Québec offre son appui à un autre projet pétrolier

Le gouvernement Couillard se dit prêt à appuyer un projet pétrolier encore méconnu et situé dans le Bas-Saint-Laurent. Selon une évaluation préliminaire menée par la firme Sproule, la même qui avait évalué le potentiel sur Anticosti, le secteur contrôlé par l’entreprise Squatex et situé près de Rimouski pourrait contenir plus de 50 millions de barils de pétrole.

La députée de la Coalition avenir Québec (CAQ) Chantal Soucy s’en est prise au gouvernement Couillard mercredi en affirmant que le « virage vert » du premier ministre nuirait à l’industrie pétrolière et gazière qui tente d’émerger au Québec. Selon la CAQ, « les déclarations et l’ingérence du premier ministre » au cours des derniers mois, notamment dans le projet d’exploration sur l’île d’Anticosti, « font fuir les investisseurs potentiels, locaux comme étrangers ».

Mme Soucy a d’ailleurs rencontré mercredi le directeur de développement de Squatex, Mario Lévesque. Selon ce dernier, la jeune entreprise aurait de la difficulté à trouver un partenaire financier pour mener des forages exploratoires dans le Bas-Saint-Laurent.

52 millions de barils

Pourtant, a affirmé la députée caquiste, le potentiel pétrolier contrôlé par Squatex et son partenaire Petrolympic pourrait s’avérer important, si on en croit les résultats d’une analyse préliminaire réalisée par la firme Sproule. Selon cette étude, le secteur situé près de Rimouski pourrait renfermer plus de 52 millions de barils de pétrole, mais aussi d’importantes quantités de gaz naturel.

Aucun gisement n’a toutefois encore été découvert dans cette région, où plusieurs permis d’exploration sont en vigueur depuis quelques années. D’autres travaux sont donc à prévoir pour tenter de déterminer s’il existe bel et bien un potentiel commercial d’exploitation d’énergies fossiles.

« Extrêmement valable »

En répondant aux questions de la CAQ au cours de la période des questions à l’Assemblée nationale, mercredi, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a d’ailleurs souligné que le gouvernement est toujours favorable au développement pétrolier et gazier. Il a ainsi cité l’appui aux projets Bourque et Galt, de Pétrolia, ainsi qu’au projet Galt, de Junex. Le gouvernement est d’ailleurs un partenaire financier de ces entreprises.

Le ministre a également affirmé que le projet de Squatex « peut être extrêmement valable pour le Québec ». « On est dans une phase d’exploration au moment où on se parle et, encore une fois, nous allons regarder la situation et nous serons prêts à [soutenir] l’entreprise si elle respecte les lois et les règlements du Québec », a fait valoir M. Arcand.

Outre ses permis dans le Bas-Saint-Laurent, Squatex contrôle aussi plusieurs permis d’exploration dans le sud de la province, notamment dans la région de Montréal. Ces permis concernent des secteurs où on pourrait retrouver un potentiel en gaz de schiste.
 

Consultez la carte des forages réalisés au Québec
14 commentaires
  • Gerald Chouinard - Inscrit 1 juin 2016 20 h 03

    On nous prend pour des dindes

    Virage vert du premier ministre, et en même temps, "le gouvernement est toujours favorable au développement pétrolier et gazier". Peut-on dire une chose et son contraire, et aux mêmes personnes par-dessus le marché, sans dévoiler son hypocrisie? Branchez-vous (dans les 2 sens du terme)!

    • Josée Duplessis - Abonnée 2 juin 2016 07 h 00

      Oui on peut dire une chose et son contraire. Le PLQ est un artiste dans ce genre d'entourloupettes.
      Je suis intègre et ........
      Je gouverne pour le bien public et je favorise le privé.
      Je suis vert et j'organise le développement de l'or noir....
      Et j'en passe

    • Pierre Labelle - Inscrit 2 juin 2016 07 h 08

      À votre question, la réponse est; bien oui c'est possible et sans rire à part ça. C'est devenu la grande spécialité de ce gouvernement.

    • Gaétan Fortin - Abonné 2 juin 2016 08 h 59

      En quoi la consommation de pétrole québécois accroit-elle
      la pollution que celle du produit albertain, ou proche-oriental ?

      Le positionnement de certains en cette matière est moralisateur.
      On se sent vertieux, même au volant de sa bagnole.
      On rêve de voiture électrique lourdement subventionnée par
      l'État. Aux dépens des usagers des transports publics.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 3 juin 2016 09 h 19

      @ Gaétan Fortin

      La question n'est pas de savoir si du pétrole québécois est plus ou moins polluant que celui de l'Alberta ou du Proche-Orient, la question est tout simplement de savoir si la planète a besoin que nous exploitions de nouvelles réserves de pétrole.

      La réponse est non, il y a suffisamment de réserves connues et en exploitation pour réchauffer la planète à des températures qu'on ne peut même pas imaginer et sous lesquelles l'Humanité ne pourrait même pas survivre. La vie, oui, mais pas l'Humanité.

      Avec sa campagne internationale « Keep it in the ground », croyez-vous que le grand quotidien The Guardian est vertueux et moralisateur, ou simplement réaliste et conscient de ce qui se passe sur Terre ?

      Ce n'est pas en produisant plus de pétrole, ici ou ailleurs, que nous sortirons de l'économie du pétrole.

      Cette sortie est au prochain virage, si on le veut, mais les multinationales du pétrole, qui sont aussi derrière l'industrie automobile, en bloquent l'accès, alors que ce serait à nous de les tasser et de ne pas leur donner l'accès à notre sous-sol.

      Il serait plus que temps d'amorcer un vrai changement...

  • Luciano Buono - Abonné 1 juin 2016 20 h 52

    Calcul simple

    Refaisons le calcul qui n'est jamais fait dans ce genre d'article. Donc, 52 millions de barils de pétrole serait disponible sur ce site. À 159 litres par baril, ceci nous donne
    8,268 milliard de litres de pétrole. Selon Statistique Canada (2014), il y a aurait plus ou moins 5 millions de véhicules de moins de 4500kg au Québec. Donc, ceci nous donne 1653 litres d'essence par véhicule. Soyons conservateur et supposons que 50 litres par deux semaines sont nécessaires pour tous ces véhicules. Ceci nous donne de l'essence pour 66 semaines, donc un peu plus qu'un an. Évidemment, si on inclus les véhicules plus lourd, le nombre de semaine descend. En gros, ce gisement potentiel, qui n'est pas encore confirmé, fournirait au plus de l'essence pour un an au Québec...c'est ça l'industrie pétrolière au Québec?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 2 juin 2016 08 h 56

      De plus en plus intéressant! Là, on parle des «vraies affaires»! Je ne crois pas que notre bon gouvernement, malheureusement monsieur Buono, calcule de la même façon que vous...

  • Denis Paquette - Abonné 2 juin 2016 02 h 47

    Des rapaces

    Meme si c'est une industrie périclitante, les rapaces sont toujours a l'affûts, vont-ils un jour nous foutre la paix avec leur saletée, n'ont-ils pas faits suffisamment de morts et détruits suffisamment de pays, quel horreur que ces politiciens voulant s'enrichir a tous prix, ayant découverts qu'ils pouvaient vendre le sous-sol sans avoir a demander la permission a qui que ce soit, il faudrait bien un jour pouvoir les lyncher pour hautes trahisons, la vie est mystérieuse, peut être que ce jour viendra plus vite que l'on pense

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 2 juin 2016 07 h 45

    Ne pas déplaire aux Chambres de commerce

    Être favorable au développement pétrolier et gazier s'avère une affirmation tellement générale qu'elle ne signifie presque rien. À l'étape de l'exploration pétrolière, une petite compagnie a énormément besoin d'argent et elle en quête partout, gouvernement inclus. En aura-t-il pour elle et combien? Par la suite, les actions de cette compagnie seront vendues à vil prix, par exemple 1$, parce que leur valeur dépendra des résultats des explorations autorisées et financées par le gouvernement. Entre temps, la compagnie promettra le ciel à qui veut l'entendre. L'argent gouvernemental sollicité et probablement dépensé en pure perte ne sera pas celui des politiciens concernés, mais de toute le monde: autrement dit, ce n'est pas leur argent: Anticosti, c'est aussi ceci. Il y aura donc beaucoup d'esbroufes auxquelles un député et un ministre peuvent facilement céder, le premier en reprochant abusivement au gouvernement de négliger le pétrole au profit de l'environnement et le second en disant qu'il étudiera le dossier à son mérite.

  • Robert Aird - Abonné 2 juin 2016 09 h 39

    La CAQ assujettie au pétrolière?

    La députée de la Coalition avenir Québec (CAQ) Chantal Soucy s’en est prise au gouvernement Couillard mercredi en affirmant que le « virage vert » du premier ministre nuirait à l’industrie pétrolière et gazière qui tente d’émerger au Québec. Et alors? Personne ne veut de cette industrie destructrice d'un autre siècle, sauf ceux qui y sont assujettis. Le virage informatique a nui et continu de nuire à la presse. Va-t-on freiner ce virage? Bien sûr que non, personne n'y songe! A-t-on freiné l'industrialisation parce qu'elle tuait les artisans et les petits marchands? Non plus. On pourrait multiplier les exemples. Le virage vert crée de nouvelles ressources et techniques qui engendront de nouvelles industries. Nous devons accepter qu'il nuise à l'industrie du pétrole, c'est normal et ce ne sera certainement pas plus mal pour le futur de l'humanité. Et puis, ce n'est pas les ressources naturelles qui font la force des nations, mais la matière grise. Singapour a le meilleur PIB et ne possède aucune ressource naturelle. Mais il est le principale producteur de disques durs au monde. Et que dire du Japon? Mais bon, le gouvernement libéral se soucie beaucoup plus des affaires de leurs amis de la Chambre de commerce que d'éducation.