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L’UPA sollicite la participation de ses membres

Martine Letarte Collaboration spéciale
La plantation de haies brise-vent protège, entre autres, de l’érosion des sols.
Photo: UPA La plantation de haies brise-vent protège, entre autres, de l’érosion des sols.

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre

Les membres de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Ceinture verte du Grand Montréal sont incités à passer à la pépinière pour prendre part à l’engagement de planter 100 000 arbres en milieu agricole d’ici 2017. Cela correspond à plus du quart du grand objectif de 375 000 arbres établi par le Jour de la Terre Québec. Cette initiative permettra d’augmenter de 3 % le couvert végétal et forestier sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Haies brise-vent, bandes riveraines, modernisation de vergers ou d’érablières : les projets de plantation peuvent prendre différentes formes pour se qualifier, mais doivent comprendre de 500 à 5000 arbres. Les essences doivent être adaptées au milieu et le projet doit permettre une connectivité des habitats pour regarnir la Ceinture verte de Montréal. L’agriculteur recevra 5 $ pour chaque arbre planté et plusieurs autres bénéfices.

« En 10 ans, c’est la quatrième fois que l’UPA participe à la plantation d’arbres du Jour de la Terre, mais nous trouvions particulièrement important de marquer le coup du 375e anniversaire de Montréal en jouant un rôle important dans l’initiative de planter un total de 375 000 arbres », indique Martin Caron, deuxième vice-président de l’UPA.

Ce projet de plantation a été lancé en 2013 par le Jour de la Terre Québec, la Fondation David Suzuki, la Fondation Cowboys Fringants et la Compagnie Larivée Cabot Champagne.

La Ceinture verte du Grand Montréal représente cinq régions, soit la Mauricie, le Centre-du-Québec, la Montérégie, l’Outaouais-Laurentides et Lanaudière. On y trouve 11 000 fermes, soit le tiers des entreprises agricoles du Québec.

Pour les agriculteurs, il va de soi de prendre part aux efforts de plantation d’arbres puisqu’ils sont directement dépendants de la qualité de l’environnement pour réaliser leur travail.

« Les terres du Québec sont comme nos jardins, indique Martin Caron, un producteur céréalier, laitier et forestier de Louiseville. Il faut garder nos sols en santé. C’est la matière première qui nous sert à nourrir notre monde. Il y aura d’ailleurs de grands défis en matière de production dans les prochaines années alors qu’on prévoit qu’on sera plus de neuf milliards sur terre en 2050. »

Arbres aux bienfaits multiples

Les agriculteurs ont déjà planté plus de 7000 kilomètres d’arbres sur les terres agricoles du Québec depuis 15 ans.

« C’est l’équivalent de la distance entre Montréal et Moscou », illustre Martin Caron.

La plantation d’arbres et d’arbustes, en plus de réduire les gaz à effet de serre, présente différents avantages pour les agriculteurs. D’abord, pour les propriétaires de vergers et d’érablières, ce programme de plantation représente une occasion de croissance.

Pour les autres, les bandes riveraines protègent l’érosion des sols.

« On veut que les sols restent dans nos champs ! » affirme Martin Caron.

Puis, alors que plusieurs efforts sont faits pour tenter de lutter contre les insectes sans épandre d’insecticides, les arbres peuvent être d’une grande utilité.

« Par exemple, on a de plus en plus de pucerons sur le soya avec les températures qui se réchauffent, indique M. Caron. La coccinelle est un prédateur. Pour nous, elle est bénéfique. Les arbres servent de refuges aux coccinelles, alors ils nous aident dans la lutte contre les pucerons. On appelle ça de la lutte intégrée. »

De moins en moins d’intrants

Les agriculteurs multiplient les efforts pour réussir à avoir une production en utilisant le moins possible d’intrants.

« Les engrais et les pesticides représentent un coût énorme pour les entreprises et on souhaite toujours avoir une solution de rechange, mais on a besoin de résultats scientifiques pour nous aider », explique Martin Caron. Il a lui-même un contrat pour produire de l’orge brassicole qui spécifie qu’il ne peut pas utiliser d’intrants.

Les agriculteurs souhaitent répondre le plus possible aux besoins des consommateurs québécois. Mais ils ont encore du chemin à faire, notamment dans le domaine de l’agriculture biologique.

« En ce moment, 70 % des produits biologiques consommés au Québec sont importés, affirme M. Caron. Pour que les agriculteurs québécois puissent répondre aux demandes des gens d’ici, il faut des outils et des initiatives en recherche et développement. »

En vue d’améliorer la situation, l’UPA a mis en place la Table de développement de la production biologique.

L’UPA milite aussi pour que les règles soient les mêmes pour tout le monde.

« Si on interdit l’utilisation de certains produits en agriculture au Québec parce qu’on veut prendre soin de nos sols, on ne devrait pas permettre l’importation d’aliments cultivés avec ces produits », affirme M. Caron.

Pour un plan concerté

Agriculteurs conventionnels et biologiques, ministères de l’Agriculture, de l’Environnement, de la Faune et autres : l’UPA souhaite que les acteurs se concertent afin de s’entendre sur une vision de développement à long terme pour le secteur agricole au Québec.

« C’est ainsi que nous pourrons développer les outils nécessaires et fournir l’accompagnement essentiel afin de permettre aux agriculteurs de s’adapter pour toujours mieux répondre aux demandes des Québécois », dit l’agriculteur, dont les champs sont voisins d’immeubles à appartements. Il accueille d’ailleurs régulièrement des familles pour réaliser de petites visites de la ferme.

« Je leur explique qu’on est là pour les nourrir, pour nourrir le Québec. On est fiers de ça et on veut répondre à leurs demandes. Il faut nous en donner les moyens. »