Mine de niobium: des citoyens ne veulent pas qu'on leur serve de l'eau du parc d'Oka

Des citoyens de Pointe-Calumet, près d'Oka, s'opposent à ce que leur municipalité puise son eau dans le parc d'Oka, parce qu'il craignent la contamination de sa nappe phréatique par le fonctionnement d'une éventuelle mine de niobium.

Ces citoyens viennent de demander, par lettre, à leur municipalité de ne pas imiter la municipalité d'Oka, qui a demandé et obtenu l'autorisation des autorités du parc national pour y puiser son eau. Pointe-Calumet et la municipalité voisine de Saint-Joseph-du-Lac ont aussitôt demandé la même chose.

Pour les citoyens qui demandent à Pointe-Calumet de se désister de sa requête, le plan d'exploitation de la mine prévoit déverser ses eaux usées dans un ruisseau, le ruisseau Rousse, lequel aboutit dans la Grande Baie d'Oka, à proximité du site prévu pour l'aménagement des puits provisoires réservés à Pointe-Calumet et à Saint-Joseph.

De plus, écrivent-ils dans un document portant sur la mine et l'usine de niobium de Niocan, «on apprend que le secteur est susceptible d'inondation à chaque année, ce qui suppose que les substances toxiques rejetées par l'exploitation de la mine pourront être en interaction avec les milieux aquatiques avoisinants». Or, ajoutent-ils, le contenu en uranium des rejets de la mine sera équivalent, selon le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), au niveau actuellement observé dans les fosses du site de l'ancienne mine de la St. Lawrence Columbium, ce qui drainerait environ 20 à 30 kg d'uranium vers la Grande Baie. Ces risques, disent-ils, vont à l'encontre de la pertinence de tout projet de captage des eaux souterraines dans ce secteur.

D'autre part, la coalition Eau-Secours annonçait hier qu'elle entreprend, avec le Comité de citoyens d'Oka, une opération d'information porte-à-porte dans toute la municipalité avec l'intention d'obtenir du ministère de l'Environnement toutes les études sur les questions en suspens. La liste en six pages a été soumise au ministère, précisait hier le président de la coalition, André Bouthillier. Selon ce dernier, le projet Niocan soulève «un des plus grands conflits d'usage que le Québec ait connu: une mine versus l'agriculture et l'eau potable des citoyens». Seules des études indépendantes sur tous les aspects du dossier peuvent reconstruire dans ce secteur le consensus social, affirme-t-il.