Pétrolia espère toujours forer sur Anticosti cette année

Pétrolia espère d’ailleurs toujours que les forages prévus en 2016 pourront être réalisés.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Pétrolia espère d’ailleurs toujours que les forages prévus en 2016 pourront être réalisés.

Pétrolia a salué jeudi la décision de la Cour supérieure qui oblige les partenaires du projet d’exploration pétrolière sur Anticosti à négocier afin de s’entendre sur la suite des choses.

L’entreprise espère d’ailleurs toujours que les forages prévus en 2016 pourront être réalisés, tout comme les opérations de fracturation l’an prochain.

Dans un bref communiqué publié jeudi, Pétrolia a ainsi dit prendre acte « favorablement » de la décision rendue mercredi par le juge Martin Castonguay.

Ce dernier a accordé un délai de sept jours à Pétrolia, à Ressources Québec et à l’entreprise Saint-Aubin pour trouver une solution pour la suite des opérations de la Société en commandite Hydrocarbures Anticosti. Selon lui, il importe « qu’une décision d’affaires soit prise par des gens d’affaires, et non par un tribunal ».

Une rencontre du conseil d’administration et « une rencontre des partenaires » sont d’ailleurs prévues le 19 juillet prochain, a précisé Pétrolia, qui est responsable de la réalisation des travaux d’exploration pétrolière sur Anticosti.

Si le désaccord persiste, le juge Castonguay pourrait statuer sur la demande d’injonction de Pétrolia le 21 juillet prochain. La pétrolière, dont le premier actionnaire est Ressources Québec, a déposé mercredi une demande d’injonction pour forcer Ressources Québec et Saint-Aubin à verser à Hydrocarbures Anticosti 13 millions de dollars afin de réaliser les trois forages prévus en 2016. Sans ce versement, tout le projet d’exploration est « mis en péril », dénonce Pétrolia.

Forages en 2016

Dans le communiqué publié jeudi, l’entreprise souligne par ailleurs qu’elle et ses filiales « continuent de tout mettre en œuvre afin d’assurer la poursuite et le financement du programme d’exploration de façon à ce que la campagne de forages soit complétée en 2016 et que la fracturation ait lieu à l’été 2017 ».

Le gouvernement a déjà autorisé ces trois forages avec fracturation. Le Devoir révélait d’ailleurs la semaine dernière que ces opérations nécessiteront le prélèvement de 30 millions de litres d’eau dans des rivières d’Anticosti, dont la principale rivière à saumon de l’île.

Or, malgré les autorisations accordées par Québec, Pétrolia affirme dans sa demande d’injonction que les sommes nécessaires à la poursuite des activités d’exploration ne sont pas au rendez-vous, malgré des mois de discussions au conseil d’administration d’Hydrocarbures Anticosti.

Menace de retrait

Le document d’une soixantaine de pages fait d’ailleurs état de plusieurs mois de dissensions au sein du conseil d’administration « clairement divisé » d’Hydrocarbures Anticosti. On y souligne ainsi que les nombreuses sorties publiques de Philippe Couillard au sujet du possible « saccage » d’Anticosti ont conduit Ressources Québec à devenir un « outil de neutralisation » de tout le projet.

Toujours selon Pétrolia, le partenaire financier de Québec, Saint-Aubin, une filiale de la société française Maurel Prom, tenterait aussi d’obtenir « la suspension » des travaux d’exploration sur l’île. La demande d’injonction affirme ainsi que l’entreprise, qui doit investir 43,3 millions de dollars dans les travaux pétroliers, a réitéré à plusieurs reprises la possibilité d’un retrait pur et simple. Un tel retrait aurait pour effet de forcer Ressources Québec à ajouter plusieurs millions de dollars dans le projet.

Argent disponible

Au lendemain du délai à accorder par la Cour dans le cadre de la demande d’injonction de Pétrolia, le gouvernement du Québec a pour sa part de nouveau défendu sa position.

Hydrocarbures Anticosti dispose de toutes les ressources financières pour effectuer ses travaux de forage prévus cet été, a déclaré jeudi la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, à Munich. « Rien ne nous laisse croire que l’argent n’est pas disponible, a-t-elle dit. L’argent est disponible. Cela dit, ils doivent s’entendre sur le budget. »

Lors d’un point de presse, elle est toutefois demeurée réservée dans ses commentaires, en raison du recours judiciaire. « Alors oui, à notre connaissance, ils ont les moyens de le faire, a-t-elle dit. Mais cela dit, vous savez que nous sommes devant les tribunaux. Il y a une injonction qui fait en sorte que le conseil d’administration a une semaine pour s’entendre. »

Avec La Presse canadienne

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