Québec veut développer le port de Cacouna

En 2014, un projet de port pétrolier d’exportation élaboré par TransCanada avait soulevé la controverse, justement en raison de la présence des bélugas, une espèce menacée.
Photo: GREMM En 2014, un projet de port pétrolier d’exportation élaboré par TransCanada avait soulevé la controverse, justement en raison de la présence des bélugas, une espèce menacée.

Deux ans après la saga du port pétrolier de TransCanada, le gouvernement Couillard annonce qu’il souhaite développer une zone industrialo-portuaire à Cacouna. Il financera d’ailleurs le plan d’élaboration de ce projet, qui s’implantera dans l’habitat critique du béluga du Saint-Laurent.

Par voie de communiqué, le ministre responsable de la Stratégie maritime libérale, Jean D’Amour, a fait savoir mardi que le gouvernement compte favoriser le développement portuaire du secteur de Cacouna, où se trouve la pouponnière des bélugas, une espèce en voie de disparition.

Québec a d’ailleurs déjà signé une entente avec la Ville de Cacouna et des « partenaires locaux » en vue d’implanter une zone industrialo-portuaire dans cette municipalité du Bas-Saint-Laurent. « Dans le cadre de cette entente, le gouvernement financera jusqu’à 70 % des dépenses associées à la réalisation du plan de développement afférent, et ce, jusqu’à concurrence de 125 000 , a précisé le gouvernement par voie de communiqué.

   

Développement économique

Un « comité local » sera aussi mis sur pied avec « des représentants du secteur privé », des représentants municipaux, mais aussi la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup.

Ce comité aura pour mandat de « délimiter la zone industrialo-portuaire », mais aussi de « préparer un plan de développement industriel comprenant, entre autres, le repérage des marchés potentiels et des occasions d’attraction d’investissements ». Le tout, promet Québec, sera fait « en conformité avec les principes de développement durable ».

« Nous visons à ce que cette zone industrialo-portuaire devienne un centre névralgique et essentiel à la vitalité économique des communautés », a souligné le ministre D’Amour, toujours par voie de communiqué.

Risques pour les bélugas

Si les visées du gouvernement se concrétisent, l’accroissement de l’activité industrielle portuaire provoquera une augmentation de la circulation maritime dans le secteur de Cacouna, unique pouponnière du béluga du Saint-Laurent. En 2014, un projet de port pétrolier d’exportation élaboré par TransCanada avait d’ailleurs soulevé une vive controverse, justement en raison de la présence des bélugas, une espèce dont l’existence est plus menacée que jamais.

Photo: GREMM En 2014, un projet de port pétrolier d’exportation élaboré par TransCanada avait soulevé la controverse, justement en raison de la présence des bélugas, une espèce menacée.

Il faut dire que, selon les spécialistes de l’espèce, cette région est essentielle pour cette population de mammifères marins. Celle-ci ne compterait plus que 880 individus, en plus de montrer clairement des signes de « déclin » continu. En fait, depuis que les bélugas bénéficient d’une protection officielle, leur population n’a jamais augmenté. Normalement, une population en santé aurait dû doubler.

Habitat essentiel

Le hic, c’est que, même si l’espèce est inscrite à la liste des espèces en péril, le gouvernement tarde à protéger l’habitat essentiel du béluga. Normalement, cela devrait avoir été fait il y a près de trois ans. Le gouvernement libéral fédéral s’est toutefois engagé plus tôt cette année à protéger cet habitat jugé critique pour la survie des mammifères marins.

Selon la preuve scientifique déjà établie, le secteur de Cacouna ferait partie de l’habitat essentiel de l’espèce. C’est en effet dans ce secteur précis que les femelles vont mettre bas et passent les premières semaines avec les jeunes. Or le nombre de jeunes bélugas retrouvés morts a connu une croissance marquée depuis 2008, par rapport aux années précédentes.

Il a été démontré que la circulation maritime constitue une source de dérangement considérable pour les bélugas, notamment dans les premières semaines de vie des jeunes baleines.

Selon les plans de la Stratégie maritime du gouvernement Couillard, d’autres secteurs fréquentés assidûment par les bélugas du Saint-Laurent seront soumis à un trafic maritime accru au cours des prochaines années.

Québec compte en effet développer une zone industrialo-portuaire à Saguenay. Cela signifie que la circulation de navires industriels devrait croître dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, mis en place pour protéger l’habitat essentiel du béluga.

32 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 21 juin 2016 17 h 16

    Les Dieux sont tombés sur la tëte...

    Ça va presser qu'on ait des élections avant qu'ils aient réussi à démolir ce qu'il reste de notre consensus social.

    Rivières du Loup c'est bien le comté de Jean d'Amour, celui qui a été sauvé par la cloche pour avoir fait du lobbyisme illégal...

    Plus ça change plus c'est pareil. Heureusement nous pourrons les bouter dehors d'ici un an ou deux.

    • Luc Falardeau - Abonné 21 juin 2016 23 h 15

      C'est pas des élections dont on a besoin, mais plutot d'un changement majeur du système électoral et parlementaire.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 22 juin 2016 11 h 58

      Les deux sont nécessaires et ça urge...

  • Patrick Boulanger - Abonné 21 juin 2016 17 h 55

    Je ne comprends pas

    Je ne comprends pas! Pourquoi choisir Cacouna si c'est mauvais pour les Bélugas (d'accord, le PLQ s'en fout même si M. Heutel tente de nous faire croire le contraire avec son béluga adopté). En outre, le PLQ SAIT qu'il va y avoir de la contestation (est-ce que cette contestation va faire son affaire?)! Il y a quelque chose qui m'échappe dans cette décision du PLQ. Quelqu'un pourrait-il m'éclairer?

    • Benoît Landry - Inscrit 21 juin 2016 21 h 35

      Ou bien ils sont complètement déconnectés ou bien ils cherchent la confrontation ?
      Cherchent-ils à attirer l'attention là sur un projet perdu d,avance mais qui va attirer l'attention pendant que les travaux se feront sur Anticosti et que le fédéral étudie Énergie Est ?

      De plus Trudeau vient de choisir de renforcir le statut de Parc Marin de ce secteur pour protéger le St-Laurent... c'est complètement sauté, très suspect...

    • Antoine Maranda - Abonné 21 juin 2016 21 h 43

      Les infrastructures d'un port en eaux profondes sont en fait déjà présentes à Cacouna depuis des décennies mais n'ont finalement jamais été utilisées. Les millions ont été dépensés en vain pour construire un port inutile. Le port pétrolier et maintenant le port industriel utiliseraient donc des structures déjà coûteusement mises en place et laissées "à l'abandon" au lieu d'avoir à s'établir de zéro dans une nouvelle municipalité. Évidemment je suppose que le projet originel ne tenait pas plus compte des bélugas qu'il faut. Le PLQ sait qu'il y aura de la contestation oui. Ça fait depuis 2003 qu'il y a de la contestation constante et on continue à les élire, il n'y a pas de révolte en vue... Alors pour eux, pourquoi s'en préoccuper?

    • Ginette Lessard - Abonnée 21 juin 2016 22 h 14

      Suspect oui, et très inquiétant.

    • Luc Falardeau - Abonné 21 juin 2016 23 h 15

      " Un comité local doit préparer un plan de développement industriel... Québec promet que ce sera fait en conformité avec les principes de développement durable (DD). "

      Hélas, lorsqu'un gouvernement parle de DD, il faut lire entre les lignes... Primo, le développement économique, et loin en 2e et 3e place, le développement social et l'environnement durable.

      On peut dire que c'est mal parti coté DD, avec un comité local dont les membres représentent surtout l'économie.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 22 juin 2016 08 h 02

      M. D'Amours ne se comporte pas comme un ministre, mais comme un simple député politicailleur au service des notables de son comté. Il veut qu'on sache qu'il est du bon bord et qu'on lui demande la lune pour son comté. Misère! Il oublie que l'acceptabilité sociale d'un projet met en cause toutes les personnes directement concernées par un projet et que dans le présent dossier, elles se retrouvent des deux côtés du fleuve et en aval..., pas juste dans son comté. Il oublie également le droit de l'environnement et les conventions internationales. Un politicien d'un autre âge qui gaspille l'argent du public dans un projet condamné et condamnable.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 22 juin 2016 12 h 08

      Peut-être est-ce un leurre pour nous amener ailleurs pendant que...!?

      Ils sont assez "bêtes" pour tenter un projet à un endroit où, déjà, ON
      a dit NON.? Poser la question c'est y répondre ...!

      Merci à A. Shields pour ses articles si bien étoffés.

      Et à NOUS, de reprendre le bâton du pélerin...ou autre objet...comme le chaudron ... ;-)

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 21 juin 2016 18 h 01

    Les libéraux sont malades,ma foi.

    Ou encore sourds a toute logique ,incroyable.Et derriere poussent les fameuses Chambres de Commerce sans imagination comme celui qu ils ont élu ,le tres Honorable Jean D Amour.Les libéraux matraquent les enfants ,les étudiants,les malades,les démunis,les pauvres de notre société ,les vla qu ils s attaquent a un groupe d animaux en voix d instinction bref les faibles.Ils sont tres braves et courageux mais n osent meme pas parler aux banques etc etc JPGrise

  • Denis Paquette - Abonné 21 juin 2016 19 h 51

    Colonisé un jour colonisé toujours

    Quelle gagne de branleux toujours en train de branler dans le manche ils vont tellement branler que quand les compagnies reviendront a la charge ils n'auront pas d'autres choix que de les accepter et dire nous avons élus ces gens, colonisé un jour colonisé toujours

  • Jean Lefebvre - Inscrit 21 juin 2016 20 h 13

    C'est rendu ridicule et pénible!

    Non mais va-t-on arrêter les dommages de ce gouvernement! Pour lui tout est une question d'argent, rien que l'argent! On se croirait à l'époque du gouvernement Bush, le fils... Aucun respect pour les humains et maintenant c'est aux bélugas qu'ils s'en prennent. J'espérait que le dossier Transcanada aurait donné une chance à ces mamifères, et non! J'ai l'impression de rêver en noir et blanc! Fini la couleur! Et c'est cauchemars par-dessus cauchemars que Couillard nous fait vivre. Que cherchent-ils? À tester jusqu'où ils peuvent aller avant qu'ils ne nous poussent à la révolution!