Ottawa avance le décret d’urgence pour protéger la rainette faux-grillon

La rainette faux-grillon est menacée de disparition en raison du développement urbain qui détruit des milieux humides.
Photo: Patrick Feller La rainette faux-grillon est menacée de disparition en raison du développement urbain qui détruit des milieux humides.

Ottawa avance la date d’entrée en vigueur du décret d’urgence pour la protection de la rainette faux-grillon de l’ouest, constatant qu’on aurait coupé des arbres dans le secteur visé par le décret sur la Rive-Sud de Montréal.

Cette grenouille, considérée comme une espèce en péril, est au coeur d’un bras de fer entre le fédéral et un promoteur qui souhaite développer un projet immobilier à La Prairie.

Le décret devait d’abord entrer en vigueur le 17 juillet, mais la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, l’a avancé à vendredi dernier.

Au bureau de la ministre, on indique avoir reçu des informations voulant qu’un promoteur ait coupé des arbres sur un des terrains visés par le décret et y aurait entassé du gravier. Une autre plainte aurait été enregistrée au sujet de la destruction de nids d’oiseaux migrateurs dans ce secteur.

Dans un communiqué, on indique que ces activités « compromettent l’engagement ferme du gouvernement du Canada de veiller à la protection de la rainette faux-grillon de l’ouest ».

Mme McKenna avait annoncé le décret d’urgence le 22 juin dernier pour une zone d’environ 2 kilomètres carrés à La Prairie, Candiac et Saint-Philippe. Ce décret empêche une partie de l’ensemble résidentiel « Symbiocité » en Montérégie d’aller de l’avant, soit 171 de 1200 unités d’habitation prévues.

Ce décret avait été grandement critiqué par Québec, qui avait déjà approuvé le projet à La Prairie. Le ministre québécois de l’Environnement, David Heurtel, avait déploré qu’Ottawa ait pris « une décision sans travailler en collaboration avec l’ensemble des partenaires ». Il avait même évoqué une « possible intrusion » du gouvernement fédéral dans des compétences de la province.

Dans un communiqué transmis lundi, la ministre McKenna a plutôt parlé d’une « responsabilité commune », qui nécessitait l’implication de tous. « Notre gouvernement respecte son engagement envers les Canadiens de protéger les espèces en péril en suivant les conseils de ses scientifiques et en intervenant rapidement afin de venir en aide aux espèces menacées ou en voie de disparition », a-t-elle assuré.

Le gouvernement fédéral affirme que la rainette a perdu 60 % de son habitat entre 1992 et 2013. Si l’étalement urbain se poursuit, il craint une disparition des populations d’ici 2030.

3 commentaires
  • Claude Rondeau - Abonné 11 juillet 2016 15 h 14

    Au plus vite!

    Les vandales au cachot !
    C Rondeau

  • François Beaulne - Abonné 12 juillet 2016 08 h 52

    Les pouvoirs du Québec en danger

    Le gouvernement Couillard, par son inaction et ses politiques incohérentes en matière de protection environnementale contribue à éroder les pouvoirs du Québec dans ce domaine. L'environnement est une juridiction partagée entre le provincial et le fédéral, comme l'agriculture et l'immigration. Au rythme toutefois où vont les choses, le fédéral risque de prendre de l'ascendant dans ce domaine s'il faut s'en référer à lui pour outrepasser l'indiférence de Québec. Un recul constitutionnel majeur en pespective!

  • André Cournoyer - Abonné 12 juillet 2016 09 h 47

    David Heurtel

    On le voit aller, peux t-on se fier à son jugement après tout ce qu'il nous a démontré. C'est rare que je suis satisfait de l'implication d'Ottawa, mais là je dis OUFFF...