Ottawa promet de créer des zones de protection marine

Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc

Le gouvernement Trudeau a profité de la Journée mondiale des océans mercredi pour annoncer son intention d’accélérer le processus de création de certaines zones de protection marine, dont un projet en attente au Québec. Mais beaucoup reste à faire pour respecter les engagements internationaux en la matière.

Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc, a ainsi dévoilé les grandes lignes du plan fédéral qui vise à protéger 10 % des zones marines du pays, et ce, d’ici 2020. À l’heure actuelle, le Canada ne protège que 1,3 % de ces zones écologiques importantes et bien souvent menacées par l’activité humaine.

Parmi les projets prioritaires pour le gouvernement Trudeau, on dit vouloir « faire progresser les travaux » en vue de la création de cinq zones de protection marine (ZPM), dont une au Québec. Ce projet se situe dans un secteur nommé « banc des Américains ». Cette zone maritime est située tout juste à l’est de la pointe de la Gaspésie. Elle est d’une superficie de 1050 km2. La limite sud-ouest du secteur se situe juste à côté du parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. La limite nord-ouest se trouve tout près du parc national Forillon.

« Ce site est caractérisé par la diversité de ses habitats, par la présence permanente ou saisonnière de nombreuses espèces à valeur commerciale et de baleines, par la présence d’espèces en péril et par une grande diversité de mollusques et crustacés, a d’ailleurs précisé Pêches et Océans Canada. Ce site a aussi un grand potentiel comme aire d’alimentation pour différentes espèces de poissons et de mammifères marins et comme refuge pour les populations de poissons de fond actuellement en déclin, incluant le stock de morues du sud du golfe. Historiquement, ce secteur était très convoité pour la pêche. »

Projets en attente

Le gouvernement fédéral n’a toutefois pas donné de détails mercredi sur les deux autres projets en attente de progrès dans les eaux québécoises du Saint-Laurent. Le projet de ZPM de l’estuaire, qui permettrait d’accroître la protection de l’habitat du béluga, n’est pas mentionné dans les documents publiés mercredi. Ottawa a pourtant promis récemment d’assurer l’habitat essentiel de cette espèce menacée de disparition.

Deux autres projets de ZPM pourraient toutefois voir le jour dans l’est du pays, soit la zone du chenal Laurentien, une fosse marine très profonde située au sud de Terre-Neuve, et aussi celle du banc de Sainte-Anne, au large du Cap-Breton.

L’établissement de ZPM ne signifie pas la fin des activités humaines dans ces secteurs, puisque la pêche commerciale peut y être permise, de même que la navigation commerciale, notamment. Le gouvernement fédéral a par ailleurs promis mercredi de protéger des territoires maritimes « vierges », d’élaborer des projets de ZPM pour des zones qui subissent des pressions industrielles et d’examiner des moyens de faciliter le processus de désignation des ZPM en se basant « sur la science ».
 

Consultez notre dossier Le Saint-Laurent, grandiose et fragile
1 commentaire
  • André Bastien - Abonné 10 juin 2016 23 h 37

    Urgent d'agir

    Il est urgent de créer de telles zones protégées.

    Déjà que nos surplus de CO2 se dissolvent dans les océans, les rendant plus acides. Ce phénomène est en tain de détruire leur équilibre chimique et menace les coquilles et carapaces calcaires des mollusques et crustacés.

    Nous détruisons notre garde manger.

    Alors conservons d’urgence quelques zones protégées en espérant qu'elles contribueront à repeupler le reste.