Québec mandate une firme pour évaluer les retombées économiques

Le cabinet de Carlos Leitão n’était pas en mesure de fournir le contrat conclu sans appel d’offres avec Aviseo Conseil.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le cabinet de Carlos Leitão n’était pas en mesure de fournir le contrat conclu sans appel d’offres avec Aviseo Conseil.

Une firme indépendante a été mandatée sans appel d’offres pour évaluer les retombées économiques du projet d’oléoduc Énergie Est, ont annoncé lundi deux ministres du gouvernement du Québec.

Un contrat de gré à gré d’une valeur maximale de 94 820 $ a été donné à la société Aviseo Conseil, qui produira une étude à ce sujet.

Attendu à l’automne, ce rapport servira à préparer la position du gouvernement du Québec lors des audiences de l’Office national de l’énergie (ONE) sur le projet d’oléoduc Énergie Est, dont le promoteur est l’entreprise TransCanada.

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, ont fait cette annonce lundi dans un communiqué.

L’attachée de presse de M. Leitão, qui n’était pas disponible pour une entrevue, a indiqué que la création d’emplois faisait partie des critères qui serviront à évaluer les avantages financiers du projet.

« Le rapport portera sur les retombées économiques et fiscales pour tout le Québec, notamment en matière de création d’emplois dans les régions, et servira à appuyer la position du gouvernement du Québec dans les audiences à venir de l’ONE sur le projet Oléoduc Énergie Est », a répondu Audrey Cloutier dans un courriel.

Le cabinet de M. Leitão n’était pas en mesure de fournir, lundi, le contrat conclu avec Aviseo Conseil ni l’avis d’intention de procéder sans appel d’offres ou tout document équivalent.

Élaborer la position du gouvernement

En plus du mandat confié à une firme indépendante, le gouvernement a mis en place un comité interministériel formé de trois membres chargés de préparer, d’ici l’automne, son intervention auprès de l’ONE, a indiqué le cabinet de M. Arcand.

Des représentants du ministère des Ressources naturelles, du ministère des Finances et du ministère de l’Économie font partie de ce groupe, présidé par la sous-ministre à l’Énergie, Luce Asselin, depuis l’automne dernier.

Un autre comité interministériel beaucoup plus large travaille également depuis l’automne 2014 à l’élaboration de la position du gouvernement.

Ce groupe compte 11 membres d’autant de ministères, dont la Justice, les Affaires municipales, les Transports et l’Agriculture, l’Environnement et la Sécurité publique.

En novembre dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré que l’absence de port pétrolier, dans le cadre du projet Énergie Est, allait compliquer l’évaluation de ses retombées économiques.

M. Couillard avait alors affirmé que le Québec ne peut pas être une simple voie de passage pour l’entreprise, qui souhaite relier les gisements de pétrole de l’ouest du Canada et des États-Unis au terminal pétrolier de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

La Presse canadienne a rapporté en janvier dernier que le Québec n’a pas le pouvoir d’exiger une redevance sur le pétrole transporté par oléoduc sur son territoire.

Cette taxe, qui serait imposée aux exploitants d’un oléoduc ou des raffineries québécoises, contreviendrait à la Loi constitutionnelle de 1867, selon un avis gouvernemental produit il y a deux ans.

TransCanada souhaite obtenir les autorisations réglementaires pour construire un oléoduc de 4600 kilomètres qui transporterait environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Dakota du Nord.

14 commentaires
  • Pierre Asselin - Abonné 19 avril 2016 08 h 28

    Incroyable .........

    Depuis le début , les dés sont pipés . Le BAPE sans pouvoir , sans étude d'impact . Un ministre de l'environnement qui donne un mandat au BAPE sans avoir les informations nécessaires . Un premier ministre qui se dit favorable au projet sans pouvoir dire pourquoi . Une entreprise à qui on donne déjà certains droits pour lui permettre de ne pas retarder le projet .
    Des non-dits évidents à la population pour mêler les cartes encore plus . L'ONÉ qui dit clairement que le Québec n,a rien à dire là-dessus , . Une entreprise qui se paie l'appui des syndicats , en les appelant directement pour qu'ils monopolisent les assemblées du BAPE , des syndiqués me l'ont dit ..... j'assiste au audiences du BAPE ........et maintenant une supposé étude économique qui va nous prouver hors de tout doute que les citoyens sont avantagés par ce projet .......Aucune crédibilité , on nous prend pour de vrais cons ..........je n'en peux plus .......on se moque de nous comme jamais vu ......

  • Suzanne Chabot - Abonnée 19 avril 2016 08 h 59

    Plusieurs des dirigeants de Aviseo ont travaillé pour Secor/KPGM!!!! Des relations avec le parti libéral?

    • Simon Thibault - Abonné 19 avril 2016 13 h 01

      Je pene qu'il faut plutôt se demander pourquoi ils ont quitté KPMG. Surtout si vous remarquez que ces dirigeants d'Aviseo sont tous de jeunes professionnels et ne font donc pas partie de la "clique"...

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 avril 2016 10 h 20

      @st Ah...oui? refaites vos devoirs...vous serez surpris!

  • Gilles Théberge - Abonné 19 avril 2016 09 h 48

    Tiens!

    Le Québec ne peut pas avoir de redevances sur le passage du pipeline?

    Même après que des expropriations, et le saccage de milieux naturels soient faits tout au long du territoire...

    Mais, quels sont les avantages pour le Québec dans cette aventure...?

    • Daniel Bérubé - Abonné 19 avril 2016 14 h 44

      Avoir le privilège de "récupérer" les tuyeaux vides, faire le nettoyage des endroits où il y aura eu fuites légères, décontaminer les milieux humides servant à l'alimentation des nappes d'eau souterraine. Réalisez-vous ? Le Kanada et les pétrolières nous autoriserons à "toucher" à ces gros tuyeaux qu'ils auront mis en place ! Ils nous considèrerons digne de toucher à ces tuyeaux ! Je n'en reviens pas... c'est beaucoup trop ! Nous ne méritions pas autant ! Ils nous autorisent déjà a respirer l'air qui provient de l'ouest, donc du ROC ! Car... Si... De plus... je n'ai plus de mots...

  • Jean-François Trottier - Abonné 19 avril 2016 10 h 17

    33 emplois, on rit pus!!

    C'est sur la base de 33 emplois que cette "étude" se fera ?

    Au risque de contaminer la première richesse du Québec, sa nappe phréatique ?

    Ce qui est particulier au Québec, c'est que cette nappe phréatique se rejoint presque entièrement de loin en loin. Le Québec est un gruyère qui flotte sur un océan d'eau douce.

    On ne sait jamais jusqu'où le moindre déversement ira intoxiquer la nappe parce que personne ne connaît vraiment les interconnections entre plans: contact direct, exsudation, cavernes en profondeur, tout existe ici mille fois plus qu'ailleurs. En conséquence seuls les géologues québécois s'y connaissent.... un peu. En tout cas, sûrement pas les supposés experts économique d'un gouvernement désespérément incompétent, tant en économie qu'en écologie.

    33 emplois, ou bien l'avenir du QUébec scrappé ? Je doute, je doute, quel dilemme n'est-ce pas ?

  • Marc Davignon - Abonné 19 avril 2016 10 h 38

    Retombées

    Pour ceux qui font le rapport! Yé!