Chefferie du PQ: tous les candidats s’opposent au projet Anticosti

La pertinence d’explorer le potentiel pétrolier de l’île d’Anticosti est remise en question par des candidats à la course à la chefferie du Parti québécois.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir La pertinence d’explorer le potentiel pétrolier de l’île d’Anticosti est remise en question par des candidats à la course à la chefferie du Parti québécois.

Après ses quatre adversaires dans la course à la direction du Parti québécois lundi, Jean-François Lisée a signifié mardi son opposition formelle à la poursuite de l’exploration pétrolière sur Anticosti. Il s’agit d’un virage majeur au sein de la formation souverainiste, puisque c’est le gouvernement de Pauline Marois qui avait signé l’entente forçant Québec à investir des dizaines de millions de dollars dans ce projet.

« J’étais membre du gouvernement qui a apposé cette signature. Cela a été fait de bonne foi et pour des raisons honorables – et dans des conditions de prix élevé du pétrole qui pouvaient faire miroiter un gain considérable pour le trésor public. Mais chacun a le droit de changer d’avis. C’est mon cas », a écrit Jean-François Lisée, dans un texte publié sur sa page Facebook.

Selon lui, le Québec fait fausse route en recherchant des gisements de pétrole et de gaz de schiste dans le sous-sol de la plus grande île de la province. Des énergies fossiles qu’il estime plus polluantes que celles actuellement importées pour répondre à la demande québécoise. M. Lisée critique également, à l’instar des autres candidats à la direction du PQ, la décision d’autoriser le prélèvement de 30 millions de litres d’eau dans des rivières d’Anticosti pour les opérations de fracturation.

« Puisque l’État a apposé sa signature, et a investi, dans un partenariat avec des entreprises, il devrait annoncer qu’il souhaite se retirer de ce partenariat en compensant adéquatement ses partenaires », précise par ailleurs le candidat Lisée. Selon le contrat en vigueur, l’État doit injecter 57,7 millions de dollars dans les travaux d’exploration, sur un total de 100 millions de dollars d’investissements. Et le gouvernement ne peut se retirer du contrat.

BAPE sur Anticosti

La candidate Martine Ouellet et Jean-François réclament la suspension des travaux et la mise sur pied d’une étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour faire la lumière sur l’exploitation pétrolière à Anticosti.

L’aspirante-chef du PQ estime que de « nouvelles informations » depuis la signature de l’entente remettent en question la pertinence d’explorer le potentiel pétrolier de l’île d’Anticosti. « Dans ce contrat-là, il était prévu d’avoir de nouvelles informations. Ces nouvelles informations-là sont sorties. On voit très clairement que la rentabilité n’est pas au rendez-vous », a dit Martine Ouellet à la permanence du Parti québécois, lundi matin.

« C’est une véritable folie ce qu’on voit aujourd’hui », a aussi déclaré lundi le député Alexandre Cloutier en parlant des millions de litres d’eau nécessaires à la fracturation hydraulique dans l’île d’Anticosti.

« Je me suis exprimé cent fois sur le sujet. Il y a deux ans, lors de la dernière course au leadership, j’avais clairement dit que ça n’avait juste pas de bon sens. Il n’y a pas d’acceptabilité sociale, c’est mauvais sur le plan environnemental et, sur le plan économique, on a des études qui se contredisent. Une fois qu’on a dit ça, est-ce que quelqu’un pense qu’un jour on va exploiter à Anticosti ? », a-t-il ajouté.

Véronique Hivon, Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon ont déjà précisé qu’ils sont contre l’exploitation du pétrole non seulement à Anticosti, mais où que ce soit au Québec. Mardi, Jean-François Lisée a pour sa part manifesté son opposition au pétrole et au gaz de schiste.

Aucun gisement pétrolier n’a jusqu’ici été découvert sur Anticosti, malgré des décennies de recherches financées notamment par l’État québécois. Même Shell a investi dans des forages dans les années 1990, sans succès.

24 commentaires
  • Bernard McCann - Abonné 4 juillet 2016 15 h 45

    Connaître la vérité...

    Mais, où étaient ces braves gens lorsque le contrat avec Pétrolia a été signé ? Est-ce vrai que madame Marois a fait cavalier seul lors de l'attribution de ce mandat ? Martine Ouellet qui était ministre des Ressources naturelles au moment de la signature du contrat ne savait-elle pas à l'époque que le projet allait susciter des remous ? Elle parle maintenant de "nouvelles informations"... Comment diantre un gouvernement que l'on sait assujetti à la Loi sur la qualité de l'Environnement peut-il engager les finances publiques (nos deniers) et signé un contrat sans égard aux impacts environnementaux que ce contrat allait causer ? Qu'est-ce qui justifiait l'attribution rapide d'un mandat à la firme Pétrolia alors ? qu'est-ce qui a empêché Philippe Couillard, dont c'était le souhait, de mettre un terme au contrat ? Si les experts du MDDELCC ont recommandé l'émission d'un CAC pour ce projet, c'est qu'ils jugent eux-mêmes que les impacts compte-tenu des mesures d'atténuations ne sont pas significatifs ! Or, quel a été leur raisonnement à cet égard ? Il faudrait que la lumière soit faite sur ce projet !...

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 juillet 2016 08 h 37

      D'accord avec vous moi aussi.

      Et pour une fois, je ne serai pas seul à le dénoncer.

      Il est plus que temps que les citoyens se rendent compte que le PQ n'est pas une alternative crédible au PLQ.

    • Bernard McCann - Abonné 5 juillet 2016 15 h 55

      Tous les candidats sont maintenant contre le projet de Pétrolia : facile de le dire, mais que stipule ce contrat ? Il faudrait le rendre public afin que les citoyens puissent en prendre connaissance.

      On voit bien d'après les propos de Jean-Françcois Lisée et de Martine Ouellet, que seule la rentabilité du projet et les possibles gains pour le trésor public (à quel coût ?) ont pu compter dans la prise de décision. Pas un seul souci pour l'environnement et la faune de ce bel espace naturel.

      Ce projet a encore trop d'inconnus et de risques environnementaux en suspens pour qu'il puisse se poursuivre. Il faudrait imposer un moratoire jusqu'à ce la lumière soit faite sur la globalité d'une exploitation des schistes d'Anticosti. Et que tous travaillent en ce sens...

  • Christian Montmarquette - Abonné 4 juillet 2016 16 h 43

    Le PQ du n'importe quoi et son contraire

    - Quand les citoyens finiront-ils par se réveiller??

    Ce parti n'a aucun principe, aucune valeur et est d'une totale incohérence.

    Sans compter qu'il est d'une totale imprévisibilité.

    Un jour pour l'indépendance croute que croute!

    L'autre pour un éternel report du référendum.

    Pour l'exploration des gaz de schistes au pouvoir, et contre dans l'opposition.

    Contre la taxe santé dans l'opposition et pour au pouvoir etc.. etc.. etc..

    Sans compter que tous ces chefs en herbe prennent un paquet d'engagements pour le parti au complet sans aucune consultation de la base ni de leur Congrès! C'est à dire, avec zéro procédure démocratique. Ce qui nous donne une petite idée du genre de gouvernance et de pays auquel on serait en mesure de s'attendre avec ce parti des poules-pas-de-têtes du Parti québécois.

    - Assez c'est assez!

    Le Parti québécois n'a plus aucune crédibilité et aucune fiabilité.

    Votez pour ça, c'est vraiment voter pour du n'importe quoi et son contraire.

    Le PQ ne mérite plus la confiance des citoyens, ni pour le pouvoir, ni comme opposition.

    Christian Montmarquette

    • Bernard McCann - Abonné 4 juillet 2016 21 h 49

      d'accord!

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 juillet 2016 08 h 33

      merci.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 juillet 2016 09 h 32

      C’est le gouvernement Marois qui porte l’odieux d’avoir initié ce projet. Il crée la difficulté pour le gouvernement actuel de renier un contrat (par ailleurs secret!) déjà signé et aussi, lui donne une excuse pour continuer l’exploration.

      Or, quatre des cinq candidats à la course à la chefferie étaient au conseil des ministres de ce gouvernement et l’une des candidates, Martine Ouellet, la « conscience de gauche » du PQ, était même la ministre directement responsable de cette décision. Ça prend un certain culot pour jouer les vierges offensées à ce stade. Je comprends que même CM manque de mots pour vilipender le PQ là-dessus - c'est pour dire! :0).

      Il est clair que la PQ aurait aimé que l’on trouve du pétrole au Québec, espérant qu’une perception de richesse du Québec ne facilite la victoire du projet de son projet d’indépendance formelle.

      M. Jodoin, ci-dessous, note avec justesse que Mme Ouellet n’est sensible qu’au fait que les tests montrent que l’exploitation n’est pas rentable.

      Faudra-t-il compter sur le fédéral pour bloquer ce projet? Faudra-t-il compter sur le fédéral pour bloquer le projet portuaire de Cacouna? Faudra-t-il même compter sur le fédéral pour bloquer Énergie Est, le gouvernement du Québec agissant de façon nette à favoriser ce dernier projet par exemple en faisant des BAPE truqués et bâclés?

      Le blocage par le fédéral de la certification de complaisance de Heurtel pour la construction d’une partie de complexe de condos comme il y en a des milliers au Québec et qui menaçait la survie de la rainette faux-grillon nous donne-t-il un avant-goût de ce qui est à venir? Espérons-le.

      Au moins le PQ est conséquent avec le projet de Port-Daniel (anti-écologique en plus l’être un gouffre financier pour l’État), qu’il a initié sous le gouvernement de Bernard Landry et ne prétend pas s’y opposer.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 5 juillet 2016 15 h 10

      Si je comprend le haut-parleur du QS vaut réelire Couillard et son groupe fédéraliste plutot qu'un parti souverainiste :l'art de se tirer dans le pied,meme les deux pieds s'il croit amener des voter dans son parti.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 juillet 2016 19 h 46

      À Jean-Pierre Grisé,

      " Si je comprend le haut-parleur du QS vaut réelire Couillard et son groupe fédéraliste plutot qu'un parti souverainiste.." - Jean-Pierre Grisé

      1) Il n'y a pas que le PQ ou le PLQ comme options de vote au Québec.

      2) On ne peut plus considérer le PQ comme souverainiste quand on sait qu'il n'a plus de référendum au programme depuis 22 ans et que c'est très bien parti pour continuer dans cette même direction.

      3) Je ne suis pas plus un "haut-parleur" de QS que le reste des béni-oui-oui du Parti québécois qui défendent leur formation sur toutes les tribunes publiques au Québec.

      4) On ne se tirera pas dans le pied en cessant de voter pour un parti qui a trempé dans les mêmes magouilles à coups de millions de financement illégal et de copinage avec les entreprises que le PLQ et qui défend les mêmes politiques d'austérité et le même dogme du déficit zéro que les libéraux, tout en graissant les banques et les multinationales à raison de 10 milliards par année avec des deniers publics qui devraient sevir au financement des services publics et non pour engraisser des entreprises privées déjà riches à craquer.

      Bye, bye! les pikous.. !

      On vous a assez vious.. !

      - CQFD

    • Serge Morin - Inscrit 6 juillet 2016 12 h 51

      Critiquez vous ne serez jamais au pouvoir!
      Pour vous instruire et aussi vous relaxer, il est recommandé de voir la serie "Occupy " qui porte sur un petit pays (Norvège ) qui essaie de sortir du pétrole.
      Cela nous changera des varlopages dignes des radios poubelles.
      Trop est pire que pas assez.

  • Mario Jodoin - Abonné 4 juillet 2016 17 h 36

    Normal...

    Le PQ est dans l'opposition!

    Et je note que le motif invoqué par Mme Ouellet pour justifier son changement de cap depuis qu'elle était la ministre qui a accordé des subventions pour explorer l'île ne porte que sur sa non rentabilité («pas au rendez-vous»), et non pas sur son aspect désastreus sur le plan environnemental.

  • Luc Falardeau - Abonné 4 juillet 2016 18 h 15

    Virage en vue vers une transition énergétique

    Le virage necessaire n'est pas contre le pétrole, mais plutot contre l'accroissement de l'exploitation et du transport des hydrocarbures... Pas pareil du tout!

  • René Lefèbvre - Inscrit 4 juillet 2016 18 h 37

    Joindre la parole aux actes

    Après avoir ouvert la porte toute grande aux pétrolières aux gros sabots sur Anticosti, les gens du PQ réalisent enfin leur erreur et veulent la corriger, ce qui est très bien. Cependant, il faut maintenant agir rapidement avant que les pétrolières aient tout défintiser le territoire et polluer irrémédiablement les rivières et le fleuve où ils rejettent non seulement l'eau utilisée mais aussi les centaines de milliers de litres de différents produits chimiques utilisés dans les opérations régulières de fraking, ce que l'article ci-haut ne mentionne pas.

    Je croirai les gens du PQ quand ils exigeront du gouvernemenet Libéral actuel la cessation immédiate des opérations de fraking et de destruction d'Anticosti et l'annulation des investissements du gouvernement du Québec dans les projets pétroliers plutôt que de se concentrer sur le développement des énergies propres alternatives.

    De plus, les communautés autochtones de la région doivent être consultées et écoutées afin qu'elles puissent participer à la préservation de ce territoire unique pour sa flore te sa faune.