Husky a tardé à prévenir Regina de la fuite de son oléoduc

Les opérations de nettoyage de la rivière Saskatchewan Nord se poursuivent, affirme Husky Energy.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Les opérations de nettoyage de la rivière Saskatchewan Nord se poursuivent, affirme Husky Energy.

Melfort — Il semble que la pétrolière Husky Energy ait attendu 14 heures avant de prévenir le gouvernement de la Saskatchewan d’une fuite à son oléoduc, mercredi soir dernier, près de Maidstone.

Selon le rapport d’incident de la pétrolière, Husky s’est aperçue de la fuite sur la rive sud de la rivière Saskatchewan Nord vers 20 h, mercredi dernier. Or, le gouvernement provincial a été prévenu vers 10 h 30 le lendemain matin.

Le vice-président de Husky, Al Pate, a indiqué que des irrégularités avaient été détectées mercredi soir et que des équipes se trouvaient sur place le lendemain matin.

Il a promis la tenue d’une enquête interne afin de comprendre pourquoi le gouvernement avait été prévenu si tardivement, mais il rappelle que l’entreprise concentre pour l’instant ses efforts sur le nettoyage.

Selon M. Pate, la pétrolière maintient son estimation selon laquelle de 200 000 à 250 000 litres de pétrole ont été déversés dans la rivière — l’équivalent de deux wagons-citernes.

En attendant, deux municipalités en aval de la fuite, Prince Albert (35 000 habitants) et North Battleford (14 000 habitants), ont cessé de puiser leur eau dans la rivière et tentent depuis de ménager leurs réserves.

La ville de Melfort et d’autres communautés du centre-est de la Saskatchewan ont diffusé des avis d’ébullition d’eau par mesure de précaution, au moment où le pétrole se répand toujours dans la rivière Saskatchewan Nord. La région puise normalement son eau dans le lac Codette, près de la communauté de Nipawin, mais ce plan d’eau qui longe la rivière Saskatchewan Nord menaçait d’être contaminé par la marée noire, entraînant une fermeture des prises d’eau.

Sam Ferris, de l’agence provinciale de la sécurité de l’eau, a prévenu lundi que ces avis d’ébullition d’eau risquent de durer des semaines, voire des mois.

Les efforts de nettoyage, entamés jeudi dernier, se poursuivent toujours. Le ministère fédéral de l’Environnement a indiqué que la tâche se complique, car du pétrole a plongé sous la surface de l’eau.

9 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 27 juillet 2016 00 h 41

    des adorateurs de la richesse comme il y a eu des adorateur du soleil

    voila la culture des pétrolieres enfin je n'ose utiliser le terme de mépris mais si cela n'en est pas nous en sommes pas loin et ce sont ces gens a qui nous allons faire confiance, et mon cul, et quoi encore, que je hais ces gens, des profiteurs de la pire des espèces, des adorateurs de la richesse, et tant pis pour la planète, le monde peu bien mal allé, c'est a eux que les dijaidistes devraient s'en prendre

  • Gilles Teasdale - Abonné 27 juillet 2016 08 h 49

    Un prélude a ce qui va se passé `pour Montréal et ses environs

  • Louise Gareau - Abonnée 27 juillet 2016 09 h 05

    Avis d'ébullition d'eau?

    La ville de Melfort a émis un avis d'ébullition d'eau. À ma connaissance, cette mesure est valable pour une contamination bactérienne. Mais pour une contamination par du pétrole, je suis très sceptique!
    Quelqu'un peut-il éclairer ma lanterne?

  • Monique Landry - Abonnée 27 juillet 2016 11 h 33

    dilbit

    ...du pétrole a plongé sous la surface de l'eau...
    Grosse nouvelle! Je ne suis pas ingénieure en pétrole, mais même moi je sais que ce pétrole Bitumineux, Dilué avec un solvant (d'où le nom Dil-Bit) se comporte de cette façon. Le diluant plus léger flotte ou s'évapore. Le pétrole plus lourd coule et colle au fond (ou sur les oiseaux qui passaient au mauvais endroit) et colle. C'est ce genre de pétrole qui coulerait dans l'oléoduc Énergie Est.
    Quelqu'un de plus compétent pourrait nous donner plus d'informations?

    • Pierre Fortin - Abonné 27 juillet 2016 19 h 20

      Si à quelque chose malheur est bon, voici un exemple de ce qui arrive avec ce Dilbit dont la composante bitume est plus dense que l'eau et s'accroche au fond des rivières une fois les diluants évaporés. Comment nettoyer tout ça?

      Les pétrolières considèrent les fuites de ce genre comme des externalités alors, comment croire qu'elles accordent autant d'importance aux mesures de sécurité et de mitigation qu'à écouler leur stock de Dilbit?

      Ce drame se produit au mois de juillet alors qu'il fait chaud, mais qu'en serait-il au Québec en hiver?

      Les habitants touchés devront s'armer de patience. Quant à nous, il nous faut en tirer les leçons qui s'imposent.

  • François Beaulne - Abonné 27 juillet 2016 12 h 18

    Exemple prémonitoire

    Bon exemple des effets pervers de la dérèglementation gouvernementale au bénéfice de 'l'auto-règlementation' par l'industrie elle-même, comme pour les chemins de fer, dont l'irresponsabilité et l'appât du gain ont provoqué la tragédie de Lac-Mégantic.
    C'est ce qui risque fort probablement d'arriver avec le projet Energie Est de TransCanada Pipeline.
    Et qui en subira les conséquences? Poser la question c'est y répondre!