Pétrolia vend du pétrole extrait du sous-sol de Gaspé

Le site Haldimand 4 que Petrolia exploite en Gaspésie
Photo: Source Petrolia Le site Haldimand 4 que Petrolia exploite en Gaspésie

Quelques jours à peine après le début d’un test de production qui doit s’échelonner sur huit mois, Pétrolia a déjà vendu 530 barils de pétrole à une raffinerie du Québec.

Dans un bref communiqué publié jeudi, la pétrolière a ainsi annoncé la livraison de pétrole par camions-citernes à « une raffinerie du Québec ». L’entreprise a toutefois refusé de préciser au Devoir le nom de son client. « Comme mentionné le pétrole sera livré à une des deux raffineries situées au Québec », a-t-on simplement répondu par courriel.

Selon ce qu’a indiqué Pétrolia, les autres livraisons qui devraient suivre au cours des prochains mois seront aussi effectuées par des camions-citernes qui partiront du site Haldimand 4, à Gaspé, pour se rendre à une raffinerie du Québec.

« Les essais de production longue durée permettent de recueillir des données de production pendant 240 jours afin de pouvoir estimer le potentiel économique du gisement et éventuellement faire une demande de bail de production », a également précisé l’entreprise, toujours par voie de communiqué.

Confirmer le potentiel

L’entreprise, dont le gouvernement est le premier actionnaire, entend ainsi pomper du pétrole sur une période de quelques mois. Une telle opération d’extraction pétrolière a été rendue possible grâce à une modification du Règlement sur le pétrole, le gaz naturel et les réservoirs naturels inscrite dans la Gazette officielle du 16 décembre dernier.

La durée maximale des essais de production est ainsi passée de 60 jours à 240 jours. Fait à noter, les entreprises n’ont pas à payer de redevances sur le pétrole extrait et vendu lors de la phase exploratoire. La législation en vigueur ne fixe également pas de période limite pour cette phase ni de quantité limite de pétrole extrait.

Selon les évaluations actuelles, le secteur de Haldimand pourrait contenir 7,7 millions de barils de pétrole. Cela équivaut à 22 jours de consommation de pétrole au Québec, au niveau actuel de consommation de pétrole.

Controverse

Si Pétrolia progresse dans ses travaux à la pointe de la Gaspésie, l’idée de voir un jour une exploitation commerciale sur le territoire de Gaspé divise la population. Il faut dire que le puits Haldimand 4 est situé à 350 mètres d’un secteur résidentiel de Gaspé, et à moins de cinq kilomètres du centre-ville.

La Ville réclame d’ailleurs une étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) « avant un nouveau forage ou avant la phase d’exploitation commerciale ». L’exploitation d’un éventuel gisement nécessiterait fort probablement le forage de plusieurs puits dans le secteur.

Le gouvernement Couillard refuse toutefois de mandater le BAPE pour qu’il étudie le projet, et ce, malgré les demandes répétées de Gaspé. Et s’il se montre très réticent à l’idée d’exploiter le pétrole de l’île d’Anticosti, le premier ministre a dit à plusieurs reprises qu’il souhaitait permettre l’exploitation en territoire gaspésien. Québec soutient d’ailleurs financièrement des projets de recherche d’énergies fossiles dans la région.


 
5 commentaires
  • Jacques Roberge - Abonné 2 juin 2016 19 h 52

    Quel potentiel touristique !

    C'est parti... Bravo ! 540 barils de pétrole gaspésien. A-t-on pensé en déposé un baril au Musée régional de la Gaspésie. Un legs historique !!!
    Bientôt nous pourrons ajouter cet attrait touristique à notre visite de Gaspé. Ce n'est tous les jours que nous pourrons béatement admirer une industrie pétroleuse en pleine ville...

    Jacques Roberge,abonné.

  • Denis Paquette - Abonné 2 juin 2016 20 h 45

    Vive les vampires

    De toutes les facons il semble que le sous-sol ne nous appartient pas , depuis le temps que les libéraux recherchent des endroits pour lesquelles nous n'avons aucuns droits de regard, ils ont enfin trouvés, ils vont enfin pouvoir dire qu'ils font parti des vampires de la planète

  • Pierre Vaillancourt - Abonné 2 juin 2016 23 h 20

    Pendant qu'on évacue Le Louvre...

    Est-ce que les Québécois veulent vraiment devenir des producteurs de pétrole, ou veulent-ils plutôt s'affranchir du pétrole ?

    Il y a présentement plus de pétrole dans les réserves connues et en exploitation sur la planète que la quantité requise pour faire bouillir nos océans et faire disparaître l'Humanité à court terme si tout ce pétrole est brûlé d'ici l'anb 2100.

    Je pense qu'il faut aller manifester à Gaspé, y poser des actions dérangeantes mais socialement acceptables, et même plus pour ceux qui peuvent se permettre quelque temps en prison.

    Vivement une Maison du pêcheur des temps modernes, à Gaspé, pour canaliser toutes les énergies de ceux et celles qui veulent mettre fin à la cupidité aveugle et bornée.

    Y'en a marre de voir le territoire, le pays, la planète, s"effriter.

    La Seine déborde, Paris est inondé, on doit évacuer le Louvre, mais let's go, on va produire du pétrole à 350 mètres de Gaspé.

    Non mais ciboire, ça va faire le niaisage, vous pensez pas ?

    (Peut-on dire un seul gros mot dans un commentaire, il y en a plein dans notre littérature...)

    • Brigitte Garneau - Abonnée 3 juin 2016 09 h 42

      J'abonde totalement dans le sens de votre intervention! Nous nous devons d'aller manifester à Gaspé! Protégeons ce qui reste encore de la nature!

  • Jacques Roberge - Abonné 3 juin 2016 06 h 56

    À propos de niaisage... patenté et institutionnalisé.

    Pour niaiser, ça prend des niaiseux, on s'entend là-dessus, Oh! Hisse! (gros mot déguisé).
    Alors, que faut-il pour qu'il nous arrive des niaiseries comme une "pétrolerie" en pleine ville? La recette:
    Rien de moins que d'élire des niaiseux potentiellement ripoux... qui feront peur aux braves gens frileux en brandissant l'épouvantail "référendum"... pour ensuite se dire protecteurs de l'environnement et autoriser son contaire... comme un retour d'ascenseur.
    Et nous voilà promis à un brillant avenir !
    Qui se souvient qu'un jour un Général visionnaire était venu nous proclamer :Vive le Québec libre! Vaste programme !
    Courage et espoir! Le chemin sera long avant d'y arriver !

    Jacques Roberge,abonné au Devoir de penser.