Canadian Malartic pourrait acquérir des résidences

La minière Canadian Malartic compte augmenter la superficie de sa mine d’or. 
Photo: Lawrence Côté-Collins La minière Canadian Malartic compte augmenter la superficie de sa mine d’or. 

La minière Canadian Malartic se montre ouverte à l’idée d’acquérir des résidences de citoyens affectés par l’exploitation de l’imposante fosse à ciel ouvert. Mais les modalités restent à préciser, alors que l’entreprise compte augmenter la superficie de sa mine d’or.

Selon ce qu’a précisé la minière dans des réponses transmises au Devoir par écrit, un groupe de travail « sur les enjeux de cohabitation » a terminé la « version préliminaire » du guide de cohabitation, qui doit notamment permettre de préciser les détails des « programmes de compensation et d’acquisition ».

Ce guide, toujours selon l’entreprise, doit être soumis à une évaluation de la part d’experts avant d’être présenté dans le cadre d’une consultation publique des citoyens de Malartic. Le tout devrait être complété ce printemps.

Selon toute vraisemblance, la publication de la version finale du guide devrait intervenir au cours de la période où se tiendront les audiences du BAPE sur le projet d’expansion de la mine à ciel ouvert.

Selon les plans de Canadian Malartic, l’exploitation de ce gisement d’or situé en Abitibi pourrait ainsi se poursuivre jusqu’en 2028, ce qui représente une prolongation des opérations d’environ six ans. Les plus récentes estimations de la minière indiquent que la valeur du gisement pourrait dépasser les 10 milliards de dollars.

Par courriel, l’entreprise a indiqué que si elle obtient le feu vert du gouvernement pour l’expansion, « les travaux de construction débuteraient en 2017 ».

Pour exploiter cet or, à un taux moyen d’un gramme par tonne de roche tirée du sol, il faudra donc étendre la fosse Canadian Malartic. D’ici 2028, celle-ci « aura une longueur d’environ 3750 m et une largeur maximale de près de 900 m. Elle atteindra une profondeur moyenne de 410 mètres ». Selon ce qui était précisé en 2009 dans le premier rapport du BAPE, la fosse devait atteindre une superficie de 1,35 km2 à la fin de l’exploitation, soit en 2021. Avec le projet d’expansion, la superficie pourrait dépasser les trois kilomètres carrés.

Le projet suscite des inquiétudes à Malartic, où plusieurs estiment que les impacts de l’exploitation sont déjà significatifs. L’an dernier, un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec concluait que cette mine a eu des impacts négatifs majeurs sur la population, générant de la méfiance, du désarroi, un sentiment d’impuissance et une croissance des inégalités, entre autres.

2 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 5 avril 2016 09 h 59

    Inquiétudes...et bien plus

    et j'invite tous les" Québécois conscients" à relire aussi dans le Devoir du 2 avril 2016, sous le titre "Canadian Malartic veut doubler l'ampleur de sa mine à ciel ouvert d'ici l'an 2028" d'Alexandre Shields.

    Si après l'avoir lu et relu. vous persistez dans la même vision que "Canadian Malartic" , je désespèrerai vraiment de ...la race humaine québécoise.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 5 avril 2016 14 h 58

    Opinions différentes

    Extrait du INSPQ
    ...Pour quelques autres participants provenant d’autres catégories à l’exception des anciens résidents, cette joie s’est traduite par un sentiment de fierté, comme l’exprime ce citoyen : « Pour moi personnellement, c’est plus une grande fierté que ça a apporté. C’est vraiment ça le plus gros changement que je vois personnellement ».

    Mais c’est beaucoup plus intéressant d’aller voir le Comité de vengeance… [rires] ah, vigilance, c’est ça! ». Ils estiment pourtant que la « majorité silencieuse » est favorable au projet d’Osisko, comme le rapporte ce citoyen : « nous autres on est silencieux par le fait qu’on est satisfaits pis on trouve ça extraordinaire ce qu’ils ont fait pour nous autres. Pis qu’ils font encore pour nous autres, ça continue ».
    Conséquemment, l’information donnée dans les médias sur tout élément lié au projet minier leur apparaît biaisée et partielle. Un nouvel arrivant fait valoir qu’« y’a toute une qualité de vie ici.
    Les participants pensent que le traitement médiatique des évènements se rapportant à la reprise des activités minière à Malartic a contribué à envenimer les relations entre les résidents, nuisant au climat dans la ville....

    Tout n'est pas parfait, c'est certain. Cependant, crier au loup constamment et répéter toujours le même refrain on vient à douter de sa valeur. Il serait peut-être temps de prendre le pouls de la population de manière objective avec un sondage à grande échelle.

    Ciblons les vrais problèmes là où ils sont et acceptons les réalisations là où elles sont. Tout n'est pas rose, mais tout n'est pas noir.