Trudeau ferme la porte au pipeline Northern Gateway

Quelques jours après le rejet du pipeline Northern Gateway par la cour d’appel fédérale, le premier ministre Justin Trudeau a fermé la porte à ce projet conçu pour exporter du pétrole albertain à partir de la côte ouest, lors de son passage à Montréal mardi. Une décision qui risque d’accroître la pression en faveur du pipeline Énergie Est.

Le controversé projet de la pétrolière Enbridge avait été approuvé par le gouvernement Harper en 2014, assorti de plusieurs conditions. Mais la Cour a statué que la consultation des Premières Nations, qui dénoncent depuis plusieurs années le projet, était tout simplement « inadéquate ».
 


 

Cette décision a pour effet de renvoyer Ottawa à ses devoirs. Or, tout indique que le gouvernement Trudeau entend fermer la porte à ce projet, qui devait transporter chaque jour 525 000 barils de pétrole des sables bitumineux jusqu’à un port situé en Colombie-Britannique.

« Est-ce que le projet est mort ? », a demandé mardi une journaliste en s’adressant au premier ministre. Justin Trudeau a répondu sans détour, et à deux reprises, que la région naturelle visée pour la construction, la Great Bear Rainforest, « n’est pas un endroit pour construire un pipeline de pétrole brut ».

Le chef libéral a du même coup réitéré son intention de revoir le « processus » d’approbation de tels projets, comme il le promet depuis son élection. Le gouvernement doit « protéger l’environnement » et « bâtir une économie plus forte », a-t-il réitéré.

Pression sur le Québec

Ottawa doit par ailleurs décidé de l’approbation, ou non, d’un autre important projet visant la côte ouest, le pipeline Trans Mountain. L’Office national de l’énergie a recommandé en mai d’approuver le projet, malgré l’opposition de la Colombie-Britannique et la Ville de Vancouver. Ce pipeline transporterait chaque jour 890 000 barils de brut albertain vers l’océan Pacifique, afin qu’il soit exporté.

Quelle que soit la décision du fédéral, le rejet de Northern Gateway risque d’accroître la pression sur le Québec pour la construction du pipeline Énergie Est, de TransCanada.

Selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers, il est en effet essentiel de construire de nouveaux pipelines au cours des prochaines années. Il faut dire que la production quotidienne des sables bitumineux doit atteindre 3,4 millions de barils en 2025, soit une hausse de 40 % en 10 ans.

Dans ce contexte, Énergie Est, avec ses 1,1 million de barils par jour, constitue un excellent moyen de transporter et d’exporter du pétrole des sables bitumineux.

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