Les étudiants à la pointe du changement en environnement

Alice Mariette Collaboration spéciale
Stéphanie Gagné-Clermont, étudiante à la maîtrise en environnement sur le campus de Longueuil, s’intéresse particulièrement à la gestion des matières résiduelles (GMR).
Photo: UdeS Stéphanie Gagné-Clermont, étudiante à la maîtrise en environnement sur le campus de Longueuil, s’intéresse particulièrement à la gestion des matières résiduelles (GMR).

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre

À l’Université de Sherbrooke, les étudiants ont à coeur de défendre l’environnement. Rencontre avec trois étudiantes qui, sur le campus ou dans leur communauté, s’impliquent pour trouver des solutions et tenter d’apporter des changements.

Laurence Williams est en première année de baccalauréat en environnement à l’UdeS. Son objectif est d’allier militantisme environnemental et animation auprès des jeunes. « J’étais d’abord inscrite en droit et j’ai changé à la dernière minute pour étudier en environnement, explique-t-elle. Je ne voulais pas être contre des problèmes, mais pour des solutions, car être toujours contre quelque chose, c’est épuisant ! » Elle cherche à trouver le bon équilibre entre la réaction et la création. « Je pense qu’il est aussi important de dénoncer que d’imaginer des solutions, dit-elle. Il faut savoir en proposer pour avoir de la crédibilité. » Le baccalauréat en environnement lui permettra d’avoir une vision systémique et de « parler plusieurs langages », car pour elle, il est important de maîtriser « le langage du coeur, donc des activistes, mais aussi celui des scientifiques ou des avocats ».

Fortement engagée, elle mène des ateliers d’éducation à l’environnement dans les écoles, écrit pour le journal communautaire Entrée libre et a travaillé pour les Amis de la Terre, Greenpeace, Nature Québec ou encore Équiterre. « Pendant mon baccalauréat, mon objectif est de faire un certain survol du monde environnemental québécois, et à l’UdeS, ce qui est intéressant, c’est qu’on alterne toujours une session d’études avec un stage de quatre mois », précise-t-elle. Pour Laurence, voir l’approche de chaque organisation, mais aussi la façon dont elle concrétise ses valeurs, lui permettra de construire son propre discours. « Plusieurs fonds existent à Sherbrooke pour aider les étudiants à s’engager dans des activités reliées à leur domaine, c’est un bel avantage », ajoute-t-elle. Cet été, Laurence va faire un stage à Totnes, en Angleterre, la première ville du monde à s’être déclarée « en transition ». « Selon moi, c’est une ville du futur, dont on doit s’inspirer, déclare-t-elle. Je vais peut-être ramener ça au Québec ! »

En 2014, elle a participé à la Marche des Peuples pour la Terre Mère en opposition aux projets d’oléoducs de TransCanada et d’Embridge, ainsi qu’à l’exploitation et au transport des hydrocarbures, en parcourant les 700 kilomètres qui séparent Cacouna et Kanesatake. « C’est l’expérience qui m’a le plus marquée dans ma vie, commente-t-elle. Pendant les 34 jours de la marche, on se sentait au bon endroit, au bon moment. »

Le poids de la voix étudiante

De son côté, Stéphanie Gagné-Clermont, étudiante à la maîtrise en environnement sur le campus de Longueuil, s’intéresse particulièrement à la gestion des matières résiduelles (GMR). « Je fais la maîtrise parce que mes valeurs, ma personnalité et mes expériences professionnelles m’ont permis de développer une passion pour la GMR, explique-t-elle. Je m’intéresse aussi aux autres thématiques environnementales, c’est pourquoi je souhaitais acquérir plus de connaissances sur le sujet. » Soutenue par l’UdeS, elle a par exemple mis en place des visites, pour les étudiants et les membres du personnel, du centre de GMR situé sur le campus de Longueuil et qui est l’un des plus performants au Québec.

Stéphanie pense que beaucoup de projets débutent par une initiative étudiante avant d’être pris en charge par l’UdeS. « Il faut démontrer que nos idées sont bonnes, qu’elles font une différence et qu’elles peuvent être intégrées au mode de vie universitaire », explique-t-elle. Elle estime qu’il est plus facile pour l’université de justifier un changement de pratiques lorsque celui-ci vient d’une demande étudiante. « Par exemple, nous avons remarqué que la présence des poubelles dans les salles de classe ne poussait pas les élèves à faire le tri des déchets, nous avons donc eu l’idée de les retirer », illustre-t-elle. Pour elle, c’est parce que la demande venait des étudiants que cela a pu être fait.

« On a la chance que l’université soit là pour nous soutenir dans nos initiatives et nous donner une orientation, il faut saisir cette chance, assure l’étudiante. En plus, cela offre l’opportunité de s’impliquer dans un projet qui tienne à coeur et de se familiariser avec le monde du travail. » C’est notamment le bon classement de l’UdeS en matière de développement durable, soit le 9e rang du palmarès international UI GreenMetric World University 2015, qui offre un cadre idéal de travail à Stéphanie.

Des petits gestes qui comptent

Pour la finissante à la maîtrise en environnement Isabelle Teasdale, une partie des solutions se trouve parmi les citoyens. « Je suis d’avis que le bénévolat, même à petite échelle, est ce qui va amorcer le changement et faire de notre environnement quelque chose de mieux, faire avancer et même débloquer certaines choses », défend-elle. Isabelle s’intéresse particulièrement à la promotion de saines habitudes de vie, de la bonne alimentation aux modes de déplacement. « À la maîtrise en environnement, on a beaucoup de cours de gestion de projets, des cours qui nous amènent à nous questionner sur ce qui nous entoure à différents niveaux, commente-t-elle. Cela m’a donné de bons outils pour être une actrice de changement. »

Dans le cadre d’un de ses cours de maîtrise, elle a participé en 2014 à la 20e convention-cadre des Nations unies (COP20). « On se sent comme un grain de sable dans un désert, car c’est tellement grand comme événement, note-t-elle. Mais aller faire un projet de recherche là-bas était vraiment très enrichissant, je suis allée chercher un énorme bagage et je l’ai ramené ici, en partageant mes connaissances. » Particulièrement impressionnée par sa rencontre avec les indigènes touchés par le réchauffement climatique, elle affirme que si elle pouvait retourner à une COP, elle aimerait le faire au sein d’une association, afin de pouvoir défendre une cause.

Les trois étudiantes s’entendent pour dire que l’engagement pour l’environnement est bien présent sur leur campus, mais qu’il est primordial que tous les citoyens s’impliquent dans leur communauté.