Un «virage historique» dans le secteur de l’énergie

Le premier ministre Philippe Couillard. D’ici 2030, Québec estime être en mesure de réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre Philippe Couillard. D’ici 2030, Québec estime être en mesure de réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés.

Avec sa nouvelle politique énergétique dévoilée jeudi, le gouvernement du Québec promet rien de moins qu’un «virage historique» dans le secteur de l’énergie, et ce, d’ici 2030.

Flanqué de quelques-uns de ses ministres, le premier ministre Philippe Couillard a promis que le plan énergétique libéral permettra une transition «vers une économie forte, diversifiée et à faible empreinte carbone».

D’ici 2030, Québec estime être en mesure de réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés. On promet également d’augmenter de 25 % la production d’énergie renouvelable et de 50 % la production de bioénergie.

Selon le ministre Pierre Arcand, plus de 60 % des besoins en énergie des Québécois seront comblés par des énergies renouvelables d’ici 2030, contre 47 % à l’heure actuelle.

Le gouvernement a confirmé jeudi son intention de limiter la hausse des tarifs d'Hydro-Québec à l'inflation. Cela signifie qu'en théorie, la facture des nouveaux projets d'approvisionnement provenant du secteur de l'éolien ou des mini-centrales ne sera plus refilée aux consommateurs.

Le Fonds vert devrait être mis à contribution à hauteur de quatre milliards de dollars d'ici 2030 dans le but de financer diverses mesures d'aide aux entreprises, aux ménages et aux établissements publics, afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il faut dire que le gouvernement a promis de réduire de 37,5 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, par rapport au niveau de 1990. Beaucoup d'efforts devront donc être faits pour atteindre cette cible.

Une économie faible en carbone

Le gouvernement avait déjà mis en ligne, mercredi, les « objectifs » de cette politique qui doit se déployer sur 15 ans. Outre la promesse de « privilégier une économie faible en carbone », Québec y annonçait notamment son intention de « mettre en valeur de façon optimale nos ressources énergétiques », l’idée de « favoriser une consommation responsable » de l’énergie, de miser sur l’efficacité énergétique et de « stimuler » l’innovation technologique dans le secteur de l’énergie.

En misant sur la « décarbonisation » et l’« innovation », la politique énergétique du Québec 2016-2030 imposera le Québec comme un « leader mondial de la production en énergie verte » – et non seulement en hydroélectricité –, avait aussi déjà annoncé le premier ministre Philippe Couillard.

La future politique énergétique constitue un plan majeur qui aura une influence durable sur le Québec. Celle-ci doit en effet guider les grandes orientations du gouvernement pour les prochaines années, avec à la clé des milliards de dollars d’investissements.

L’élaboration de cette politique s’est articulée essentiellement autour de trois « tables d’experts » choisis par le gouvernement qui se sont tenues en 2015. Chaque rencontre se tenait en une seule journée. La première table ronde était intitulée « Efficacité et innovation énergétiques ». La seconde portait sur les énergies renouvelables et la dernière abordait les énergies fossiles.

Le gouvernement Couillard a d’ailleurs déjà signifié qu’il est favorable à l’exploitation des énergies fossiles au Québec, en plus de manifester un préjugé favorable envers les projets de transport par pipeline.

En relançant la réflexion sur l’avenir énergétique, le gouvernement Couillard a par ailleurs repris en partie depuis le début le travail effectué auparavant par la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec mise sur pied par le Parti québécois.

Son rapport, intitulé Maîtriser notre avenir énergétique, était le fruit de consultations publiques et de l’analyse de plus de 460 mémoires. Ce document de 310 pages proposait un virage très ambitieux dans notre façon de consommer l’énergie, un changement qui passerait par une réduction draconienne de notre dépendance aux énergies fossiles.

Les auteurs plaidaient aussi en faveur d’une remise en question du coûteux projet de la Romaine et du développement de l’éolien, qui, dans le contexte actuel, font perdre des sommes importantes à l’État québécois.

Plus de détails suivront.