Stoneham remplace l’engrais par du sel

La rivière Hibou, qui circule juste en bas de la montagne, est un affluent du lac Saint-Charles (notre photo).
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La rivière Hibou, qui circule juste en bas de la montagne, est un affluent du lac Saint-Charles (notre photo).

Après avoir banni l’usage d’engrais sur ses pistes, la station de ski Stoneham a décidé d’utiliser du sel pour les sécuriser lors des compétitions. Or ce produit nuit, lui aussi, à la santé du lac Saint-Charles.

Selon ce qu’a appris Le Devoir, la station risquait de perdre l’épreuve féminine de Super série si elle ne s’engageait pas à utiliser du sel sur les pentes aux besoins. La course est prévue pour les 1er et 2 avril.

« On aurait sûrement été forcés de déplacer l’événement, a indiqué le directeur de la Fédération québécoise de ski alpin qui encadre les compétitions, Daniel Paul Lavallée. C’est une question de sécurité pour les athlètes. Ce n’est pas un caprice », a-t-il signalé.

Les organisateurs d’épreuves recourent à ces produits pour durcir la neige notamment lorsqu’il fait plus chaud à la fin de l’hiver. Il y a deux semaines, Stoneham avait annoncé qu’elle bannissait l’engrais (ou urée) de ses pistes à la suite d’un article du Devoir concernant l’impact négatif de ce produit sur le lac Saint-Charles. La rivière Hibou, qui circule juste en bas de la montagne, est un affluent du lac, principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec.

À Stoneham, on explique que le sel « semble être l’alternative la plus viable et peu dommageable » à l’engrais. La porte-parole, Lisa-Marie Lacasse, ajoute que le regroupement des clubs de ski de la région, Skibec, a commandé une étude pour le « confirmer » et aider Stoneham et Le Relais à prendre les bonnes décisions pour leurs compétitions.

Or le sel aussi a des effets négatifs sur la santé du lac. « C’est dommageable aussi parce qu’on demande aux gens de réduire le sel de voirie sur les routes », observe Mélanie Deslongchamps de l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL). « Pour l’heure, on aime peut-être mieux le sel, mais il faut penser à une solution à long terme. »

L’APEL rencontrait justement des représentants du ministère des Transports lundi pour trouver des façons de réduire les quantités de sel utilisées pour déglacer les routes environnantes du bassin versant.

Par ailleurs Stoneham est loin d’être la seule station de ski à recourir ce genre de produits. Au Mont-Tremblant où 98 % du domaine skiable est situé dans un parc national, le club de ski n’utilise pas d’urée ni d’engrais, mais du sel « lorsque c’est nécessaire pour la sécurité de nos athlètes », signale la porte-parole, Cathie Saint-Germain.

À la Fédération, le directeur fait valoir que les quantités utilisées dans les stations du Québec sont minimes lorsqu’on les compare à ce qui se fait sur certaines montagnes américaines. « Au mont Hood, ils utilisent 1 million de livres de sel par été depuis 1979. Il y a toujours eu des inquiétudes pour l’environnement, mais jamais personne n’a été capable de le démontrer. »

3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 15 mars 2016 09 h 43

    Lorsque c'est nécessaire pour la sécurité...

    Si la sécurité est si importante, pourquoi tenir des compétions dans des conditions non sécuritaires? Il suffit de fermer le site, non?

    Je ferais remarquer aussi qu'en français, un athlète, c'est une personne qui pratique l'athlétisme. Celui qui pratique le ski, c'est un skieur, pas un athlète.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 mars 2016 12 h 26

      Sûrement aussi une question de gros sous, d'ego des dirigeants de la fédération québécoise de ski alpin et de standing (oh my god) international...comme le m'as-tu vu hier à....?

  • Gilles Théberge - Abonné 16 mars 2016 18 h 34

    Que-ce que vous aiez mieux...

    Empoisonné par les engrais ou par le sel?

    On arrive à l'heure des choix.

    Le sport ou la santé...