Trois milliards pour aider l’environnement

En principe, le budget présenté mardi marque une rupture nette dans le domaine environnemental par rapport à la décennie conservatrice. Restera à voir l’impact des mesures annoncées, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques, un domaine dans lequel le gouvernement Trudeau a promis d’exercer un « leadership » international.

La vingtaine de pages consacrées à la « croissance propre » précise ainsi qu’en matière d’environnement, le gouvernement réserve le plus gros de son enveloppe à la lutte « contre les changements climatiques et la pollution de l’air », avec 2,9 milliards de dollars sur cinq ans.

Selon Ottawa, ce montant doit notamment permettre d’élaborer un cadre de lutte contre les bouleversements du climat, aider le pays à respecter ses « obligations internationales » et stimuler la recherche dans le domaine climatique.

Une partie de cette enveloppe — huit fois moins importante que le seul service de la dette pour cette année — doit aussi servir à réduire l’intensité des émissions de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier. Le fédéral prévoit y consacrer 50 millions sur deux ans, de façon à « permettre au secteur de continuer à contribuer à la prospérité canadienne ».

Ottawa a aussi décidé de ne pas s’attaquer au soutien dont bénéficie ce secteur, responsable de l’essentiel de la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre du Canada. « Le gouvernement se donne jusqu’à 2025 pour compléter sa réforme des subventions aux énergies fossiles », a d’ailleurs noté le groupe Équiterre.

Puisque les effets des changements climatiques se font déjà sentir et que ceux-ci doivent s’intensifier au cours des prochaines années, le budget 2016 injecte également 129,5 millions sur cinq ans dans sept ministères, dans le but de mettre en place des mesures d’adaptation, notamment pour les communautés nordiques. Un autre montant, de 19 millions celui-là, est prévu pour la recherche sur le Nord, mais dans le but d’éclairer une éventuelle décision sur l’exploitation pétrolière et gazière dans ces régions reculées.

Le premier budget de l’ère Trudeau mise en outre beaucoup sur le développement des technologies propres. On prévoit donc 130 millions d’ici cinq ans pour, au final, accélérer la mise en place de différentes technologies et ainsi créer des emplois. On met aussi 62,5 millions sur deux ans afin de bonifier l’accès aux « carburants de remplacement », dont les recharges pour véhicules électriques.

Après des années de compressions en matière de recherche sur les milieux marins et les eaux douces, Ottawa débloque 81,3 millions sur cinq ans pour en améliorer la protection, dont la désignation de nouvelles zones de protection marine. Une enveloppe de 197,1 millions est également prévue pour la recherche sur les océans et les eaux douces.

Comme annoncé, les libéraux souhaitent « rétablir la confiance » dans l’évaluation environnementale de projets comme les pipelines. Un total de 16,5 millions est prévu pour assurer la mise en place de « l’approche provisoire », sur trois ans.


129,5
millions sur cinq ans : c’est la somme injectée dans sept ministères afin de pallier les effets des changements climatiques.
8 commentaires

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  • Brigitte Garneau - Abonnée 23 mars 2016 11 h 11

    C'est à n'y rien comprendre!

    Des MILLIARDS à l'industrie pétrolière qui pollue, détruit, salit, empoisonne...Des MILLIONS pour «des carburants de remlacement», la protection de l'envirronement...Cherchez l'erreur! On nous prend vraiment pour des IMBÉCILES!

  • Daniel Grant - Abonné 23 mars 2016 11 h 40

    Investissons dans l'eau et secteurs qui dépendent de l'eau.

    Merci M. A. Shields pour votre source d'information inépuisable.

    "Aujourd’hui, 78% des emplois dans le monde dépendent, directement ou indirectement, de la ressource en eau. Et 42% des emplois, soit 1,4 milliard de personnes, sont très fortement dépendants de l’eau dans des secteurs tels que l’agriculture, l’énergie, la sylviculture, la pêche, les industries d’exploitation des ressources naturelles ou encore la construction. Des emplois directement menacés par les pénuries d’eau liées au changement climatique et aux prélèvements." ONU

    Que reste-t-il du boom pétrolier en Alberta? Demandons aux premières nations (Fort Chipewyan) qu'est-ce qui est arrivé de leur territoires de chasse et pêche, leur garde-manger. La rivière Athabasca est un égout industriel rempli de poison, de poissons intoxiqués et du Bison qui broutent l'herbe toxique sur les berges etc... Le "Heritage Fond" presqu'à sec pendant que la Norvège a fait 50 fois mieux en moins de temps.

    Alberta créerait plus d'emplois en nettoyant les dégâts environnementaux créés par le pétrole qu'en voulant revenir à une industrie qui ne fera qu'empoisonner encore plus notre biosphère.

    Après un siècle ils ne sont toujours pas capables de produire du pétrole sans empoisonner notre biosphère, et nos politiciens sont encore prêt à leur faire confiance, c'est très inquiétant. En poussant encore plus le pétrole le Canada pourrait commencer à ressembler au Nigéria. Bel avenir!

    Non le pétrole et ÉnergieEst met en péril tous les métiers qui dépendent de l'eau potable.

    Nous avons beaucoup d'eau douce au Canada et "l’absence d’investissements dans la gestion de l’eau ne représente pas seulement une occasion ratée, mais peut aussi entraver la croissance économique et la création d’emplois."

    Plus d'emplois dépendent de l'eau que le pétrole.


    L'EAU ET L'EMPLOI
    Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2016
    http://unesdoc.unesco.org/images/0024/002441/24416

  • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mars 2016 13 h 55

    Besoin pressant de scientifiques, neutres.

    Normand Mousseau, physicien et ancien coprésident de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, propose ce qui devrait être une évidence. La mise en place d'une expertise scientifique indépendante pour valider les meilleurs choix, entre autre en observant ce qui s'est fait de mieux ailleurs.

    À lire: http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/chan

    Et il me semble que c'est bien la première chose a faire, avant de distribuer les budgets à gauche et à droite !

    Ce projet me semble aller dans la même ligne d'intérêt qu'un autre projet qui devrait voir le jour, qui était de mettre en place une base de données pour avoir ''un mode d'analyse plus complet des impacts écologiques'' que Louis-Gilles Francoeur avait présenté ici en 2010.

    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s

  • Réal Bergeron - Abonné 23 mars 2016 15 h 12

    De l'huile et de l'eau

    Au Canada, gouverner, c'est savoir mettre de l'huile dans son eau.

  • Luc Falardeau - Abonné 23 mars 2016 22 h 15

    Procrastination irresponsable pour le climat

    Dans son budget 2016, Ottawa a aussi décidé de ne pas s’attaquer au soutien dont bénéficie le secteur pétrolier et gazier, responsable de l’essentiel de la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre du Canada. "Le gouvernement se donne jusqu’à 2025 pour compléter sa réforme des subventions aux énergies fossiles."

    Ce ne sera pas dans le présent mandat 2015-2019, ni dans celui de 2019-2024, mais dans le suivant... Le gouvernement aura 2 occasions de changer d'ici là.

    Pourquoi procrastiner jusqu'à 2025 avant de compléter la réforme des subventions aux énergies fossiles de plusieurs milliards de dollars annuellement aux pétrolières ?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 mars 2016 10 h 35

      Ce n'est pas l'État qui soutient le secteur pétrolier mais bien le secteur pétrolier, de par ses activités, qui soutient l'État !

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 mars 2016 10 h 35

      Ce n'est pas l'État qui soutient le secteur pétrolier mais bien le secteur pétrolier, de par ses activités, qui soutient l'État !