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Célébrer la Terre, l’année durant

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Les activités des établissements verts Brundtland peuvent se traduire par la création d’un jardin collectif dans une cour d’école.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Les activités des établissements verts Brundtland peuvent se traduire par la création d’un jardin collectif dans une cour d’école.

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre

Depuis plus de 20 ans, le réseau des établissements verts Brundtland de la Centrale des syndicats du Québec (EVB-CSQ) s’efforce de promouvoir les comportements écoresponsables. Cette année, il joint sa voix à celle du Jour de la Terre pour mieux faire connaître ses programmes éducatifs en milieu scolaire et stimuler l’engagement des Québécois. Portrait d’un regroupement qui a à coeur le développement durable.

Créé en 1993 à l’initiative de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), en collaboration avec quelques partenaires dont RECYC-QUÉBEC, le réseau des EVB-CSQ a pour objectif de contribuer au façonnement d’un avenir viable en inculquant aux élèves et étudiants qui les fréquentent des valeurs de respect de l’environnement, de pacifisme, de solidarité et de démocratie.

Son nom est inspiré par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland, qui, dans les années 1980, fut présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Elle produisit un rapport intitulé « Notre avenir à tous », lequel fut le premier à faire état du concept de développement durable et à aborder les interdépendances entre l’économie, la société et l’environnement.

Si, à ses débuts, le réseau ne rassemblait que quelques dizaines d’établissements à travers la province, aujourd’hui, il compte plus de 1400 membres. La majorité d’entre eux sont des écoles primaires et secondaires, mais le regroupement comprend aussi des collèges, des universités, des centres de la petite enfance, des centres d’éducation des adultes et des centres de formation professionnelle.

Penser global, agir local

Basant ses actions sur une philosophie bien connue des environnementalistes, soit penser global et agir local, le réseau des EVB-CSQ en est un qui valorise énormément l’engagement individuel et communautaire. Aussi, il encourage ses membres à prendre une part active dans la promotion et la réalisation d’un projet de société s’appuyant sur des valeurs associées au développement durable.

« À la CSQ, nous croyons que le rôle premier de l’école, c’est de former les citoyens de demain. Il ne s’agit pas uniquement de former des travailleurs et des travailleuses ; ça va bien au-delà de ça. Ce qui est véhiculé dans les établissements verts Brundtland s’inscrit tout à fait en ce sens », précise Mme Louise Chabot, présidente de la CSQ.

Concrètement, cela signifie que les jeunes et les adultes fréquentant un établissement membre du réseau des EVB-CSQ sont constamment invités à poser des actions tangibles nourrissant leur espoir d’un monde meilleur. Ces dernières peuvent être entreprises en classe dans le cadre d’un cours, menées à l’échelle de l’établissement lors d’une activité spéciale, ou encore réalisées en partenariat avec la communauté.

« Il y a plusieurs activités qui se déroulent dans le cadre des cours, mais ce n’est pas tout, confirme la présidente de la CSQ. En fait, les valeurs de respect de l’environnement, de pacifisme, de solidarité et de démocratie sont au coeur de tout ce qui est entrepris par ces établissements. »

Les formes que prennent les activités déployées par les EVB sont aussi multiples que diversifiées. Elles peuvent autant se traduire par la création d’un jardin collectif dans une cour d’école que par une présentation orale portant sur le thème de la dictature, la vente de cartes de Noël pour soutenir des populations en difficulté, ou encore la réalisation d’un projet vidéo visant la sensibilisation à l’homophobie.

Fait intéressant, d’après la présidente de la CSQ, les façons de faire des EVB auraient une incidence sur les taux de réussite et de décrochage scolaire de leurs élèves et étudiants.

« Ce qu’on constate, c’est que ce sont des projets qui mobilisent les jeunes et le personnel et que tous en retirent beaucoup de bénéfices. Ils ont un impact important sur la motivation scolaire et sur la persévérance, notamment parce que les jeunes sont fiers de leur engagement et des projets qu’ils développent », indique la présidente de la CSQ.

Afin de mieux mesurer la chose, en collaboration avec plusieurs acteurs du milieu, le réseau des EVB a accepté de prendre part à une étude dont le thème est l’impact des activités chez les jeunes sur leur réussite scolaire et leur bien-être psychologique. Celle-ci est menée par le Laboratoire de recherche sur les émotions et les représentations de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et reçoit le soutien du Service aux collectivités de l’UQAM.

Les défis de la certification

Bien qu’il puisse être octroyé à une multitude d’établissements, le statut d’EVB-CSQ requiert quelques efforts pour être obtenu. Pour y parvenir, les intéressés doivent réaliser au moins deux activités éducatives en lien avec chacune des valeurs véhiculées par le réseau. L’une d’entre elles doit impérativement être déployée à l’échelle de l’établissement et une autre, tenue au sein d’une classe. Également, deux des activités doivent s’articuler autour de l’ouverture, l’une sur la communauté et l’autre sur le monde.

Le projet EVB n’est pas là pour se substituer à un projet éducatif, mais plutôt pour l’enrichir. Ainsi, rien n’empêche une école d’obtenir le statut d’EVB-CSQ tout en ayant un projet éducatif axé sur les arts, les sports ou tout autre élément.

Une fois le statut d’EVB-CSQ obtenu, les membres du réseau reçoivent un soutien important. Celui-ci comprend notamment la réception de matériel pédagogique et d’outils d’information et d’organisation. Il peut aussi se traduire par l’apport de ressources humaines ou matérielles.

« Ensuite, le défi, c’est de conserver la certification, souligne Mme Chabot. Il faut que l’école continue à adhérer aux valeurs du mouvement et à les mettre en application dans des projets. Il ne faut pas que son engagement s’amenuise en cours de route. »

Célébrations du Jour de la Terre

Le 22 avril prochain, plusieurs EVB célébreront le Jour de la Terre à leur façon.

« Pour nos établissements, c’est sûr que ce sera une journée particulière, affirme Mme Chabot. Nous allons nous assurer de faire valoir notre engagement pour la cause environnementale. »

Le partenariat entre les EVB et le Jour de la Terre étant toutefois très récent, aucune activité conjointe à grand déploiement n’a été prévue cette année.