Keystone: TransCanada aurait localisé l’origine de la fuite

Le déversement de pétrole des sables bitumineux provoqué par un bris sur le pipeline Keystone de TransCanada, au Dakota du Sud, est beaucoup plus important que ce qui avait été annoncé en début de semaine.

Au lieu des 700 litres annoncés au départ, ce serait au moins 63 600 litres de brut qui auraient fui de la conduite. Mais près d’une semaine après la détection du déversement, la pétrolière a affirmé vendredi qu’elle aurait localisé l’origine de la fuite.

Malgré l’ampleur de la correction dans la quantité de pétrole déversé, TransCanada estime tout de même que le déversement n’a pas provoqué d’impacts environnementaux significatifs. Aucun cours d’eau ne se trouve à proximité de l’endroit où le pipeline Keystone s’est brisé, non loin d’une station de pompage. Les autorités de l’État ont également indiqué que la fuite n’aurait pas atteint d’aquifère dans la région.

Un porte-parole des autorités de l’État du Dakota du Sud a indiqué plus tôt cette semaine que la présence de pétrole aurait d’abord été notée par un passant.

Le pipeline Keystone est utilisé pour transporter du pétrole des sables bitumineux de la région d’Hardisty, en Alberta, vers des raffineries situées aux États-Unis. Il a une capacité de transport de 500 000 barils par jour.

Ce pipeline, conçu comme une première phase du projet Keystone XL, rejeté par le président américain Barack Obama, est utilisé depuis 2010. Selon des informations du gouvernement canadien, ce pipeline a connu 21 déversements au cours de sa seule première année d’exploitation.

Questions de sécurité

Ce nouvel incident impliquant une canalisation de TransCanada soulève des questions sur les déversements qui peuvent survenir lors de bris de pipelines. Dans le cadre de la future politique énergétique, le gouvernement Couillard a d’ailleurs promis jeudi de faire « un suivi attentif du transit des hydrocarbures sur le territoire québécois et favoriser les modes de transport les plus sécuritaires sur les plans technique et environnemental ». Il compte également, « en fonction des choix qui seront effectués, s’assurer d’une gestion optimale des risques pouvant être associés à ces activités ».

Selon les scénarios présentés par TransCanada dans le cadre de la première partie des audiences du BAPE sur le projet Énergie Est, on estime que, dans le pire des cas, le pipeline pourrait laisser fuir 3,6 millions de litres de brut en cas de rupture de la canalisation.

Les scénarios ont été élaborés pour estimer l’ampleur d’un déversement qui surviendrait dans un cours d’eau. Le pipeline Énergie Est doit traverser un total de 860 cours d’eau au Québec.

L’entreprise estime toutefois qu’en raison de son système de contrôle, elle serait en mesure de détecter très rapidement toute fuite qui pourrait survenir sur ce pipeline d’un mètre de diamètre. La pétrolière affirme aussi pouvoir stopper le flux de pétrole dans son pipeline en seulement 13 minutes.

5 commentaires
  • Paul Marcoux - Abonné 9 avril 2016 08 h 46

    21 déversements?... Très rapidement?... 13 minutes?...

    21 déversements en 2010, c'est déjà beaucoup trop; mais il y en a eu combien depuis?

    Le système de contrôle de TransCanada "serait" en mesure de détecter très rapidement toute fuite qui "pourrait" survenir... Une chance qu'un passant l'avait remarquée avant elle parce qu'il aura fallu presqu'une semaine à l'entreprise pour la détecter, ce qui n'est vraiment pas très rapide. (Notez qu'on utilise encore un verbe au conditionnel pour dire que la pétrolière "aurait" localisé son origine... l'a-t-elle effectivement localisée hors de tout doute?)

    Stopper le flux de pétrole en 13 minutes?! Bon... passons!

    Et puis ce n'est plus suffisant qu'un déversement ait un impact environnemental, il faut maintenant qu'il soit "significatif"??!! Non mais... c'est quoi l'affaire?

    On rit vraiment de nous autres!

    Désolé, fallait que je le dise...

  • André Côté - Abonné 9 avril 2016 10 h 00

    Impacts négligeables...

    Pour TransCanada, tout semble être dans les mots utilisés et les omissions pour minimiser les impacts réels des déversements qui apparaissent inévitables. Ce procédé, comme par un pur hasard, ne s'apparenterait-il pas à de la désinformation? «La pétrolière affirme aussi pouvoir stopper le flux de pétrole dans son pipeline en seulement 13 minutes.» Oui, mais combien de temps après avoir réalisé qu'il y a une fuite? Et combien de temps le pétrole continue-t-il à s'écouler après les soi-disant 13 minutes? Et combien de temps s'écoule-t-il avant une intervention effective sur le terrain? À tout compter, c'est bien évident qu'il n'y a pas de problème...!

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 9 avril 2016 16 h 32

    Désinformation?

    Avec tous ces bris, je ne comprends pas qu'on continue de soutenir que le transport de pétrole par oléoduc est plus sécuritaire que le transport par navire. À quand remonte la dernière fuite pétrolière maritime ou fluviale? Comment se fait-il qu'on puisse encore aujourd'hui penser imposer à une population donnée un produit ou un service dont elle n'a pas besoin et qui risque de la priver d'eau potable et de considérablement salir son environnement?

  • Michel Guibord - Abonné 9 avril 2016 17 h 52

    Michel Guibord

    Comment accorder la moindre crédibilité à TransCanada après tous ces déversements de Keystone ? Et dire qu'au Québec on ferait traverser au pipeline 860 rivières dans des zones largement habitées. De grâce, tenons-nous debout.

  • Jacques Boucher - Abonné 10 avril 2016 01 h 07

    Humour

    L'humour de la dernière phrase est savoureux : "La pétrolière affirme aussi pouvoir stopper le flux de pétrole dans son pipeline en seulement 13 minutes."