Pétrolia se prépare à forer

Les forages exploratoires sur Anticosti pourraient devoir se poursuivre au-delà de 2016 afin de déterminer le potentiel commercial d’un éventuel gisement de pétrole et de gaz de schiste.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les forages exploratoires sur Anticosti pourraient devoir se poursuivre au-delà de 2016 afin de déterminer le potentiel commercial d’un éventuel gisement de pétrole et de gaz de schiste.

Après des mois de tergiversations, tout indique que les travaux d’exploration pétrolière prévus cet été sur l’île d’Anticosti auront bel et bien lieu, selon ce qu’a affirmé Pétrolia en entrevue au Devoir. Le respect du contrat promis par le gouvernement Couillard pourrait d’ailleurs mener à d’autres forages au cours des prochaines années. L’entreprise espère en outre développer plus de projets d’exploitation d’énergies fossiles en Gaspésie.

Rencontré en marge du dévoilement de la politique énergétique 2030 du Québec, le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, a clairement signifié que son entreprise se prépare en vue de la réalisation de trois forages avec fracturation en 2016 sur Anticosti. « C’est la prémisse avec laquelle nous travaillons », a-t-il souligné, quelques minutes après que Philippe Couillard eut réaffirmé son intention de « respecter le contrat » signé par l’ancien gouvernement péquiste.

En plus des propos tenus en entrevue au Devoir, M. Gagnon a été très affirmatif quant à la suite des choses dans un bulletin d’information écrit destiné aux actionnaires de Pétrolia. « Le premier ministre a confirmé le respect de l’entente nous liant à travers Hydrocarbures Anticosti. Ainsi, les travaux pourront aller de l’avant cet été avec la prochaine phase, soit les trois forages pétroliers avec fracturation », écrit-il dans cette « Infolettre » rédigée après la rencontre entre la pétrolière et le cabinet de Philippe Couillard.

Le premier ministre a confirmé le respect de l’entente nous liant à travers Hydrocarbures Anticosti. Ainsi, les travaux pourront aller de l’avant cet été avec la prochaine phase, soit les trois forages pétroliers avec fracturation.

Pétrolia est responsable de la réalisation des travaux sur le terrain, dans le cadre de la Société en commandite Hydrocarbures Anticosti, dont le gouvernement du Québec est le principal pourvoyeur de fonds. « Comme opérateur, nous travaillons pour livrer le programme qui nous est demandé. Il faut être prêts pour mener le programme annoncé dans les ententes », a expliqué jeudi M. Gagnon.

Selon lui, les travaux prévus cette année pourraient débuter en mai ou en juin, selon les conditions météorologiques sur cette île sise en plein coeur du golfe du Saint-Laurent. La demande de certificat d’autorisation en vue des forages avec fracturation a été déposée au ministère de l’Environnement en février. Selon ce qu’a indiqué au Devoir le service des communications, le certificat n’a pas encore été délivré.

Après 2016

Si la réalisation des travaux prévus en 2016 a donné lieu à de vifs débats au cours des derniers mois, il faut noter que les forages exploratoires sur Anticosti pourraient devoir se poursuivre au-delà afin de déterminer le potentiel commercial d’un éventuel gisement de pétrole et de gaz de schiste.

Déjà, a rappelé M. Gagnon, la réalisation des premiers forages a nécessité deux années de travaux. Or, « les ententes prévoient une étape de confirmation qui va peut-être nous amener à une quatrième année de travaux », a-t-il dit. Cela signifie que de nouveaux forages pourraient devoir être réalisés en 2017, voire en 2018. « Les résultats de cet été vont démontrer s’il y a un potentiel ou non. Il se peut que le projet s’arrête après les trois forages de cet été, comme il se peut que les résultats soient bons », a fait valoir le président-directeur général de Pétrolia.

Par ailleurs, en vertu de l’entente signée par l’État, il n’existe pas de clause de retrait pour Québec. Le seul autre partenaire du gouvernement qui finance les travaux, soit Saint-Aubin (une filiale de la société française Maurel Prom), a droit à une telle clause. Selon les modalités de l’entente, il pourrait se retirer du projet Anticosti après la réalisation du premier forage avec fracturation. Le gouvernement serait alors obligé d’ajouter des fonds publics dans le projet pour compléter le financement total, évalué à 100 millions de dollars.

Explorer la Gaspésie

En plus de l’exploration sur Anticosti, Pétrolia, dont le premier actionnaire est le gouvernement du Québec, souhaiterait développer davantage de projets en Gaspésie.

Selon ce qu’a expliqué Alexandre Gagnon, l’entreprise espère obtenir du « succès » avec le projet d’exploration gazière Bourque, situé près de Murdochville. Le gouvernement a d’ailleurs injecté 3,8 millions de dollars dans ce projet, dans le but d’aider l’entreprise à confirmer le potentiel. Si le projet se concrétise, il devrait mener à un projet de liquéfaction de gaz sur une usine flottante qui serait installée à Gaspé.

Mais surtout, a ajouté M. Gagnon, le projet Bourque pourrait ouvrir la porte à d’autres projets de recherche de gisements en Gaspésie, une région où Pétrolia détient des permis d’exploration couvrant une superficie de plus de 8000 km2.

Il pourrait y avoir « un potentiel plus important » dans la région, a-t-il fait valoir, en soulignant que le projet Bourque et le projet pétrolier Haldimand « sont assez petits », compte tenu du territoire qui pourrait encore faire l’objet de travaux d’exploration.

Dans le cadre de la politique énergétique, le gouvernement Couillard a d’ailleurs répété à plusieurs reprises qu’il était favorable au développement du secteur gazier au Québec, mais aussi aux projets pétroliers en Gaspésie. Aucun de ces projets n’a fait l’objet d’une étude environnementale indépendante.

Pour aller plus loin

Consulter notre dossier Anticosti
9 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 9 avril 2016 06 h 48

    Un gourvernement en quête de reconnaissances

    Encore des mesures de tergiversations et de camouflages, que nous sommes fatigués de ces gouvernements incapables de se conduire en gouvernement responsable, un gouvernement en quête de reconnaissances

  • Maryse Veilleux - Abonnée 9 avril 2016 08 h 24

    De la poudre aux yeux!

    Le gouvernement Couillard nous a jeté de la poudre aux yeux par ses déclarations fracassantes dans lesquelles il disait vouloir casser ces contrats. Bon numéro de théâtre!

    • Sylvain Dionne - Inscrit 9 avril 2016 13 h 03

      J'espère que vous n'êtes pas surpris réellement?

    • Sylvain Dionne - Inscrit 9 avril 2016 13 h 04

      Pardon, je voulais dire surprise (et non surpris).

    • Maryse Veilleux - Abonnée 10 avril 2016 10 h 11

      Bien sûr que non!

  • Réal Bergeron - Abonné 9 avril 2016 12 h 01

    Rater la cible

    Comment appelle-t-on un gouvernement qui ambitionne de diminuer notre consommation de pétrole et qui lâche la bride aux entreprises pétrolières? On appelle ça un gouvernement fantoche.

  • P. Raymond - Inscrit 9 avril 2016 13 h 37

    Les vraies affaires ?

    Seront-elles celles auxquelles devront s'attendre les gens des régions et ceux de partout ayant gobé les belles promesses du parti des vrais affairistes : http://www.mondialisation.ca/usa-ou-vont-les-eaux-

    L'eau potable de toute la population est en jeu. Il faut y voir avant qu'il ne soit trop tard.

  • Léonel Plasse - Abonné 9 avril 2016 16 h 41

    Léonel Plasse

    Il me semble que Couillard avait dit qu'il n,Y aurait pas de forages à Anticosti. J'ai dû rêver.