Les GES à Ottawa, dit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard juge que l’étude des gaz à effet de serre liés à la production pétrolière pour le pipeline Énergie Est revient uniquement au gouvernement fédéral. Il contredit ainsi son propre ministère de l’Environnement, qui estime qu’il a le mandat d’évaluer l’ensemble des émissions découlant du projet.

Questionné par le Parti québécois à l’Assemblée nationale mercredi matin, le chef libéral a pour la première fois fermé clairement la porte à une évaluation québécoise des gaz à effet de serre (GES) imputables au pipeline de TransCanada. « La production des gaz à effet de serre en amont va être prise en compte par l’Office national de l’énergie. Le premier ministre du Canada a été très, très clair là-dessus », a-t-il affirmé en réponse au chef péquiste par intérim Sylvain Gaudreault.

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’est pourtant pas de cet avis. « L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, le 6 novembre 2014, une motion indiquant notamment qu’elle demande au gouvernement du Québec d’inclure la contribution globale du projet Énergie Est aux changements climatiques et aux émissions de gaz à effet de serre dans le mandat confié au BAPE afin d’évaluer l’ensemble des impacts du projet Énergie Est. Le ministère continue d’oeuvrer dans le sens de cette motion », a expliqué le ministère dans une réponse écrite transmise au Devoir.

Le ministère a donc prévu de tenir compte des émissions découlant de la production pétrolière des sables bitumineux qui sera transportée par le pipeline, et ce, même si la directive transmise par le ministre David Heurtel à TransCanada pour la réalisation de l’étude d’impact n’en fait pas mention. L’entreprise garde elle aussi le silence sur cet enjeu dans son avis de projet déposé au gouvernement du Québec.

Flou au BAPE

Quant au BAPE, il a indiqué au Devoir récemment que la prise en compte des GES dépendra de la teneur du « mandat » qui sera octroyé par le ministre de l’Environnement, David Heurtel. Dans le cadre du premier BAPE sur Énergie Est, annulé en avril, l’organisme indépendant avait confirmé qu’il évaluerait les émissions découlant de l’exploitation des quelque 1,1 million de barils de brut qui circuleront chaque jour dans le pipeline.

« Un BAPE complet devrait mesurer les émissions globales de GES et se pencher sur les retombées économiques, ce qui n’est pas le cas actuellement, a par ailleurs insisté Sylvain Gaudreault mercredi, par voie de communiqué. On dirait que le gouvernement fait tout pour ne pas savoir et, pire, pour que la population ne puisse pas savoir. Pourquoi refuse-t-il de tenir un vrai BAPE et de lui donner le mandat d’évaluer les retombées économiques du projet Énergie Est ? »

Pour le premier ministre, la question des impacts économiques « ne fait pas partie de la fonction du BAPE », a-t-il dit mercredi lors de la période des questions. Le BAPE a pourtant inclus cette question dans l’évaluation de nombreux projets par le passé, notamment dans le cadre de son mandat sur le gaz de schiste, ou encore celui sur le projet Mine Arnaud.

Selon une évaluation de l’Institut Pembina, la seule disponible à ce jour, l’exploitation du pétrole d’Énergie Est devrait générer des émissions annuelles de 32 millions tonnes de GES, soit l’équivalent de sept millions de véhicules.

19 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 11 mai 2016 14 h 07

    Les émissions «globales» sont aussi produites par la consommation

    Le problème du réchauffement climatique est causé par les émissions de GES à l'échelle planétaire. Pour diminuer ces émissions, il faut diminuer non seulement la consommation mais aussi la production du pétrole et du charbon.

    L'augmentation de la production de pétrole au Canada est incompatible avec la diminution des émissions de GES au niveau planétaire. Pouquoi les autres pays producteurs de pétrole accepteraient de réduire leur production si le Canada augmente la sienne ? Ce sont d'abord les pays riches qui doivent réduire leur production, à commencer par les sources les plus polluantes. Les sables bitumineux font partie des sources les plus polluantes de pétrole.

    • Marc Tremblay - Abonné 11 mai 2016 19 h 21

      M. Montmarquette, l'article parle d'une dissension entre Couillard et son ministre. Mais pour vous, tout est prétexte à critiquer le PQ, votre bête noire que vous semblez détester plus que le PLQ.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 10 h 54

      "Pour vous, tout est prétexte à critiquer le PQ, votre bête noire que vous semblez détester plus que le PLQ." - Marc Tremblay

      Ma critique au Parti québécois est essentielle si ont veut pas éternellement remplacer les néolibéraux rouges du Parti libéral par les néolibéraux bleus du Parti québécois.

      Ce PQ qui non seulement ne constitue plus une alternative crédible au Parti libéral, mais prive le Québec d'une véritable opposition au Parti libéral et même d'une véritable démocratie, puisque le PQ et le PLQ endossent le même dogme du déficit zéro, les mêmes politiques d'austérité et le même gavage des banques et des entreprises à raison de 10 milliards par année avec des deniers publics qui devraient servir au financement des services publics.


      Christian Montmarquette

  • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2016 14 h 21

    C'que l'PQ dit et c'que l'PQ fait..

    Peu importe ce que le PQ nous dit aujourd'hui. Il avait appuyé le projet d'oléoduc d'Enbridge quand il était au pouvoir. Une honte environnementale, mais surtout, une preuve de plus qu'ici comme ailleurs le Parti québécois loge à la même enseigne que les libéraux question de pétrole.

    Mais pour les citoyens.nes avertis.es, ça n'a rien de nouveau que le PQ dise une chose dans l'opposition et le fasse le contraire quand il est au pouvoir. C'est plutôt monnaie courante.

    Au bout du compte.. C'que l'PQ dit.. Et c'que l'PQ fait..

    C'est une dire une chose et faire le contraire.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    " Projet Enbridge - Les insouciants" - Le Devoir

    "C’est fou l’indifférence avec laquelle le Québec accepte l’inversion du flux de l’oléoduc 9B de la compagnie Enbridge.. Les élus provinciaux, Québec solidaire excepté, sont tout aussi insouciants... Qu’à cela ne tienne, le gouvernement Marois avait déjà donné tous les signes qu’il déroulerait le tapis rouge à Enbridge, aveuglé par les retombées économiques mythiquement associées au mot pétrole." - Josée Boileau

    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s

    .

    • J-Paul Thivierge - Abonné 11 mai 2016 23 h 29

      Le Endbridge 9 B transporte entre Sarnia et Montréal 95 % du pétrole requis pour nos besoins actuels. Auparavant ces 300,000 barils par jour arrivaient par pétroliers qui brûlaient du pétrole lourd pour faire le transport du pétrole venant d Afrique ou d'Amérique du sud donc il y avait plus d'émissions de GES qu'un oléoduc dont les pompes sont électriques alimentées à notre électricité propre .
      Ce contrat de 20 ans prévoit une réduction progressive de débit avec l'accélération de l'électrification des transports et l'utilisation plus efficace de l'huile pour le chaufage de l'eau et de l'air. Comme cet oléoduc existatait il est sous l'autaurité de l'ONÉ donc tant que le Québec n'est pas un pays indépendant on n∂ peut s'opposer à son utilisation.
      On a beau chialer, se plaindre, manifester on doit endurer son exploitation mais somme toute c'est MOINS pire que d'autres solutions.
      Maintenant ce qui est majeur et fondamental c'est de s'opposer à l'exportation de sale bitumineux par tuyau (TCPL) , par bateaux ( Kildair ) ou par convois citernes (CTI ) via le CN vers Belledune là où la population peut encore bloquer ∂t influence .
      Alors, au lieu de faire des procès sur à qui la faute on s'organise pour déposer des mémoires , faire des marches de protestation et des manifs . (Y)

    • Bruno Martin - Abonné 12 mai 2016 07 h 13

      Merci de faire ainsi avancer le débat sur le projet ÉNERGIE-EST...
      Également, une inversion de flux implique le pétrole circulait déjà dans le pipeline 9B et que cela n'a pas augmenté les risques environementaux contrairement à un NOUVEAU pilepine qui de plus permettra d'augmenter considérablement la production de GES canadiens. Bien qu'ayant trait tous deux au pétrole, ces deux dossiers sont très différents!

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 mai 2016 09 h 57

      Désolée, monsieur Montmarquette, mais cette fois-çi vous en manquez des bouts. Sur le plan environnemental le 9B a été une bonne décision, d'autant plus qu'il existait déjà.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 11 h 42

      Si vous n'avez-pas apprécié ma première intervention..

      Peut-être apprécierez davantage ma deuxième...

      "Pétrole des sables bitumineux - Marois ouverte à l’idée d’un nouvel oléoduc" - Le Devoir

      " Des centaines de milliers de barils de pétrole pourraient traverser le Québec chaque jour vers le Nouveau-Brunswick "

      http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s

      "

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 mai 2016 17 h 42

      Cette position de Marois était loin de faire l'unanimité, vous l'admettrez.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2016 08 h 55

      "Cette position de Marois était loin de faire l'unanimité."- Hélène Paulette

      Unanimité ou pas..

      - N'est-ce pas " le cheuf" qui décide de tout dans ces vieux partis-de-chefs comme le PQ, le PLQ et la CAQ ?

      Pauline Marois n'avait-elle pas même rayé l'Article Un du programme du PQ sans consultation, ni assemblée, ni Congrès?

      Ah ! - Y'a pas à dire !

      Elle est belle la démocratie au Parti québécois !

      - CM

  • Richard Lupien - Abonné 11 mai 2016 15 h 35

    Dormir au gaz...

    ...à effet de serre. Quand un gouvernement ne sait pas se qu'il veut, quand il est indéterminé en plus de se laisser dicter sa conduite par les grands intérêts capitalistes de se monde, (((genre Power Corporation))) fonctionner qu'en pensant au développement des affaires, des ” vraies affaires ", tout en sachant quand même un peu qu'il y a péril en la demeure, péril pour notre planète bleue, il ne peut que se contredire tout le temps et malheureusement agir contre les intérêts des citoyens.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 11 mai 2016 16 h 16

    Y a-t-il quelqu'un de responsable quelque part?

    Non, mais on nous prend pour qui? Donc, si je comprends bien, TOUT absolument TOUT, relève du fédéral! Quoiqu'il advienne, nous n'avons aucun moyen de défense! À quoi sert-il d'avoir un ministre de l'environnement? À quoi sert-il d'avoir un PM s'il est incapable de nous représenter? Bref, le buffet à volonté est ouvert! Servez-vous! Prenez tout ce que vou voulez! Le fleuve, les rivières, les terres... En plus, nous nous ferons un plaisir de payer la facture s'il y a un problème au niveau de la DIGESTION (pipeline) et vous aurez droit aux soins du bon docteur Couillard! Ça c'est de la médecine préventive! J'ai HONTE, vraiment HONTE

    • Raymond Chalifoux - Abonné 11 mai 2016 21 h 57

      Si je vous ai bien compris, faudrait lancer un mouvement, genre, souvraineté-association?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 12 mai 2016 11 h 32

      Vous avez tout compris Monsieur Chalifoux!

  • Jacques Morissette - Inscrit 11 mai 2016 21 h 28

    L'opportunisme de Philippe Couillard.

    Un bon moyen pour lui de s'en laver les mains, sachant qu'une certaine vague de sympathie du Fédéral penche du côté du pipeline TransCanada.