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L’ONE approuve un important pipeline vers la côte ouest

L’Office national de l’énergie recommande au gouvernement fédéral d’approuver l’important projet de pipeline d’exportation Trans Mountain, qui doit permettre de transporter du pétrole albertain vers la côte ouest. La Colombie-Britannique et la Ville de Vancouver se sont pourtant opposées au projet conçu pour l’industrie des sables bitumineux.

« En tenant compte de tous les éléments de preuve, de tous les facteurs pertinents et du fait qu’il y a des avantages considérables à l’échelle nationale, régionale et, dans une certaine mesure, locale, l’Office a jugé que les avantages du projet l’emporteraient sur les inconvénients résiduels », résume l’Office national de l’énergie dans sa décision, qui est tout de même assortie de 157 conditions.

Le projet Trans Mountain, de l’entreprise Kinder Morgan, prévoit la construction d’un nouveau pipeline qui permettrait de faire passer la capacité quotidienne d’un réseau existant de transport de pétrole albertain de 300 000 à 890 000 barils. Cela équivaut à 325 millions de barils par année.

Fait à noter, le rapport favorable de l’organisme fédéral ne tient pas compte des émissions de gaz à effet de serre liées à la production du pétrole qui circulera dans le pipeline. Une erreur, ont dénoncé jeudi Équiterre et Greenpeace, en réagissant aux recommandations de l’ONE.

« Nous ne pouvons pas bâtir de nouveaux pipelines tout en disant vouloir respecter les objectifs du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques adoptés à Paris, a dit Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada. Justin Trudeau doit rejeter des projets comme le pipeline de Kinder Morgan en Colombie-Britannique et celui de TransCanada au Québec qui visent l’expansion et l’exportation de la production du pétrole issu des sables bitumineux et pour lesquels il n’y a pas d’acceptabilité sociale. »

La question des émissions de gaz à effet de serre doit normalement être évaluée par un comité mis sur pied par le gouvernement Trudeau.

Pétroliers

Le pipeline doit aboutir dans la région de Vancouver, où plus de 400 pétroliers seront chargés chaque année pour exporter le pétrole albertain. L’Office national de l’énergie (ONE) a d’ailleurs insisté jeudi sur la nécessité de développer des marchés pour le pétrole de l’Alberta.

Ce projet est moins ambitieux que le projet Énergie Est, de TransCanada, en terme de quantités de pétrole transportées. Il est aussi moins long, puisque le pipeline aurait une longueur d’environ 1000 kilomètres, contre 4600 kilomètres pour Énergie Est.

Le rapport mentionne par ailleurs que 10 espèces de mammifères marins inscrites à la Loi sur les espèces en péril pourraient être affectées par la croissance marquée du trafic maritime imputable aux futures exportations de pétrole des sables bitumineux.

Opposition

Ce pipeline est pour le moins contesté sur la côte ouest. À l’instar de l’autre projet de pipeline qui vise la côte ouest canadienne, Northern Gateway, Trans Mountain a en fait soulevé une vive controverse. Samedi dernier, plus de 800 personnes ont ainsi encerclé symboliquement le terminal pétrolier de Kinder Morgan afin de protester contre le projet Trans Mountain.

La Colombie-Britannique et la Ville de Vancouver ont déjà dit non au pipeline de Kinder Morgan au cours des derniers mois. Fait à noter, plusieurs des arguments évoqués par la grande ville de la côte ouest canadienne rejoignent ceux soulevés par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Le plaidoyer faisait état des « risques » liés à un déversement de pétrole des sables bitumineux pour les cours d’eau traversés par le futur pipeline.

Ce projet signifierait également une augmentation significative du trafic de pétroliers dans le secteur de Vancouver. La Ville a donc insisté sur les risques qui seraient assumés par les autorités municipales et les citoyens en cas de déversement, faisant valoir que les retombées économiques ne font pas le poids face à ces risques.

Cette prise de position de Vancouver n’a pas provoqué de levée de boucliers des partisans des sables bitumineux, contrairement au flot de critiques adressées à Montréal et au Québec dans la foulée du refus d’Énergie Est par la CMM.

Le refus du projet de Kinder Morgan par la Colombie-Britannique, en janvier dernier, n’a pas non plus provoqué de tollé.

9 commentaires
  • Pierre Lalongé - Inscrit 19 mai 2016 18 h 34

    C'est exactement

    ce qui va arriver au Québec si nous laissons passer le pipeline Énergie Est.
    Les pétrolières voudront en passer un deuxième, un troisième, etc.
    Nous deviendrons une autoroute pour le pétrole de l'Alberta avec tous les risques.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 20 mai 2016 08 h 40

      Si le Québec était indépendant, la controverse relative à Énergie Est n'existerait pas; le Canada exporterait son pétrole par la Baie-d'Hudson.

      En votant non au dernier référendum, le Québec a choisi de vivre à la merci de la volonté majoritaire du Canada anglais.

      De la même manière que le Canada anglais n'a pas hésité à imposer au Québec une nouvelle constitution, il lui imposera la traversée de ce pipeline puisque le Québec est, dans les faits, la colonie interne du Canada.

  • François Beaulne - Abonné 19 mai 2016 22 h 28

    L'ONE n'a aucune crédibilité

    Cet organisme fédéral, soi-disant chien de garde de l'évaluation 'objective' des projets de transport pétroliers au Canada n'a plus de crédibilité pour se prononcer de manière élcairée et transparente sur les projets, dont celui d'Energie Est qui lui sont soumis. " L’Office national de l’énergie (ONE) a d’ailleurs insisté jeudi sur la nécessité de développer des marchés pour le pétrole de l’Alberta". Voici qui dit tout!
    De plus, son arrogance face au Québec dans son évaluation d'Energie Est, comme en fait foi notamment son refus de traduire en Français la documentation qui lui est soumise, devrait nous inciter à rejeter d'emblée ses conclusions.
    Je suis prêt à parier que le gouvernement de Trudeau ne forcera pas l'implantation des pipelines de Tran Mountain et de Northern Gateway à travers la Colombie Britannique, mais qu'il s'évertuera à nous enfoncer dans la gorge Energie Est.

    • Jacques Lapointe - Abonné 22 mai 2016 02 h 52

      Bien d'accord avec tous vos arguments. Il est reconnu que l'office National de L'Énergiequi est situé en Alberta et que ses membres sont majoritairement, sinon totalement hissuent de l'industrie pétrolière. Je me rappelle que Harper avait nommé une de ses juges. A ce que je sache, ce tribunal est juridique, si ses juges prennent des décisions qui ne sont pas partiales, j'espèrent qu'il y a des avocats pour voir à cela .

  • Claude Bariteau - Abonné 19 mai 2016 23 h 01

    Décision bizarre

    « En tenant compte de tous les éléments de preuve, de tous les facteurs pertinents et du fait qu’il y a des avantages considérables à l’échelle nationale, régionale et, dans une certaine mesure, locale, l’Office a jugé que les avantages du projet l’emporteraient sur les inconvénients résiduels ».

    Est-ce le mandat de l'ONÉ de mettre en relief les avantages et d'être muette sur l'impact des GES ? Il me semble que ce sont des points qui relèvent du parlement et du gouvernement. Que l'ONÉ les signale révèle que son évaluation est d"ordre politique et qu'elle réalise le travail qui revient au gouvernement.

    Voilà qui laisse entrevoir que cet organisme sera biaisé lorsqu'il évaluera le projet d'Énergie-Est.

  • Claude Livernoche - Inscrit 20 mai 2016 11 h 03

    L'ONÉ dites-vous?

    Treize non-élus, issus pour la plupart du secteur pétrolier, basés à Calgary.

    Ce sont ces pétroleux qui vont décider de l'aménagement du territoire québécois.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 20 mai 2016 11 h 27

    Et nous les citoyens, où sommes-nous?

    C'est à croire que L'Office national de l'énergie (ONE) est lobbyiste pour l'industrie pétrolière! Les citoyens de l'ouest ont beau avoir dit NON, L'ONE se bouche les oreilles et renforce son entêtement à vouloir faire passer son tuyeau coûte que coûte!!
    C'est comme si les citoyens n'existaient pas!