Le ministre Garneau attendu de pied ferme

Une voie ferrée de contournement permettrait d’éviter une fois pour toutes le passage de convois de produits dangereux en plein cœur de cette municipalité traumatisée par la tragédie de juillet 2013.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une voie ferrée de contournement permettrait d’éviter une fois pour toutes le passage de convois de produits dangereux en plein cœur de cette municipalité traumatisée par la tragédie de juillet 2013.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, est attendu de pied ferme ce mardi à Lac-Mégantic, alors qu’il doit rencontrer des élus et des citoyens impatients de voir enfin des progrès dans le dossier de la voie ferrée de contournement. Une étude préliminaire sur le projet doit d’ailleurs être rendue publique en mai, a appris Le Devoir.

Près de trois ans après l’explosion du convoi pétrolier qui a provoqué la mort de 47 personnes et détruit une partie de Lac-Mégantic, le message répété à plusieurs reprises demeure le même. « Il faut absolument accélérer les étapes en vue de la réalisation de la voie de contournement, d’autant qu’il faudra plusieurs années pour la construire », résume le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, Robert Bellefleur.

Le maire de la municipalité, Jean-Guy Cloutier, a d’ailleurs fait valoir lundi qu’un « rapport préliminaire » détaillant la faisabilité de la voie de contournement et les coûts de celle-ci sera rendu public d’ici la mi-mai. « Avec cette étude, nous avons bon espoir de pouvoir entamer les discussions avec le gouvernement », a-t-il dit. L’étude, menée par la firme AECOM, a été menée au coût d’un million de dollars et financée par les gouvernements fédéral et provincial.

Une telle voie ferrée permettrait d’éviter une fois pour toutes le passage de convois de produits dangereux en plein coeur de cette municipalité traumatisée par la tragédie de juillet 2013. Mais pour le moment, le gouvernement Trudeau n’a pris aucun engagement concret en vue de sa réalisation. Aucun montant n’a été inscrit à ce sujet dans le dernier budget fédéral.

Même si aucune annonce n’est prévue mardi, le ministre Marc Garneau sera certainement questionné sur le sujet, puisqu’il doit rencontrer le maire Jean-Guy Cloutier, le maire de Nantes, Jacques Breton, le Comité de vigilance pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic et la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire.

Insécurité

En soirée, le ministre fédéral des Transports doit également participer à une rencontre avec les citoyens afin de répondre à leurs questions. « Je m’attends à ce que beaucoup de gens viennent parler de leur sentiment d’insécurité à chaque fois qu’ils voient passer un convoi de wagons-citernes, a souligné M. Bellefleur. Ils vont demander au ministre d’agir maintenant pour régler le problème le plus rapidement possible, et non pas d’attendre dans cinq ou dix ans. »

Selon le maire Jean-Guy Cloutier, le ministre doit aussi « rassurer la population » sur la sécurité de la voie ferrée qui traverse Lac-Mégantic. « Il y a des inquiétudes avec les infrastructures actuelles », a-t-il ajouté.

Il faut dire que des convois ferroviaires ont recommencé à circuler il y a de cela plusieurs mois. Certains wagons DOT-111 transportent donc des produits dangereux en plein coeur de Lac-Mégantic. Selon M. Bellefleur, des centaines des wagons y passent chaque mois, transportant notamment différents produits gaziers et de l’acide sulfurique.

Le porte-parole du regroupement citoyen estime toutefois que la voie ferrée est « vétuste », voire « dans un état lamentable ». Une telle situation en inquiète plusieurs, selon lui, puisque aucun engagement de réfection des rails n’a été pris jusqu’à présent. « On me dit qu’on respecte les normes de sécurité. Mais bien souvent, nous sommes à la limite des normes, et le gouvernement refuse d’agir. C’est assez inquiétant. »

L’an dernier, la Direction de santé publique de l’Estrie publiait une étude révélant que la tragédie pétrolière de juillet 2013 faisait encore souffrir la population : 95 % de Méganticois disaient avoir été touchés par la tragédie. On observait plus de dépressions, de troubles anxieux et de problèmes de consommation d’alcool.

Avec Marie Vastel

À voir en vidéo