    Un projet surréaliste

    À la lumière de cet événement, on imagine sans peine les conséquences d'un déversement au Québec et on en vient à se demander comment le projet de l'oléoduc d'Énergie Est a pu jusqu'ici suivre son cours sans que ni Trudeau ni Couillard n'aient pipé mot. Faut-il en conclure que c'est l'industrie des sables bitumineux qui gouverne le Canada?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 28 juillet 2016 10 h 44

      C'est exactement ça Madame Nepveu! Ce sont les actionnaires et l'argent qui mènent.

  • Pierre Asselin - Abonné 28 juillet 2016 05 h 51

    Le PM Quebec ne regarde pas les actualités

    Ne pas compter sur le PM Quebec , de son propre aveu , il ne lit pas ce qui touche l'actualité , les nouvelles et autres , ses proches s'occupent de l'informer .

    Il est peut être même pas au courant de ce sujet .....

    • Louise Nepveu - Abonnée 28 juillet 2016 08 h 22

      Qu'un premier ministre ose faire un tel aveu d'indifférence est à la fois consternant et inquiétant. Je trouve étrange que ses propres troupes ne s'en soucient pas...

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 28 juillet 2016 05 h 56

    Pas au Québec s.v.p.

    Dépêchez-vous les observateurs libéraux, les propipelines qui ont soif de dollars, allez voir ce qui se passe à Prince Albert.
    Combien de milliards de dollars ça coûtera pour nettoyer le dégât ?
    Dans combien de temps le pétrole sale sera éliminé complètement de la rivière?
    Dans combien de temps la puanteur du pétrole sera disparue de l'air environnant ?
    Dans combien de temps les citoyens de Prince Albert pourront puiser l'eau dans la rivière pour s'abreuver ?
    Prétraiter les eaux polluées de pétrole sale et dégoulinant avant de l'acheminer vers l'usine d'épuration demande encore des sites et des installations pour disposer de ce prétraitement, où et comment en disposer ?

    Comment et pourquoi nos gouvernements fédéral et provinciaux ne font-ils rien pour éviter cette merde ? Peut-être que les caisses électorales sont remplies par ces pétrolières, peut-être ?


    Expliquez-moi quelqu'un quand de mon vivant je pourrai retourner sur les rives de cette rivière pour m'abreuver d'eau à même les mains ?

    Lorsque les actionnaires, propriétaires de ces compagnies polluantes se seront réfugié dans les îles du pacifique, de quel environnement naturel jouiront les populations de ces villes polluées au pétrole ?

    Imiginons un déversement d'une ampleur semblable ou pire dans la rivière des Outaouais. Inimaginable les pertes que subiront les riverains et les citoyens du Québec. Où puiser l'eau potable dès lors, les fonds marins, les poissons, les rives, les plages, l'atmosphère qui transportera la suie, les usines d'épurations qu'il faudra multiplier? Les milliards qui ne se récupéreront jamais.

    Que fait notre bon gouvernement Couillard inc.? Le pipeline passera ou ne passera pas ?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 28 juillet 2016 10 h 50

      Notre bon gouvernement Couillard ne fait rien et c'est ça qui est franchement inquiétant...